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l'Ecran Miroir

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[critique] John Carter : SF classique mais enthousiasmante

[critique] John Carter : SF classique mais enthousiasmante

 John Carter 00


5/5 

 

Ca y est, on peut enfin en parler de ce film ! 

 

C'est tellement frustrant de constater qu'il n'y a quasiment aucune campagne promotionnelle ! Bon sur Twitter on a pu lire depuis quelques jours quelques avis dithyrambiques, mais c'est tout. L'embargo est une erreur monumentale. A trop attendre les critiques, on pourrait douter de la qualité du film. Déjà que les bandes annonces sont complètement nulles... D'ailleurs, à ce propos, le trailer monté par un amateur (et approuvé par Andrew Stanton) est infiniment mieux et donne une meilleure idée du film. 

 

J'avoue que le projet ne me donnait plus des masses envie lorsque le premier teaser était apparu sur le net. Pourtant à son annonce, j'étais carrément impatient : Andrew Stanton, le réalisateur de Wall.e, du Monde de Nemo et co-réalisateur de 1001 Pattes, se lançant dans un projet extrêmement ambitieux, à savoir l'adaptation de l'oeuvre d'Edgar Rice Burroughs qui a inspiré un nombre hallucinant d'histoires de SF, dont Star Wars et Avatar. Ca partait bien ! J'étais même assez intrigué de voir un gars de chez Pixar réaliser son premier film en live (c'était avant Mission Impossible : Ghost Protocol de Brad Bird). 

 John Carter 03

Et puis, donc, comme je le disais plus haut, arriva la première bande annonce. Une énorme déception. J'avais vraiment l'impression que l'on allait avoir droit à un énième blockbuster sans âme et sans originalité, comme Disney nous y avait souvent habitué. En gros je pensais que ce John Carter (dont le "of Mars" du titre avait été retiré, pour une raison purement commerciale) allait plutôt lorgner du côté d'un Apprenti sorcier, voire d'un Prince of Persia - que je trouve relativement agréables et sympathiques tout de même. 

Je pouvais espérer au mieux un film de la qualité des Pirates des Caraïbes (en espérant qu'il soit moins long et bavard par contre). 

 

Mais j'étais assez loin de m'imaginer voir un film qui allait dépasser tout ça. Déjà, la présentation de janvier avait vraiment su donner l'eau à la bouche.

Et force est de constater que le film que j'ai vu la semaine dernière est époustouflant. 

 

Je réagis certes un peu à chaud, mais j'ai vu un immense film de science-fiction, très classique et ne présentant que peu d'originalité pour le public d'aujourd'hui (quoique), mais ultra bien réalisé et surtout, surtout, avec des personnages charismatiques et attachants. Son seul défaut ? Passer après Star Wars, Avatar, Stargate, la Planète des singes et tous les films de SF populaires dont nous nous somme nourris pendant des années. Ici, ce qu'il faut se dire, c'est que l'on en revient aux sources. J'entends déjà des spectateurs se plaindre de certaines scènes, comme celle de l'arène, reprise à l'identique dans Star Wars. Mais autant vous dire que la différence de traitement est flagrante et qu'au jeu des comparaisons, ce n'est pas forcément celui auquel on pense qui l'emporte. Je ne vais pas me pencher plus sur les parallèles et les emprunts trouvés dans toutes les autres oeuvres de SF au cinéma, il n'y a aucun intérêt à ça, mais je voulais juste rétablir le contexte : les livres de John Carter ont été une source d'inspiration inépuisable. D'ailleurs, le projet d'adapter les aventures de ce premier héros de l'espace remonte à de très nombreuses années et détient même le record du scénario le plus longtemps resté dans les tiroirs (John Mc Tiernan a failli en être le metteur en scène avec Tom Cruise dans le rôle principal à une époque, comme l'a souligné Jim Morris, l'un des producteurs, lors de sa visite à Paris). 

 

Disney tient avec ce film une véritable petite mine d'or, mais n'a pas l'air de s'en rendre compte. Comme si le film était forcément voué à l'échec, et que sa sortie n'était qu'une formalité avant de passer à autre chose. Grossière erreur. Il FAUT que ce film ait du succès. Il FAUT des suites, j'ai énormément envie d'en savoir plus. Je me demande même presque si cette mauvaise publicité et ces articles dénonçant le futur échec du film ne sont pas volontaires : en effet, il faudrait un immense succès pour que les suites puissent se faire. S'imaginant que le film vise un public trop restreint (d'où le changement de titre en pleine campagne marketing), peut-être qu'il est tout simplement dans l'intérêt de Disney que le film ne marche pas ou soit seulement rentable pour justifier l'abandon de suites trop coûteuses. 

 

En attendant, savourons ce film, et c'est déjà bien. Au moins Stanton évite de conclure son métrage sur une fin trop ouverte, au cas où il n'y aurait aucune autre aventure. Ouf. 

  John-Carter-06.jpg

J'avais brièvement parlé de l'histoire dans un autre compte-rendu, donc je vais m'abstenir de dévoiler le film encore davantage. Mais attendez-vous à une très grande aventure, menée par un réalisateur passionné et ne prenant jamais les spectateurs pour des idiots. Chaque scène est utile, a un sens, un enjeu, et sert à faire avancer le récit brillamment. Stanton se sert sans nulle doute de son expérience chez Pixar. En animation, on ne peut pas verser dans le superflu, on va à l'essentiel. Et ce n'est pas qu'une question d'économies. Pour son premier film live, le père de Wall.e procède de la même façon. Cela se ressent principalement par le montage. Nombreuses sont les scènes montées comme dans un dessin animé (la première scène avec Bryan Cranston par exemple). Beaucoup d'informations passent par le montage et l'image, sans avoir à subir des tonnes de dialogues pour les paraphraser. La séquence de bataille entre un John Carter qui se libère enfin de ses chaînes et de son passé face à une armée d'extraterrestres vaut son pesant d'or. Toute l'émotion passe par l'image, aucun dialogue. Et pourtant c'est le tournant du film. Je n'en dis pas plus mais c'était vraiment magnifique. 

  

Ce film est chargé en émotions, ce qui fait défaut à bon nombre de divertissements à l'heure actuelle. J'ai vraiment vécu l'aventure. A la fin, j'étais aussi désorienté que John Carter (les séquences sur Terre donnent, à l'instar d'Avatar et des passages lorsque Jake se réveille dans sa cabine - et peut être même encore plus -, une sensation désagréable de déprime et de nostalgie. On a qu'une envie : retourner sur Barsoom

 

Cette proximité avec le héros est vraiment le coeur du film. John Carter est l'archétype du héros, joué avec beaucoup d'humilité par un Taylor Kitsch assez stupéfiant (il apporte force et fragilité). Il rappelle en cela le personnage d'Indiana Jones. Un héros finalement classique, mais avec une personnalité suffisamment forte et une touche d'humour bienvenue, pour que l'on s'attache à lui immédiatement. 

  

Du reste, les autres personnages sont tout aussi réussis. Il faut dire que le casting tient bien la route, y compris en ce qui concerne les extraterrestres joués en performance capture par Willem Dafoe et Samantha Morton. Petite parenthèse : les effets visuels sont hallucinants. Voilà, c'est tout ce que j'avais à dire, pas besoin d'expliquer en quoi un gars qui a travaillé chez Pixar sait utiliser les technologies informatiques aussi incroyablement. Il ne verse jamais dans la surenchère, les décors sont pour la plupart des paysages naturels légèrement retouchés. Le résultat à l'écran est très chaleureux, il y a un parfait équilibre entre le réel et le virtuel, encore une fois à l'inverse de beaucoup de productions modernes. Petite anecdote sympathique : l'équipe a trouvé un squelette de dinosaure de 18 mètres sur le lieu du tournage en extérieur !  

 

Mais John Carter c'est aussi un film où l'action est grisante. Pas forcément trop présentes, les scènes de batailles sont toujours parfaitement compréhensibles et offrent un plaisir total aux spectateurs avides de sensations fortes. 

 John-Carter-05.jpg

J'ajouterai - malgré ce que j'ai dit plus haut sur l'aspect nostalgique (certaines images sont assez tristes et dépressives)- que le film est très drôle. Tous les gags (y compris les plus cartoonesques) fonctionnent à la perfection. J'ai beaucoup ri. Le chien-lézard Woola fait une entrée fracassante dans le film, et il suffit d'une seule séquence très comique pour que l'on s'attache de suite à lui. L'humour fait énormément de bien au récit. Ah, la séquence lorsque John Carter se réveille sur Barsoom ! 

 

Que dire de plus pour vous donner envie de vous précipiter voir le film ? Qu'il s'agit pour moi de l'un des meilleurs divertissements de ces dernières années ? 

 

En tous cas, il y aurait énormément à raconter (comme par exemple à propos des très nombreuses scènes où le héros se retrouve attaché et prisonnier, la guerre, le poids du passé, la culpabilité...) mais pour cela, il faudrait trop en dévoiler et je ne le veux pas. Cependant, vous vous doutez qu'après un film de science-fiction tel que Wall.e (qui revenait quelque part aux origines du cinéma, à mi-chemin entre muet et musical, tout en étant très actuel), Andrew Stanton a le talent pour faire de ce classique de la littérature du début du siècle dernier, un film tout aussi respectueux qu'ambitieux et moderne ! 

 

Sachez enfin que Michael Giacchino a composé une magnifique bande originale, dont l'un des morceaux (que l'on entend lorsque John Carter fonce vers l'ultime bataille) est incroyablement envoûtant. 

 

Je ne parlerai que très peu de la conversion 3D. C'est une 3D faite en post production, et si elle m'a paru plus réussie que lorsque l'on nous avait montré la bande-annonce le mois dernier, elle ne m'a pas du tout convaincu face à un vrai film tourné pour. Alors oui, il y a beaucoup de profondeur, oui elle n'est pas trop mauvaise pour un film converti, et j'incite presque les fans du procédé à aller le découvrir dans cette version relief. Mais personnellement, je sais que le film n'a pas besoin d'être vu en 3D pour être apprécié. Au contraire même. 

 

John Carter est un film fait par des artistes passionnés. Les réactions dans la salle m'ont semblé très positives. Il a tout pour être un succès, hormis sa campagne marketing. N'hésitez pas. Allez le voir. Si vous aimez la science-fiction, les bonnes aventures, si vous adorez Star Wars et Avatar, ce film vous fera passer un merveilleux instant (2h20 qui en paraissent moitié moins). Même si je trouve Avatar largement plus réussi d'un point de vue purement formel (technique et réalisation), je crois franchement que j'ai plus accroché à John Carter car je me suis vraiment attaché au héros. Si vous lisez souvent les critiques sur ce site, vous savez à quel point Avatar a été adoré ici. C'est dire si j'ai apprécié le film du génie Stanton ! 

 

Je compte retourner le voir très rapidement, en espérant que le même réalisateur tourne la suite. 

 


John Carter 02

John Carter

 

Un film d’aventures SF d’Andrew Stanton produit par les studios Disney (2012) avec Taylor Kitsch, Willem Dafoe, Mark Strong, Ciaran Hinds, Lynn collins, Samantha Morton & James Purefoy.

 

Sortie nationale le 7 mars 2012.

 

Projection 3D en 2.35 :1, VF ; 140 min.

 

 

Synopsis : John Carter se retrouve inexplicablement transporté sur Barsoom, au cœur d’une guerre mystérieuse entre les habitants de la planète. Parmi tous les êtres étranges qui peuplent cet univers, il fera la connaissance de Tars Tarkas et de la captivante princesse Dejah Thoris. Dans ce monde sur le point de disparaître, Carter va découvrir que la survie de Barsoom et de son peuple est entre ses mains…