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l'Ecran Miroir

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[critique] John Wick 2 : et crac ! Un bourre-pif.

[critique] John Wick 2 : et crac ! Un bourre-pif.

[critique] John Wick 2 : et crac ! Un bourre-pif.

Critique vidéo par Vance

La franchise John Wick (conçue comme une trilogie et partie pour être adaptée en comic-books) fait partie (avec Jack Reacher) des bonnes surprises du cinéma d’action des dernières années, mêlant respect des codes brutaux des actioners des années 80 et mise en scène rafraichissante de dynamisme, le tout avec un humour bon enfant le plus dépourvu possible de cynisme gangrénant les films de super-héros. Comme pour les films avec Tom Cruise, les John Wick sont centrés sur Keanu Reeves auquel son ancienne doublure des films Matrix, Chad Stahelski, a construit une épopée à sa gloire, pleine de bruit et de fureur.

[critique] John Wick 2 : et crac ! Un bourre-pif.

En l’état, ces métrages ont tout pour être qualifié de mauvais genre et de ringardise : à l’heure où la condition des minorités et des femmes est mise en avant, on a droit à deux films où des mecs se frittent en costard-cravate et usent de flingues et de grosses bagnoles pour y parvenir. Les cadavres se comptent par dizaines (plus de cent pour cet opus-ci) et la gent féminine y occupe la portion congrue : Helen, feue la femme de Wick, n’apparaît que par des flashbacks intermittents pour lui rappeler combien il était bon d’avoir vécu de l’autre côté du miroir, du côté où les hommes vivent dans l’insouciance et l’amour de leurs proches, en ignorant tout des méfaits perpétrés par la caste des tueurs à la solde des grandes organisations du crime régissant le monde. John a goûté à cette existence délicieuse mais, comme le lui a certifié Tarasov à la fin du premier film, peut-être que son passé d’assassin a fini par le rattraper et que Dieu n’a pas voulu qu’il s’en sorte ainsi. Toujours est-il que ces quelques moments de douceur sur une plage sont les seuls venant tempérer la soif de vengeance et l’instinct de survie de celui qui se faisait surnommer, à raison, le Croquemitaine. John Wick 2 est à peine mieux pourvu en matière féminine, même si cette fois on a droit à des personnages beaucoup plus forts en caractère (Gianna, leader de la Camorra et Arès, la tueuse garde du corps muette de son frère Santino).

En revanche, ceux qui avaient apprécié tout le décorum du premier chapitre en auront pour leur argent : la mythologie tournant autour des protagonistes voit certains de ses pans révélés tandis qu’on a droit à ces savoureuses séquences de préparation où John va se fournir en armes et en costumes dans des boutiques romaines (à rapprocher des mêmes dans Men in black ou Kingsman, dotées d’un humour référentiel similaire). Les amateurs de flingues se régaleront de la panoplie utilisée pour investir des catacombes (Wick abandonnant son Heckler & Koch habituel pour des Glock et des fusils italiens), les fans de grosses cylindrées retrouveront avec bonheur la formidable Mustang Boss de 1969 qu’on lui avait volée ainsi que la Chevrolet Chevelle SS qu’on lui avait prêtée (deux monstres dont les moteurs rugissant feront vrombir vos caissons de basse).

[critique] John Wick 2 : et crac ! Un bourre-pif.

En multipliant les ennemis ainsi que les alliés de circonstance de notre héros, John Wick 2 peut paraître plus confus, moins droit et rigoureux tout en parvenant à faire mieux dans ses bastons et ses fusillades à la chorégraphie époustouflante (Reeves ayant travaillé un art martial brésilien pour être encore plus convaincant et efficace). C’est le prix à payer pour ouvrir la franchise à un univers plus vaste : l’Hôtel Continental (cette entité en soi, sorte de no man’s land du crime organisé) se voit ainsi doté d’antennes à l’étranger et on en apprend un peu plus sur les différentes organisations dirigeant le monde derrière les façades des politiques. L’étendue de leur pouvoir est incroyablement vaste, comme Nico le souligne dans sa propre critique (lire ci-après) au point qu’on se demande parfois si John Wick ne navigue pas dans une Matrice virtuelle conçue par des criminels professionnels. Cet aspect sous-jacent de la réalité rappellera sans doute la trame de Wanted (et davantage le comic-book que le film qui en a été tiré).

[critique] John Wick 2 : et crac ! Un bourre-pif.

La copie HD du film est remarquable, et on pourra noter un aspect

moins granuleux de la photo par rapport au premier chapitre, plus contrasté. Le disque propose en outre une piste VO en Dolby Atmos qui permet de bien faire ressortir les différentes nuances de détonations entre les armes utilisées et l’ambiance générale dans les lieux publics et qui sublimera le ronronnement des gros V8.

 

Ne reste qu’à attendre la conclusion de cette saga vivifiante, voire à poursuivre l’expérience sur le papier.

Titre original

John Wick chapter 2  

Date de sortie en salles

22 février 2017 avec Metropolitan FilmExport

Date de sortie en vidéo

22 juin 2017 avec Metropolitan Video

Photographie

Dan Laustsen

Musique

Tyler Bates & Joel J. Richard

Support & durée

Blu-ray Metropolitan (2017) region B en 2.35:1 / 122 min

Critique ciné par Nico

Keanu Reeves revient pour distribuer des patates. Et c’est jouissif ! John Wick 2 est encore plus fou, plus intense, plus vif que son modèle. On parle bien entendu d’un bon gros actioner des familles, mais si vous aimez le genre, le film de Chad Stahelski vous satisfera totalement !

Nous vous en avions déjà parlé il y a quelques jours lorsque nous avions eu l’occasion de voir les 15 premières minutes du film chez Metropolitan, John Wick est de retour dans une suite qui devrait réjouir les amateurs du précédent épisode, un succès surprise lors de sa sortie au cinéma.

[critique] John Wick 2 : et crac ! Un bourre-pif.

On ne va pas tourner autour du pot : John Wick Chapter 2 ne révolutionne pas la formule, et ne se démarque pas des masses de son modèle hormis dans sa propension à vouloir continuellement composer dans la surenchère pour offrir un divertissement qui déborde de générosité. Ainsi, qu’il s’agisse de bastons, de cascades, de cadrages, de mouvements de caméras, de scénario, tout semble plus fou, plus intense, plus vif dans John Wick 2. C’est que le réalisateur Chad Stahelski, ancien cascadeur ayant notamment travaillé avec les sœurs Wachowski sur Matrix, sait comment s’y prendre pour faire jubiler les amateurs de castagnes - et de manière générale d’actioners. Le passif du metteur en scène ajoute clairement à la plus-value du film, et l’influence des réalisatrices de Cloud Atlas et de Jupiter Ascending sur sa gestion de l’action est plus que prégnante.

John Wick 2 ne déçoit ainsi jamais par rapport au précédent opus en ce qui concerne les scènes musclées. Non seulement elles sont nombreuses, longues et –pour une fois dans un film d’action moderne- lisibles et bien montées, mais elles sont toujours remarquables d’inventivité, mettant le héros dans des situations toujours inédites, tour à tour stressantes, éprouvantes, galvanisantes ou hilarantes (il y a beaucoup d’humour dans la façon avec laquelle John Wick traite ses adversaires). Vous l’avez compris, le toujours classe et fringant Keanu Reeves continue de filer des mornifles à tous ceux qui se mettront en travers de son chemin, élevant le bourre-pif au rang d’art. Celui que l’on pourrait surnommer le Selecta de la distribution automatique de patates ne manque pas d’idées pour mettre hors d’état de nuire les malotrus qui oseraient le menacer.

[critique] John Wick 2 : et crac ! Un bourre-pif.

Plus délirante, plus extravagante, cette suite ne lésine certes pas sur les effets spéciaux « en live » comme dans le premier long-métrage, mais agrémente les cascades de quelques trucages numériques hallucinants de réalisme. Les potards sont montés d’un cran, la suite assumant encore plus son aspect comic book movie. C’est un bon moyen pour désamorcer toute question liée à la violence du film, puisque l’on sait que tout ceci n’est pas à prendre trop au sérieux.

D’ailleurs, la grande force de John Wick 2 est d’enrichir son univers en le rendant encore plus judicieusement fantaisiste. Toutes ces histoires de codes d’honneur entre gangsters, de société secrète, de Chemin de Traverse pour mafieux, renforcent un peu plus le caractère absurde du film. C’est qu’à en croire les scénaristes, le moindre figurant peuplant le monde de John Wick peut être un potentiel expert en arts martiaux. Mais c’est ça qui est drôle et qui apporte son originalité à cette franchise. Franchise qui de plus possède une élégance que nombre de films d’action actuels n’ont pas. Si le directeur de la photographie n’est plus le même, il faut avouer que l’image de John Wick 2 est tout aussi sublime. Il y a vraiment une patte artistique, un feeling, qui contribue à conférer cette identité si particulière à John Wick.

[critique] John Wick 2 : et crac ! Un bourre-pif.

Enfin, il y a le casting vraiment prestigieux qui apporte une caution 

supplémentaire. Car outre Monsieur Patate, Ian McShane, Peter Stormare, Ruby Rose livrent un travail formidable. Et que dire de l’apparition de Laurence Fishburne, dans ce rôle tout en autodérision et références !

 

Si vous aviez adoré le premier film, vous devriez jubiler devant le nouveau. C’est probablement l’un des films d’action américain les plus jouissifs que l’on ait vu depuis des années. On le recommande vivement !