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l'Ecran Miroir

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Quand je regarde l'écran, l'écran me regarde.


[critique] le Labyrinthe de Pan

Publié par Vance & TWIN sur 27 Août 2016, 07:36am

Catégories : #Sur écran : sorties cinéma, #DVD, #Cinéma SF & Fantastique, #Cinéma 2006

[critique] le Labyrinthe de Pan

l'Avis de Vance

Eh bien, autant le dire d’emblée : j'ai plutôt aimé l'ensemble, autant l'histoire que son traitement. Avec une introduction rappelant fortement Chihiro, une thématique similaire à Neverending story mais sans le côté épique (ou la Jeune Fille de l'eau en plus pervers), un score splendide (malgré un manque de variation dans le thème musical) et une photo stupéfiante, l’œuvre a tout pour séduire le cinéphile que je suis devenu. Sergi Lopez, qui se double lui-même dans la VF, est assez impressionnant, et l'interprète de la petite Ofelia est troublante.

Je tiens également à relever la qualité des effets sonores (bruissements et caquètements des fées, halètements, petits cliquetis métalliques caractéristiques pour chaque instrument - clef, rasoir, poignard, sifflements des balles) qui entretiennent une ambiance à la fois feutrée et étonnamment surréaliste. L'alternance et l'équilibre entre les passages réels (fin de la Guerre Civile espagnole) et les séquences féériques (Ofélia communiquant avec des êtres d'un royaume souterrain peuplé de fées, d’un faune et empli de trésors mystérieux surveillés par des Gardiens redoutables, dans des décors baroques) est remarquable.


Toutefois, j’ajouterais un petit bémol au niveau des enchaînements, qui trahissent des baisses de rythme, peut-être en raison d’un montage pas très dynamique. Et puis, aussi, un manque réel d'émotion - qui le distingue des références citées plus haut - comme si l'histoire ne parvenait pas à se transfigurer.


Un très bon film, au final, toujours sur le fil du rasoir, hésitant, balançant en permanence entre rêverie, conte de fées moderne, sadisme et perversité : le personnage de Lopez avait le potentiel pour être encore bien plus cruel, à tel point que je redoutais réellement la fin.

[critique] le Labyrinthe de Pan

 

Titre original

El Laberinto des fauno

Réalisateur 

Guillermo Del Toro

Date de sortie en salles

1er novembre 2006 avec Wild Bunch

Date de sortie en DVD

3 juillet 2007 avec Wild Side

Scénario 

Guillermo Del Toro

Distribution 

Ivana Baquero, Sergi Lopez, Ariadna Gil, Alex Angulo & Doug Jones

Photographie

Guillermo Navarro

Musique

Javier Navarrete

Support & durée

DVD Wild Side (2007) édition ultime zone 2 en 1.85 :1 /112 min

 

Synopsis : Espagne, 1944. Fin de la guerre.
Carmen, récemment remariée, s'installe avec sa fille Ofélia chez son nouvel époux, le très autoritaire Vidal, capitaine de l'armée franquiste.
Alors que la jeune fille se fait difficilement à sa nouvelle vie, elle découvre près de la grande maison familiale un mystérieux labyrinthe. Pan, le gardien des lieux, une étrange créature magique et démoniaque, va lui révéler qu'elle n'est autre que la princesse disparue d'un royaume enchanté.
Afin de découvrir la vérité, Ofélia devra accomplir trois dangereuses épreuves, que rien ne l'a préparé à affronter..

[critique] le Labyrinthe de Pan

l'Avis du TWIN

Tout simplement fabuleux.

 

C'est d'ailleurs assez drôle de voir à quel point le concept du film pourrait être appréhendé comme une relecture intelligente de Narnia.

Ceux qui ont détesté le film cité seront véritablement aux anges avec le Labyrinthe de Pan, tant ce dernier embrasse complètement son sujet, sans aucune niaiserie ni traitement alambiqué, mais avec sérieux, cruauté et espoir désenchanté.

Alors, évidemment, le Labyrinthe de Pan n'est peut-être pas d'une originalité faramineuse—cette histoire d'une jeune fille qui se réfugie dans son imaginaire, on l'a déjà vue traitée par exemple dans l'Histoire sans fin—, mais le point de vue de Guillermo Del Toro est aussi profondément touchant que fascinant.

 

Si l’Histoire sans fin se voyait d’abord comme un film pour les enfants avant de toucher les plus âgés (ce qui reste tout relatif : le récit montre quand même la quête d'un garçon vers la tristesse, qui perd pied à force de se réfugier dans ses rêves après la mort de sa mère), le Labyrinthe de Pan se réclame directement d'une approche en tant que conte de fées pour adultes.

L'œuvre est souvent d'une cruauté insoutenable, et sa violence, extrême, sursaute sans crier garde aux détours d'un excès de perversité humaine. L'inscription du récit dans le contexte de la dictature de Franco permet à Sergi Lopez, capitaine militaire sadique, de se déchaîner en plein champ lors de sauvageries inattendues, le ton étant annoncé dès les premières scènes (l'exécution des deux paysans, à tourner de l'œil) et culminant via un épilogue à faire couler toutes les larmes du monde.

Le film s’obsède jusqu’à la chair dans sa volonté à ne jouer du hors champ que sur les couleurs chaudes de l'univers fantastique, finalement peu présent, et à le nier complètement quant à l'univers réel, simplement froid et cauchemardesque, jusqu’à ce que les deux palettes et les deux mondes se contaminent.

 

J'avais pu lire ici et là dans la presse que l'univers visuel du Labyrinthe de Pan se rapprochait de Tim Burton : c'est complètement faux, stupide de raccourcis qui sont autant de lacunes, car ça n'a vraiment rien à voir.

L'aura fantastique, les créatures et les décors ont un cachet bien particulier, à la fois attachant et effrayant. C'est comme si Tom Bombadil rencontrait Pinhead, au sein d'une étrange harmonie, macabre dans ses mouvements repoussants et dissonants (le faune, l'homme pâle, la grenouille) et illuminée dans son innocence joviale et pleine de grâce (le faune, encore une fois, l'épilogue).

 

Le Labyrinthe de Pan se mûrit et se démontre déjà comme un essai phare au fil de ses courtes années.

 

J’ai pu profiter du film dans ce gros coffret à la présentation tactile attrayante et qui n’est pas sans rappeler les éditions des versions longues du Seigneur des Anneaux. Malheureusement, l’un des cinq disques, le HD-DVD, est déjà complètement obsolète et, de fait, nuit gravement à la valeur ajoutée du produit. En effet, je doute que Wild Side ait la grâce d’offrir à tous les acheteurs de ce coffret limité sa future édition Blu-Ray du film, en remplacement…

Le contenu éditorial, généreusement riche et sincère, manque de cohérence, de structuration et sa densité rend le visionnage lourd et parfois répétitif (sans mentionner les conditions de navigation qui imposent un jeu pénible pour arriver à des suppléments inédits).

J’avoue ne pas avoir été passionné par les produits documentaires mais je ne suis pas forcément à généraliser. Personnellement, à l’exception de la BO, j’aurais pu après coup me contenter de l’édition simple disque.

Commenter cet article

Satine 24/01/2010 09:58


Un film que j'ai adoré avec un côté féérique génial dont j'ai l'impression que Guillermo Del Torro s'est un peu inspiré dans Hellboy 2.


Vance 24/01/2010 09:56


Oui, l'objet est beau et, bien que ce ne soit pas un argument essentiel pour moi, doit bien présenter dans ta médiathèque.


Cachou 23/01/2010 22:51


Oui, c'est bien celui-là. Il est à 15€ sur un site internet que je ne connais pas qui a été trouvé par une amie, et à 30€ sur Amazon. Il y a carrément un petit livre à l'intéreieur, dont je suis
folle (parce qu'il y a un storyboard dedans) et l'objet en lui-même et superbe. Je sais que je ne regarderais jamais les DVD Bonus, mais comme ça j'ai la BO aussi. J'espérais que les HD DVD étaient
couplés aussi à un autre truc comme pour Blu-Ray et Playstation mais non, et je ne connais personne ayant un lecteur (alors que j'ai déjà pu emprunter une Playstation pour lire un Blu-Ray). Mais
bon, je ne vais pas acheter un lecteur pour un film! ;-p


Vance 23/01/2010 19:38


@ Cachou : tu parles de l'édition commentée ici par Twin ? Sinon, les lecteurs HD sont bradés
sur eBay, c'est le blu-ray qui l'a emporté.


Vance 23/01/2010 19:34


En fait, je pensais surtout à une sorte de distanciation par moments. Mais effectivement, la fin est magnifique.


Jérôme 23/01/2010 17:56


salut Vance, le labyrinthe de pan est pour moi un chef-d'oeuvre absolu que je ne me lasse pas de revoir. Concernant le petit manque d'émotion que tu as mentionné, c'est à mon avis plus une affaire
de ressenti personnel. Perso, la fin m'a bouleversé !


tinalakiller 23/01/2010 14:05


excellent film !


Cachou 23/01/2010 12:31


J'adore ce film qui m'a glacé le sang et qui m'a plutôt évoqué "La Cité des Enfants Perdus". Je vais très certainement en parler bientôt car je viens (enfin!) d'acquérir la superbe édition ultime
(avec HD DVD et pas moyen de mettre la main sur un lecteur - personne ne semble ne avoir!), dont le packaging est similaire à celuis des versions longues du Seigneur des Anneaux.


Bruce Kraft 23/01/2010 11:14


J'ai vraiment adoré la dualité contexte historique/monde féérique de la petite Ofelia!! Encore un coup de maître venant d'Espagne....qu'est ce qu'on attend en France?


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