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l'Ecran Miroir

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[critique] le Sorcier & le Serpent blanc

[critique] le Sorcier & le Serpent blanc

le Sorcier & le Serpent blanc 00

Une bande annonce alléchante, un genre fascinant et un nom, celui de Jet Li : il n’en fallait pas davantage pour que je me procure au plus vite un exemplaire en vidéo de cette nouvelle version d’une vieille légende chinoise, souvent adaptée sur différents supports, et passée à la postérité grâce à Tsui Hark et Maggie Cheung dans le film Green Dragon. Merci à Julia au passage.

Revenons à Jet Li,clairement tête d’affiche du film, même s’il n’apparaît pas la majeure partie du temps (on nous aurait menti ?) : ce garçon m’a toujours fasciné par sa grâce naturelle et l’esthétique de sa gestuelle dans toutes les chorégraphies d’arts martiaux. Ses expériences dans le cinéma occidental, si elles n’ont pas engendré des chefs-d’œuvre, ont tout de même révélé un jeu assez fin et une capacité d’adaptation élevée. Et puis, même s’il commence à être marqué par les ans, son visage dégage cette forme de candeur qui lui a permis d’être crédible dans des rôles comme celui de Danny(Danny the dog). Et le revoilà associé à celui qui l’avait fait tourner dans Dr Wai, réalisateur d’Histoires de fantômes chinois : on pouvait donc s’attendre à un déluge de combats virevoltants entre des artistes marchant sur l’air, mais aussi à ce mélange toujours déstabilisant d’humour bon enfant, de morale sirupeuse et d’irruptions du merveilleux.

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Le fait est qu’on assiste bien à ce genre de mélange, mais qu’ici tout semble chaotiquement assemblé, sans véritable synergie et avec un sens du rythme problématique. Les séquences s’enchaînent péniblement, laissant souvent penser par ces transitions maladroites et ces ellipses incompréhensibles à des coupes franches dans le scénario : la gestion du temps est une des lacunes majeures de ce film, qui semble noyer le spectateur sous des séquences mielleuses et vaines entre les confrontations. C’est fort dommage car, pris séparément, chaque épisode a son intérêt, d’autant que la musiqueaccompagne magnifiquement des images souvent somptueuses, où les couleurs éclatent et donnent véritablement l’impression d’une coexistence de deux mondes (sachant la limitation du rendu colorimétrique du DVD, le blu-raydoit être éblouissant). Les costumes sont chatoyants et font la nique aux parures des femmes-serpents qui, dans le prologue, observent un groupe d’herboristes arpentant la montagne qu’elles hantent. La romance qui naît dès leur premier contact entre le Serpent blanc et Xu Xiana ce parfum fleuri et doux-amer des histoires d’amour tragique. Car Abbott Fahai, le Sorcier, est également un chasseur de démons : toute son existence est vouée à traquer et renvoyer ces créatures issues d’un plan parallèle, ou à tout le moins de les confiner le temps qu’elles méditent sur leur propre existence. Au cours d’une de ses traques, il se heurte à un clan de vampires(mais oui !) dont son acolyte fort stupide mais sympathique sera une victime. Ce n’est qu’ensuite qu’il apprendra la liaison contre-nature entre le Serpent blanc et le jeune herboriste.

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Cahin-caha, on assiste donc à un enchaînement poussif de moments parfois laborieux, parfois charmants, où les dialogues s’éternisent avant que se déchaînent les combats. Et ceux-ci, paradoxalement, déçoivent aussi : Jet Lia toujours la classe, mais elle est plutôt peu mise en valeur du fait même de ses pouvoirs gigantesques (il est capable de stopper net une inondation ou de faire s’effondrer d’un geste les murs d’une ruelle) et de la nature de ses adversaires. Sa poursuite du chef vampire ressemble à un mauvais copiage du duel Gandalf/Balrog(même chute vertigineuse dans les entrailles de la Terre, même issue) et son combat contre les Serpents est davantage fondé sur des déploiements d’énergie magique et d’acrobaties aériennes que de coups portés, avec ou sans arme, quelque part entre Zu et Stormriders.

Reste alors le message véhiculé tant bien que mal. Si on peine à prendre fait et cause pour le couple maudit (leur romance est tellement codifiée et verbeuse qu’elle finit par ennuyer), on s’interroge sur l’acharnement du Sorcierà briser leur amour. A ce moment, dans le dernier quart, on sent poindre quelque chose de plus profond, plus subtil dans ces regards éperdus que se jettent les amants incompris, sur ce visage fermé qu’affiche résolument Fahai– comme si sa cause n’était plus si noble que cela, Bouddhalui–même en étant la source.

Trop long à cause d’un rythme mal maîtrisé, le film avait les atouts pour figurer en bonne place des grosses productions mariant arts martiauxet merveilleux. Le spectacle reste néanmoins visuellement agréable (si on fait abstraction de certains effets spéciaux complètement ratés) et puis, on a eu droit à notre dose de Jet Li tout de même.

 

Ma note (sur 5) :

2,5

Note moyenne au Palmarès (août 2012) :

2,53

 

 

Retrouvez d’autres avis des contributeurs du Palmarès :

 

 


Bai she chuan shuo

 

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Mise en scène 

Tony Ching Siu-Tung

Genre 

Conte fantastique

Production 

Juli Entertainment

Date de sortie France 

04/09/2012 (DTV)

Distribution 

Jet Li, Shengyi Huang, Charlene Choi & Raymond Lam

Durée 

100 min

Support 

DVD F.I.P. zone 2 (2012)

Image 

2.35 :1 ; 16/9

Son 

VF DD 5.1

 

 

 

Synopsis Ce film fantastique est inspiré d'une vieille légende chinoise et relate l'histoire d'un herboriste qui tombe amoureux d'un serpent vieux de cent ans déguisé sous les traits d'une femme. C'est alors qu'un sorcier découvre la supercherie et se bat pour sauver l'âme du vieil homme. Ici, la version diffère quelque peu : l’herboriste est jeune et son amour pour la femme serpent est réciproque. Le sorcier qui est le gardien de l’Ordre sur Terre va tout faire pour briser le couple, tandis que son acolyte, transformé en vampire, sera aidé par une autre femme-serpent…