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l'Ecran Miroir

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[critique] S.O.S. Fantômes 2016 : trans-genre

[critique] S.O.S. Fantômes 2016 : trans-genre

[critique] S.O.S. Fantômes 2016 : trans-genre

Le projet n'a pas soulevé que de l'enthousiasme, et nombreux étaient déjà les ex-fans prêts à mettre au bûcher les responsables de ce remake qui s'est permis d'inverser les rôles. Certes, Ghostbusters sans les talents conjugués d'Aykroyd, Ramis, Reitman et surtout Bill Murray, ce ne sera jamais vraiment Ghostbusters. Sauf qu'une franchise, pour qu'elle fonctionne dans le temps, doit pouvoir s'affranchir (ha ha) de certains de ses piliers, quitte à se réinventer. C'est le pari tenté par Paul Feig, que Nico, un gars bien de chez nous, et notre ami Yan d'outre-Atlantique ont eu la chance de voir et la gentillesse de commenter.

Titre original

Ghostbusters

Mise en scène 

Paul Feig

Date de sortie au cinéma

10 août 2016 avec Sony Pictures

Date de sortie en DVD

 

Scénario 

Katie Dippold & Paul Feig d’après l’œuvre de Dan Aykroyd, Ivan Reitman & Harold Ramis

Distribution 

Melissa McCarthy, Kristen Wiig, Kate McKinnon, Chris Hemsworth, Charles Dance & Andy Garcia

Photographie

Robert D. Yeoman

Musique

Theodore Shapiro

Support & durée

35 mm en 2.35 :1 / 116 min

 

Synopsis : Erin Gilbert et Abby Yates sont deux écrivains en devenir, qui écrivent un livre expliquant que les fantômes existent. Quelques années plus tard, Erin décroche un prestigieux poste d'enseignante à l'université Columbia. Mais quand son livre refait surface, elle devient la risée de l'académie. Elle recontacte alors Abby et tente de prendre sa revanche lorsque des fantômes attaquent Manhattan.

[critique] S.O.S. Fantômes 2016 : trans-genre

Attendu autant que redouté par les fans de la saga, le Ghostbusters version Paul Feig s’est vu injustement critiqué dès l’annonce de son casting par une horde de trolls misogynes sur les réseaux sociaux, lui attribuant honteusement une réputation de produit cynique et peu respectueux de l’œuvre d’origine. N’en déplaise aux détracteurs, c’est justement son casting exclusivement féminin qui s’avère, comme nous nous y attendions un peu, être la meilleure idée de ce remake reboot aux défauts inhérents au cinéma du réalisateur, mais très sympathique tout de même.

Alors que depuis l’annonce de sa production et du choix de ses acteurs, Ghostbusters version Paul Feig s’est vu plus qu’honteusement critiqué par une horde de trolls misogynes se prétendant fans – sortes de gardiens du temple et du bon goût refusant que l’on touche à leur film « doudou » (merci à ceux qui ont trouvé ce terme) - allant même jusqu’à faire fermer le compte Twitter de l’une des quatre comédiennes principales, Leslie Jones, sur les réseaux sociaux (oui car en plus d’être misogynes, les trolls sont racistes), il apparaît que le résultat final soit aux antipodes du désastre artistique fantasmé par beaucoup. Car n’en déplaise à tous ses détracteurs, Ghostbusters est – toutes proportions gardées - une réussite. Ou du moins, un excellent film de Paul Feig.

Que l’on soit clair, pour que vous puissiez situer notre degré d’enthousiasme : nous avons toujours défendu les films du réalisateur de Bridesmaids tout en leur trouvant un certain nombre de défauts, et nous sommes fans de la saga, notamment de son équipe d’origine. Et bien qu’un troisième film mis en scène par Ivan Reitman ne nous aurait pas dérangé, l’on pense très sincèrement qu’il est tout aussi bien, si ce n’est même carrément plus judicieux, d’avoir voulu revenir sur de nouvelles bases, sans risquer de faire l’épisode de trop (ce qui est un peu le cas, même si on le trouve amusant, de Ghostbusters 2) avec des acteurs vieillissants dans des numéros embarrassants. Ainsi, ce nouveau Ghostbusters n’est pas une suite mais bel et bien un reboot aux faux airs de remake. Ce que les différents caméos de la mythique équipe formée par Sigourney Weaver, Bill Murray, Ernie Hudson, Dan Aykroyd et Annie Potts ne font que confirmer, puisque, et ce n’est pas un spoiler, les acteurs jouent ici d’autres personnages. Ils sont simplement présents pour le petit clin d’œil, tout comme il est fait référence au regretté Harold Ramis (ouvrez bien les yeux au début dans l’université), le film lui étant également dédié (restez bien jusqu’à la fin du générique).

La nouvelle équipe de chasseuses de fantômes composée de Kristen Wiig, Melissa McCarthy, Leslie Jones et Kate McKinnon (ces deux dernières étant de véritables révélations) est absolument géniale, et parvient sans problème à égaler la dynamique et la cohésion de l’ancienne bande. Les seconds rôles ne sont pas en reste, et si Andy Garcia nous aura vraiment fait rire lors d’une scène mémorable où le personnage est comparé à un célèbre maire tout droit sorti d’un autre film culte, c’est surtout Chris Hemsworth qui aura su attirer notre attention en interprétant un personnage encore plus con qu’espéré. Les vannes s’enchaînent, certaines sont hilarantes, d’autres beaucoup moins … En fait, ce Ghostbusters est bien un film de son époque, avec tous les défauts inhérents au cinéma de Paul Feig. C’est drôle, généreux, mais peut-être justement un peu trop généreux, et l’on sent clairement que les dialogues sont quasi constamment improvisés, les actrices en rajoutant parfois des tonnes. Cela fonctionnait dans le premier Ghostbusters, car c’était aussi un peu le cas, mais le montage était bien plus pertinent et ne donnait pas l’impression de s’appesantir sur des impros inutilement longuettes.

Néanmoins, l’introduction est particulièrement réussie, les personnages immédiatement attachants, et quelques idées brillantes ponctuent le long-métrage. On reste en revanche un peu déçus par la troisième partie, clairement la plus flemmarde en termes de scénario. Passons une ellipse un peu dérangeante (même si elle trouve son explication pendant le générique), c’est avant tout sur sa manière de vouloir impérativement coller à son modèle que le film se trompe. On ne va pas spoiler mais il est par exemple complètement idiot de leur donner un nouveau QG à la fin, alors que le restau chinois était un décor idéal. Enfin, si les auteurs semblent avoir énormément de respect pour les épisodes d’Ivan Reitman, ce n’est pas pour autant que le ton de l’œuvre est similaire. La différence est sensible mais notable, et ce Ghostbusters met d’avantage l’accent sur la comédie que son modèle. Cela se ressent surtout dans l’écriture des seconds rôles, plus excentriques, et dans la représentation de l’environnement, New-York étant plus cartoonesque et moins crédible.

A noter une scène qui nous aura bien énervés, car non seulement totalement inutile, mais surtout nonsensique, l’héroïne ne semblant pas spécialement touchée par un acte odieux dont elle a été l’élément déclencheur. Quoiqu’il en soit, le film de Paul Feig réussit son challenge, le divertissement est de grande qualité, et donne surtout envie de retrouver la fine équipe dans une autre aventure.

 

Plutôt amusant !