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l'Ecran Miroir

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[critique] Kingsman : services secrets

[critique] Kingsman : services secrets

[critique] Kingsman : services secrets

Sommet du cool d'après Matthew Vaughn, Kingsman Services Secrets rassemble à peu près tous les ingrédients qui ont fait le succès des précédents films du réalisateur de Layer Cake. Toujours aussi excessif, le film fait la part belle à ses interprètes, formidables. Aussi jouissif par ses spectaculaires scènes d'action que dérangeant par sa violence graphique censée être « fun », une oeuvre à ne pas mettre à la portée de tout le monde.

Dès les premières secondes lors de l'apparition des logos des boîtes de prods sur fond de Dire Straits, l'on se dit que le film va être un minimum cool. Et il l'est indéniablement ! C'est même le meilleur qualificatif que l'on peut lui trouver, suffisamment évocateur et qui englobe un peu n'importe quoi selon la définition que l'on se fait du terme. Effectivement, il y a du vrai dans la citation que l'on trouve sur l'affiche, cela ressemble à un mélange de James Bond et de Tarantino. Il faut toutefois tempérer un peu le comparatif avec le réalisateur de Kill Bill, car les points communs sont peu nombreux, tout au plus ce goût très prononcé pour une violence graphique excessive et censée être « fun ». Censée, car - et c'est le plus gros défaut du film - ce trop plein d'excès gore a tendance à déranger. Comme si l'aspect hautement jouissif ne tenait en grande partie que sur cette surenchère de membres découpés et de têtes qui éclatent en feux d'artifices. Il est ainsi évident que le film pourra choquer les spectateurs les plus sensibles qui ne s'attendaient qu'à un simple long-métrage d'espionnage un peu décalé et survitaminé. N'oublions pas qu'il s'agit du gars derrière Kick-Ass, et que ce dernier a toujours adoré s'amuser à jouer au sale gosse qui shoote dans une fourmilière pour mieux surprendre son public [NDLR. Sauf lorsqu'il est scénariste, comme sur l'Affaire Rachel Singer. ]. Et si Kingsman est bien moins cynique que son prédécesseur, il n'en reste pas moins un film qui cherche constamment à balancer des coups de coudes aux spectateurs, en se donnant des allures « subversives » qu'il ne maîtrise pas totalement à cause de son aspect « poseur » un peu trop évident.

Quoi qu'il en soit, pour réellement apprécier Kingsman pour ce qu'il est - un divertissement plutôt efficace - il faudra passer outre ces quelques réserves sur l'utilité d'un tel déchaînement de violence et ne pas chercher non plus trop d'originalité dans un récit vu et revu dans d'autres films. Car s'il se veut être une sorte d'hommage aux aventures les plus délirantes du plus célèbre agent britannique, période Moore en particulier, avec ses nombreuses références à l'appui, Kingsman ressemble d'avantage à Men In Black dans sa structure, et vous n'avez qu'à lire le résumé en fin de page en remplaçant « élite du service britannique » par « agence de surveillance des activités extraterrestres », « Eggsy » par « James » et « Richmond Valentine » par « alien ». On ne compte plus les scènes strictement identiques ou qui fonctionnent exactement avec les mêmes ressorts comiques comme lors des phases de sélection des jeunes recrues...

Après tout qu'importe, puisque Kingsman reste malgré tout drôle et s'avère plutôt généreux en scènes d'action spectaculaires (à ce titre, toutes proportions gardées, il arrive à faire penser à Le Dernier Pub Avant La Fin Du Monde de Edgar Wright lors de quelques bastons mémorables, même si Vaughn n'a pas le talent du metteur en scène de Hot Fuzz !). A ce titre, il faut saluer l'incroyable forme de Colin Firth, parfait dans un rôle auquel il ne nous a pas habitués. Il forme un duo très attachant avec le jeune -mais prometteur - Taron Egerton, et trouve en Samuel L. Jackson, cabotinant avec délectation et campant un méchant irrésistible avec son défaut d'élocution (un cheveu sur la langue que l'on espère retrouver dans la version française), un adversaire parfait. Mention spéciale au toujours formidable Mark Strong, décidément un immense acteur.

En rassemblant à peu près tous les ingrédients qui ont fait de ses films de gros succès (X-Men First Class), Matthew Vaughn fait de ce Kingsman une sorte de condensé de fun, à ne pas mettre à la portée de tout le monde. Nous avons eu la chance de rencontrer Colin Firth et Matthew Vaughn lors de leur venue à Paris, nous vous proposons de regarder quelques images de la séance de question et réponse en compagnie d'autres blogueurs à la suite de la projection. Et nous tenons à remercier Constance de l'agence Cartel ainsi que l'équipe de la Fox pour ce sympathique entretien qui s'est avéré très intéressant.

 

 

Titre original

Kingsman : the Secret Service

Réalisation 

Matthew Vaughn

Date de sortie

18 février 2015 avec la 20th Century Fox

Scénario 

Matthew Vaughn, Jane Goldman d'après le comic-book de Mark Millar & Dave Gibbons

Distribution 

Colin Firth, Taron Egerton, Samuel L Jackson, Mark Strong, Michael Caine & Mark Hamill

Photographie

George Richmond

Musique

Henry Jackman & Matthew Margeson

Support & durée

35 mm en 2.35:1 / 129 min

 

 

Synopsis : KINGSMAN, l’élite du renseignement britannique en costumes trois pièces, est à la recherche de sang neuf. Pour recruter leur nouvel agent secret, elle doit faire subir un entrainement de haut vol à de jeunes privilégiés aspirant au job rêvé. L’un d’eux semble être le candidat « imparfaitement idéal » : un jeune homme impertinent de la banlieue londonienne nommé Eggsy. Ces super-espions parviendront-ils à contrer la terrible menace que fait peser sur le monde l’esprit torturé du criminel Richmond Valentine, génie de la technologie?