Ceci n'est pas un essai. D'autres s'y sont frottés depuis des lustres, produisant parfois des thèses de plusieurs volumes. Disons que nous allons juste tenter de dégrossir un peu le sujet, de défricher ces voies obscures qui mènent par-delà les frontières de l'imaginaire.
Loin de la querelle des anciens et des modernes, il reste difficile de déterminer où elle prend naissance : chez Jules Verne (Vingt mille lieues sous les mers ; De la Terre à la Lune) ? Chez Voltaire (Micromégas) ? Quelques exégètes sont allés plus loin, évoquant la Bible (ah, les Nephilim, ces extraterrestres tombés des cieux qui engendrèrent des demi-dieux et des géants !) ou l'épopée de Gilgamesh (laquelle a inspiré bon nombre d'auteurs d'ailleurs, Robert Silverberg en tête). Les arguments sont souvent pertinents, mais rarement unanimes.
En revanche, beaucoup se sont ralliés à la proposition de Brian Aldiss (l'auteur du Monde vert et de Croisière sans escale) : la science-fiction serait née avec Frankenstein de Mary Shelley. Stephen King en avait également fait la pierre angulaire de la littérature d'épouvante dans son Anatomie de l'Horreur et les Stevenson (Dr Jekyll & Mr Hyde), Verne ou Wells (La Machine à explorer le temps, La Guerre des mondes) se placeraient ainsi davantage comme des héritiers que des pionniers.
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Grandeur & décadence des monstres classiques - 02 - l'Écho des Mondes lointains
"Listen to them, the Children of the Night, what music they make..." UNIVERSAL CLASSIC MONSTERS Un dossier par TWIN Deuxieme volet : SAGA " FRANKENSTEIN " Frankenstein (1931) **** de James Whale Une
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[critique] la (Nouvelle) Guerre des Mondes - l'Écho des Mondes lointains
On a dit de ce film qu'il n'était qu'une pâle resucée nourrie aux dollars du grand classique de Haskin (produit en 1953 par George Pal ), qu'il était niais et ne se reposait que sur des effets ...
La SF, encore anonyme, a fait donc son chemin tout au long du XIXe siècle, s'adossant aux progrès de la science et de la société, et avançant presque sous le manteau jusqu'aux années 20. C'est dans cette décennie fabuleuse qu'elle s'est construite, à coups de nouvelles fulgurantes publiées dans des revues populaires et bon marché outre-Atlantique (les pulps), qui permirent à certains de ses plus grands noms de faire leurs premières armes, d'attirer l'attention d'un nouveau public de passionnés pas toujours fortunés et d'échafauder les grandes lignes d'un genre qui commençait à revendiquer un statut.
Weird Tales en 1923, suivi par Amazing Stories (1926) puis Astounding Stories (1930) surent s'attacher les services d'écrivains en devenir, magistralement guidés par le flair de responsables éditoriaux visionnaires qui, en introduisant un courrier des lecteurs, allaient contribuer à enrichir considérablement le nombre d'amateurs du genre (Lester Del Rey estimait d'ailleurs que cette rubrique était à considérer comme un événement fondateur dans la science-fiction, qui devait engendrer plus tard les conventions).
Ce sont ces pulps qui lancèrent les carrières de Heinlein ou Van Vogt, et plus tard Orson Scott Card ; sans l'acuité et la présence d'esprit de John W. Campbell chez Astounding, la saga Fondation d'Asimov ne serait pas ce qu'elle est à présent : une magistrale histoire du futur déclinée désormais en série TV.
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C’est dans ce contexte culturellement bouillonnant qu’un certain genre allait également se détacher, né à la lisière de la littérature fantastique mais conçu dans les mêmes cercles éditoriaux que la science-fiction en plein boum : la fantasy, elle-même mal définie (on utilisait alors des termes comme science fantasy ou sword & sorcery).
Si certains auteurs se spécialisèrent dans ces récits où le merveilleux fait partie intégrante de l’univers dépeint, d’autres publièrent des textes alternant entre la hard science et la fantasy, au gré de leurs envies – ou des demandes exprès de leurs éditeurs : Jack Vance, Fritz Leiber ou Ursula Le Guin peuvent ainsi être catalogués auteurs de science-fiction ET de fantasy.
Nous y reviendrons.
Couverture de l'édition 1935 de "Quinzinzinzili" de Régis Messac, dans la fameuse collection "les Hypermondes".
Cet Âge d'or survivra aux deux Guerres mondiales, déplaçant l'axe géographique du genre science-fictionnel de l'Europe aux États-Unis. Serge Lehman s'en est ouvert dans plusieurs de ses ouvrages : alors que des auteurs de qualité produisaient en France des textes relevant de la SF (de J. H. Rosny aîné à René Barjavel en passant par Régis Messac, Jean Ray et Jacques Spitz), ils ne bénéficiaient pas du support privilégié des magazines bon marché américains pour toucher un maximum de lecteurs - et souffraient de cette insupportable tendance française à dénigrer toute forme d'art un tant soit peu populaire.
Une étonnante amnésie, soulignée dans le magnifique La Brigade chimérique, a fait "redécouvrir" la SF aux Français dans les années 50, avec des auteurs anglo-saxons qui tenaient désormais le haut du pavé, oubliant leurs prédécesseurs bien de chez nous.
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La Brigade chimérique 1 - l'Écho des Mondes lointains
Deux épisodes (dont un prologue) de Serge Lehman & Fabrice Colin, illustrés par Gess ã l'Atalante 2009 Accroche : " Ils sont nés sur les champs de bataille de 14-18, dans le souffle des gaz et ...
https://www.ecran-miroir.fr/article-la-brigade-chimerique-1-37954228.html
Les mutations sociétales des années 60 ont également fait subir de profonds changements dans le genre qui finit par explorer d'autres pistes et élargir son champ de réflexion. L'anthologie Dangereuses Visions d'Harlan Ellison en 1967 pourrait constituer un pivot qui révéla de nouveaux auteurs (Lafferty, Sturgeon, Spinrad, Delany, Zelazny, Niven) et confirma la singularité de certains anciens qui sentaient le vent tourner (Silverberg, Anderson, Farmer, Pohl).
C'est une décennie dans laquelle les œuvres de Philip K. Dick influencèrent énormément les jeunes auteurs français qui décrivirent alors des lendemains qui déchantent et des sociétés en déliquescence dans lesquelles la réalité est incertaine : Andrevon, Pelot, Douay, Curval et Jeury parmi tant d'autres parvinrent à s'illustrer ainsi pour redonner quelques lettres de noblesse à la SF hexagonale.
Le monde était alors prêt à accueillir des écrivains d'ailleurs.
Une vague britannique s'engouffra sur les traces d'Arthur C. Clarke et Brian Aldiss à partir des années 70 : la New Wave nous procura les textes puissants de John Brunner et les écrits désespérés mais plus poétiques de J. G. Ballard, avant les sagas de Michael Moorcock.
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[DVD] Marathon Cronenberg 10 : Crash - l'Écho des Mondes lointains
Une chronique de Vance Allant de déception en mauvaise surprise, je n'allais pas abandonner le Défi Cronenberg en si bon chemin : ces films moins grand public, moins accessibles. Film n°10 : Cra...
https://www.ecran-miroir.fr/article-dvd-marathon-cronenberg-10-crash-69439187.html
Christopher Priest, Harry Harrison ou Bob Shaw préparèrent le terrain d'une SF plus orientée hard science avec le renouveau du space opera (Iain M. Banks ou Alastair Reynolds). Des auteurs italiens puis slaves (Stanislas Lem, les frères Strougatski) commencèrent à être traduits avant que Liu Cixin propulse la science-fiction chinoise sur le devant de la scène.
De nos jours, si elle compte toujours une certaine proportion de ce que d'aucuns appellent des "romans de gare", la SF est sans doute le genre littéraire le plus prolifique et dynamique, le plus apte à franchir les barrières de l'imagination et à proposer aux lecteurs des fragments de rêve plus ou moins optimistes, l'exploration de mondes alternes, de réalités parallèles, de futurs enchanteurs ou terriblement sombres et surtout des personnages inoubliables.
Ayant essaimé dans tous les arts, colonisant le cinéma (et lui procurant ses plus grands succès), la bande dessinée, les jeux de rôles et le jeu vidéo, elle s'en nourrit désormais pour proposer toujours plus de diversité et de plaisir.
La Science-fiction est la littérature authentique du XXe siècle.