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l'Ecran Miroir

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[critique] Savages : Stone, ce film est Stone

[critique] Savages : Stone, ce film est Stone

Savages 00

La semaine dernière nous avons pu assister à une projection du tout nouvel Oliver Stone : Savages, adapté du livre de Don Winslow (pour la petite anecdote, l'auteur lui-même aurait écrit son livre en imaginant une future transposition par Stone). 

Disons le tout de suite : s'il s'agit de l'un des meilleurs Stone depuis un certain temps, le film ne vaut pas ses plus grandes réussites. C'est un divertissement efficace, rythmé, coloré, mais qui pourra une fois de plus décevoir ceux qui en attendent trop venant de ce réalisateur. 

En effet, il ne faudra pas chercher avec Savages un quelconque message. En tout cas, pas en apparence. Pas de dénonciation sur une certaine vision de l'Amérique, pas de réflexion sous-jacente, mais un film fun et décomplexé. C'est déjà pas mal de la part de Stone, vu ses quelques précédents films. 

De ce fait, le film se suit avec un certain plaisir, car il est très, très bien mis en scène. On pense évidemment beaucoup aux délires visuels de Tony Scott, période Domino, ou encore un peu à certaines scènes toutes droits tirées d'un Tarantino. Ces effets de réalisation sont gratuits la plupart du temps (quoique le thème du film n'y est pas étranger), mais ça marche : le spectateur ne peut pas décrocher un seul instant. Enorme travail au niveau des textures, des couleurs (superbes plans en noir et blanc), pour une image saturée. Mais gros boulot aussi sur le son : une bande originale "originale" et des bruitages mixés avec intelligence. Certains effets sonores sont sidérants. 

Savages-02.jpg

Si le scénario ne s'avère pas si stupéfiant que ça et est somme toute classique, il est sauvé par cette espèce de caricature constante des principaux personnages, qui offre un décalage bienvenu. La voix off ne sert en revanche strictement à rien et a tendance à alourdir le récit. 

Taylor Kitsch et Aaron Johnson sont très bons. On avait déjà pu remarquer le premier dans le chef d'œuvre qu'est John Carter. Quant au second, méconnaissable ici, il s'avère être le personnage principal dans Kick-ass. Blake Lively est par contre à la fois trop mise en avant (par la voix off et le contexte de l'histoire) et pas assez développée, pour que l'on puisse vraiment s'y attacher. Non que son interprétation ne soit pas convaincante, mais on aurait aimé en savoir plus sur elle (est-ce délibéré pour que le public puisse s'y identifier ?). Globalement, le trio formé par ces jeunes acteurs fonctionne bien. Mais c'est du côté des vétérans, des habitués, que le film tire toute sa force. Salma Hayek surjoue, John Travolta cabotine et Benicio Del Toro, alors lui, il est littéralement habité par son personnage. Si vous n'avez besoin que d'une seule raison d'aller voir ce film, c'est pour le voir. 

Pas si subversif que ce que la bande annonce ne veut le laisser entendre, Savages est un film fou, violent, drôle et flippant, avec une bonne dose de suspens (comment interpréter cette double vraie fausse fin ?). A aller voir, même si cela ne révolutionnera pas le genre.

 

 

Ma note (sur 5) :

4

Note moyenne au Palmarès (août 2012) :

3,5

 

 

 


Savages

 

 Savages 01

Mise en scène 

Oliver Stone

Genre 

Thriller

Production 

Relativity Media distribué en France par Pathé

Date de sortie France 

26 septembre 2012

Scénario 

Oliver Stone & Don Winslow d’après son roman

Distribution 

Blake Lively, Taylor Kitsch, Benicio Del Toro, Salma Hayek & John Travolta

Durée 

130 min

Support 

35 mm

Image 

2.35:1 ; 16/9

Son 

VOst DD 5.1

 

 

 

Synopsis Laguna Beach, Californie : Ben, botaniste bohème, Chon, ancien Navy Seal, et la belle O partagent tout. Ben et Chon sont à la tête d’un business florissant. Les graines ramenées par Chon de ses missions et le génie de Ben ont donné naissance au meilleur cannabis qui soit. Même s’il est officiellement produit pour des raisons thérapeutiques, ils en dealent partout avec la complicité de Dennis, un agent des stups. Leur affaire marche tellement bien qu’elle attire l’attention du cartel mexicain de Baja, dirigé d’une main de fer par Elena. Face à leur proposition d’"association", Chon est partisan de résister par la force, mais Ben préfère tout abandonner. Pour les contraindre à coopérer, le cartel kidnappe O. Elena a eu raison d’utiliser les liens très forts du trio, mais elle a aussi sous-estimé leur capacité à réagir… C’est le début d’une guerre entre l’organisation du crime dont le bras armé, Lado, ne fait aucun cadeau et le trio. Qu’il s’agisse de pouvoir, d’innocence, ou de la vie de ceux qu’ils aiment, tout le monde a quelque chose à perdre.