De "Scientifiction" (vocable créé par Hugo Gernsback, l’éditeur du magazine populaire Amazing Stories, à la fin des années 1920) aux "Littératures de l'Imaginaire", la SF a connu bon nombre d'appellations plus ou moins pertinentes et toujours légèrement frustrantes. Cela dit, quelles qu'elles soient, elles ne changent rien au fait qu'il s'agit sans nul doute du genre le plus dynamique de la littérature, étendant ses ramifications dans des contrées insoupçonnées de l'âme humaine.
Longtemps dénigrée, reléguée au rang de littérature de gare, de sous-genre juste bon pour les adolescents attardés, elle a su patiemment conquérir ses lettres de noblesse, inventant des avenirs possibles, explorant les conséquences de nos décisions actuelles, les potentialités d'autres lendemains ou des passés avortés. Ses écrivains ont démontré qu'ils savaient (parfois très bien) écrire tout en cultivant ce sense of wonder si particulier, quand certains de ces plus grands auteurs faisaient de la science-fiction sans le savoir.
Elle a engendré les comics de super-héros aussi bien que les plus grands succès du cinéma et des jeux vidéo et, s'il y en a encore beaucoup qui la réduisent aux extraterrestres et aux robots, elle s'est définitivement enracinée dans notre culture populaire.
La science-fiction est universelle et protéiforme. Ses racines se prolongent jusque dans les mythes les plus anciens (dans les récits antiques, le dieu grec Héphaïstos n'avait-il pas forgé des robots sous la forme d'individus métalliques obéissant aux ordres ?) et ses limites sont floues, mais on en détecte jusque dans des ouvrages ayant décroché le prix Goncourt.
Elle est partout autour de nous, colonisant nos pensées et notre existence : le quotidien d'aujourd'hui (les réseaux sociaux, l'internet, les smartphones, l'intelligence artificielle) n'est rien d'autre que la SF d'hier, quoique pas aussi glorieuse ni aussi désespérée que les écrivains visionnaires l'ont présentée.
Ce dossier-mère s’enrichira aussi régulièrement que possible :