RÉSUMÉ : L’auteur entreprend de révéler l’un des trois manuscrits dont il est dépositaire, par le biais d’un héritier de Lovecraft : la véritable histoire racontée par le Dr Watson de sa rencontre avec Sherlock Holmes et de leur première enquête conjointe dans les bas-fonds du quartier londonien de Shadwell, tentant de trouver le coupable de meurtres en série. Une enquête qui les mettra aux prises avec les entités cachées dans les ténèbres, des divinités antédiluviennes, des manuscrits interdits et un adversaire machiavélique…
La rencontre entre l'univers lovecraftien et Holmes est traitée avec sérieux et application. Lovegrove connaît son sujet et choisit une introduction par un habile clin d'œil, en se faisant le porte-parole de personnages qu'on croyait fictifs : ainsi se retrouve-t-il légataire de manuscrits de Watson inédits, qui ont transité via des héritiers de Lovecraft, s'effaçant au profit de l'acolyte du grand détective, lequel nous révèle ici la vérité derrière les Aventures de Sherlock Holmes, une vérité longtemps celée parce que sans doute inacceptable. Car Sherlock et Watson se sont rencontrés bien avant le premier récit publié, sur une affaire qui allait leur démontrer que le monde est sous la menace permanente d'entités surnaturelles connues de quelques mystiques, ésotéristes ou illuminés, d'artistes prétendument fous ou de fanatiques.
Avec les Ombres de Shadwell, Watson nous fait faire connaissance, à nouveau, avec un jeune Sherlock, dynamique, fougueux, déjà redoutable dans l'exercice de la déduction mais manquant de cette prudence qu'il allait développer par la suite. C'est sur une filature que le détective-conseil allait faire la rencontre de son futur partenaire et biographe, et tous les deux allaient se retrouver embringués dans une enquête qui leur révèlera ce qui s'agite dans les ténèbres et leur permettra de se pencher sur des ouvrages dont les amateurs de l'Appel de Cthulhu (le jeu de rôle) ont une connaissance encyclopédique. Les frissons risquent de s'emparer des amoureux de Lovecraft à la mention du Necronomicon ou de Nyarlathotep, et le Mythe de Cthulhu va se dévoiler progressivement au gré d'une intrigue qui souffre pourtant d'un manque d'acuité. C'est sans doute le maillon faible du récit : on a droit à un Holmes fascinant, ayant toujours un atout supplémentaire dans sa manche (parfois littéralement), volontaire et appliqué, mais la résolution des énigmes manque de percussion, de dramaturgie. Sherlock s'y montre davantage Indiana Jones que Hercule Poirot dans une histoire construite en crescendo, très classique dans son élaboration mais qui s'achève en un point d'orgue assez jouissif.
Parfois frustrant, sans doute décevant sur le côté purement policier, voire un peu trop systématique (construit comme un scénario de jeu de rôle), mais suffisamment riche en références pour entretenir l'intérêt jusqu'au bout. Et il y en a deux autres déjà annoncés afin de compléter "les Dossiers Cthulhu".
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Titre original |
Sherlock Holmes & the Shadwell Shadows |
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Auteur |
James Lovegrove |
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Dessins |
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Couverture |
Arnaud Demaegd |
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Format |
Broché 15,2 x 23,5 cm |
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Édition |
Bragelonne 2018 |
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Collection |
Steampunk ; série « les Dossiers Cthulhu » #1 |
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Édition originale |
James Lovegrove 2016 |
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Traduction |
Arnaud Demaegd |
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Nombre de pages |
358 |
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Sherlock Holmes & les Ombres de Shadwell
C'était couru d'avance. Après l'intéressant Sherlock Holmes & le Dossier Dracula , il était certain qu'un jour ou l'autre nous traiterions d...
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