RÉSUMÉ : Gloria n’a plus de travail.
Contrainte de quitter New York, elle retourne dans sa petite ville natale, où elle retrouve Oscar, un ami d’enfance. Au même moment, une créature gigantesque sème la terreur à Séoul. Gloria découvre que ses actes semblent connectés à ceux du monstre. La situation devient vite incontrôlable.
Le 8 juillet 2026, Rimini éditions va sortir les éditions DVD et Blu-ray d’un film de 2017, sorti en France en catimini et dont les versions vidéo ne sont trouvables qu’en import.
Colossal ne manque pourtant pas d’atouts et a suscité des critiques plutôt élogieuses, même s’il a dérouté bon nombre de spectateurs. Vendu en préproduction comme un mélange entre Godzilla et Lost in translation, il a su convaincre Anne Hathaway d’entrer dans son casting, qui avait au départ été intriguée par un précédent métrage du réalisateur. Nacho Vigalondo, en effet, semble attiré par le mélange des genres, dont il a fait sa marque de fabrique avec notamment son film Timecrimes.
Et nul besoin de se passer le très complet entretien de 30 minutes avec la professeure Natacha Vas-Deyres, inclus sur le blu-ray, pour comprendre très vite (et dès la bande-annonce) qu’on est dans un melting-pot puisant généreusement dans les films de kaijus, la comédie romantique et le drame psychologique. Un peu à la manière de ce qu’on trouve dans le cinéma asiatique (par exemple the Host) qui ne catégorise pas ses productions de la même manière que les Occidentaux, Vigalondo balance d’un genre à l’autre, en reprenant alternativement les codes, parfois pour les exploiter directement, d’autres fois à contre-emploi.
Le résultat est déroutant pour un cinéphile qui ne serait pas rompu à ce type d’exercice, ou manquerait simplement d’ouverture d’esprit. Hathaway elle-même jugeait l’expérience comme proche de celle qu’on peut éprouver en regardant Dans la peau de John Malkovich, œuvre qu’elle apprécie tout particulièrement.
Quoi qu’il en soit, l’expérience mérite d’être vécue, et l’occasion se présente ainsi pour ceux qui désirent un support solide (sinon il est disponible en e-cinéma). Après une introduction très orientée (une petite fille coréenne aperçoit soudain un monstre dépassant les toits des immeubles environnant), le film nous projette à New-York 25 ans plus tard avec Gloria qui revient totalement bourrée d’une énième soirée de beuverie et se fait plaquer par son petit ami qui n’en peut plus de cette spirale de destruction consécutive à la perte de son emploi (elle rédigeait des articles pour un magazine).
Seule et sans logement, Gloria se retrouve contrainte d’emménager dans la maison de ses parents, de retour dans la petite bourgade où elle avait grandi. Elle tombe sur Oscar, un camarade de classe qu’elle avait évidemment perdu de vue. Bon prince, ce dernier lui fournit des meubles pour sa maison et un petit emploi dans son bar – ce qui ne va pas l’aider à vaincre son problème avec l’alcool.
Et après une soirée bien arrosée en compagnie des potes d’Oscar (des gars un peu désoeuvrés), elle découvre qu’un monstre a terrorisé Séoul, apparaissant et disparaissant sans explication. Le lendemain, les mêmes événements se produisent, mais des coïncidences la poussent à comprendre que cette apparition fantastique semble liée à ce qu’elle fait précisément, à une certaine heure de la matinée et dans un endroit précis de la ville.
Cette découverte va dès lors lui ouvrir les yeux : une fois l’émerveillement passé, et le plaisir puéril de piloter à distance une créature aussi colossale, elle se rendra compte de l’énorme responsabilité qui lui incombe lorsqu’elle aura causé la mort accidentelle de centaines de personnes. Et là où l’on oscillait entre la farce à la Very Bad Trip et Godzilla, l’on ouvre une porte vers un récit plus sombre et adulte dans lequel une jeune femme un peu perdue tente de reprendre sa vie en mains – et se heurte à des individus toxiques qui cherchent à contrôler son existence. Cette fois, on se rapprocherait d’une œuvre comme Quelques minutes avant minuit, une histoire où l’élément fantastique, traité presque avec amusement, n’est que le symptôme d’un trouble plus profond, lié à un état des lieux de la société.
Cela dit, on ne verse pas dans le drame social, et les parallèles apparaissent parfois un peu maladroits – quoique sincèrement amenés. Hathaway et Sudeikis insufflent à leurs personnages respectifs une épaisseur bienvenue et permettent ainsi de toujours slalomer à la lisière de la comédie et du fantastique. Leur interprétation permet de passer allègrement d’une dimension à une autre, de commencer à s’installer confortablement dans un genre avant de basculer dans l’autre : si l’on ne parvient à être passionnés, on ne peut manquer d’être souvent surpris par les directions prises.
De fait, la sensation première à l’issue du visionnage sera une forme de stupeur dans laquelle on se demande ce qu’on vu exactement, avant de chercher à déterminer si l’on a aimé, ou non. C’est assez troublant, et mérite donc qu’on s’y attarde avant d’en débattre. L’on pourra sans doute estimer que certains points méritaient d’être approfondis et que la résolution est du coup étonnamment sage alors que de nombreux indices laissaient transparaître des débordements cataclysmiques ou une tragédie sanglante. En revanche, les cinéphiles retiendront les nombreuses références à des incontournables comme King Kong et une réalisation ludique avec quelques belles idées de cadrage.
C’est tout le mérite de ce film difficilement qualifiable qui étonnera et fera sourire avant de susciter la réflexion.
Le blu-ray, outre l’entretien mentionné plus haut, contient un making-of et des bandes-annonces, et propose les versions VF et VO en stéréo comme en DTS HD-MA.
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Titre original |
Colossal |
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Date de sortie en salles |
7 juillet 2017 avec Universal Pictures |
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Réalisation |
Nacho Vigalondo |
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Distribution |
Anne Hathaway, Jason Sudeikis, Austin Stowell, Dan Stevens & Tim Blake Nelson |
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Scénario |
Nacho Vigalondo |
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Photographie |
Eric Cress |
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Musique |
Bear McCreary |
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Support & durée |
Blu-ray Rimini (2026) en 2.39 :1/ 109 min |
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