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Quand je regarde l'écran, l'écran me regarde.

[critique] Dark Places : inabouti

[critique] Dark Places : inabouti

Après avoir eu l'honneur de voir l'un de ses romans adapté par David Fincher avec le succès qu'on lui connaît, Gillian Flynn revient au cinéma avec Dark Places, mis en scène par Gilles Paquet-Brenner et produit par Charlize Theron. Un thriller efficace mais extrêmement frustrant car ne saisissant pas l'opportunité d'exploiter correctement son idée de base pourtant très enthousiasmante.

Mardi soir avait lieu l'avant-première française de Dark Places, en présence de son réalisateur Gilles Paquet-Brenner, de l'auteur du roman dont le film est adapté Gillian Flynn, et de ses deux comédiens principaux, Charlize Theron (également productrice) et Nicholas Hoult, que l'on retrouvera tous deux dans Mad Max : Fury Road. Un film pour lequel il a fallu attendre quasiment le mois de sa sortie afin d'en savoir plus, notamment grâce à une tardive bande annonce. Pourtant, ce projet de film américain réalisé par un Français avait de quoi susciter notre intérêt, d'autant que Gone Girl - autre adaptation du même auteur - venait de remporter un vif succès. Evidemment, l'on ne va pas comparer le talent de David Fincher à celui du réalisateur de Gomez & Tavares, mais le fait est que nous étions tout de même très impatients à l'idée de se replonger dans l'univers de Gillian Flynn.

Plutôt efficace avec son récit captivant au gré des multiples rebondissements, le film est tout de même une véritable déception pour les spectateurs qui étaient en droit de s'attendre à ce que l'idée de base - à savoir un club de passionnés bien décidé à résoudre une enquête entamée 30 ans auparavant - soit nettement plus exploitée. Car en l'état ce fameux « Kill Club » ne sert strictement à rien. Alors que l'on nous présente dans une séquence très intrigante la bande de frappadingues qui officie dans ce club très secret, le film n'y fera plus aucune allusion par la suite, hormis lors de quelques échanges entre le personnage de Charlize Theron et celui de Nicholas Hoult, le trésorier du groupe. Ce très bon acteur d'ailleurs, qui rend immédiatement chacun de ses rôles très attachant, est complètement sous-employé dans le film. Dommage, d'autant qu'il eut été préférable de ne pas toujours rester du côté de Libby, omniprésente (l'actrice est également productrice, ceci pouvant expliquer cela...), afin d'apporter une dose de suspens supplémentaire (est-elle coupable ? Cache-t-elle la vérité ?). Quant au reste du casting, soit il n'apporte rien de réellement probant, soit il surjoue à l'instar d'une Chloë Grace Moretz grimaçante et très agaçante.

L'on pensait que le film allait pouvoir faire une sympathique référence au Club Des Veufs Noirs d'Asimov, on se retrouve in fine avec un simple thriller de plus, efficace, divertissant, mais finalement manquant d'originalité pour se différencier du tout venant. Pour sa première expérience à l'étranger, Gilles Paquet-Brenner livre une réalisation très correcte (si l'on excepte quelques petits zooms désagréables), à partir d'un scénario beaucoup moins retors et intelligent que celui d'un Gone Girl, surtout frustrant par les pistes lancées qui n'aboutissent pas (encore une fois à propos du club, mais également du parallèle entre le frère et la soeur, tous deux emprisonnés d'une certaine manière, l'un physiquement, l'autre mentalement...).

 

Pas génial, pas ludique, néanmoins très satisfaisant.

 

 

 

 

Titre original

Dark Places

Mise en scène 

Gilles Paquet-Brenner

Date de sortie

08/04/15 avec Mars Films

Scénario 

Gilles Paquet-Brenner & Gillian Flynn à partir de son roman

Distribution 

Charlize Theron, Nicolas Hoult, Chloë Grace Moretz & Christina Hendricks

Photographie

Barry Ackroyd

Musique

Gregory Tripi

Support & durée

35 mm / 113 minutes

 

Synopsis : 1985. Libby Day a huit ans lorsqu’elle assiste au meurtre de sa mère et de ses sœurs dans la ferme familiale. Son témoignage accablant désigne son frère Ben, alors âgé de seize ans, comme le meurtrier. 30 ans plus tard, un groupe d’enquêteurs amateurs appelé le Kill Club convainc Libby de se replonger dans le souvenir de cette nuit cauchemardesque. De nouvelles vérités vont émerger, remettant en cause son témoignage-clé dans la condamnation de son frère.

 

 

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