Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
l'Ecran Miroir

l'Ecran Miroir

Menu
[critique] Paddington : idéal pour les fêtes

[critique] Paddington : idéal pour les fêtes

Quand le producteur d'Harry Potter adapte au cinéma les délirantes aventures de l'ours Paddington, l'un des personnages les plus emblématiques et les plus mignons de la littérature enfantine british, cela donne une très agréable petite comédie familiale idéale pour les fêtes. Et quand en plus le scénario fait preuve d'une étonnante finesse, que la réalisation est inventive et que le casting est aussi génial, cela donne une oeuvre précieuse, aussi drôle que véritablement attachante, au charme irrésistible.

Vous avez sans doute entendu parler de la petite polémique qui entoure la sortie du film en Grande-Bretagne, où la censure voit dans certaines scènes quelques insinuations sexuelles et autres comportements dangereux susceptibles de troubler les plus jeunes et préfère avertir les parents par la mention « contrôle parental souhaité ». Autant le dire de suite, cette censure est totalement ridicule tant le film n'adopte jamais un ton à même d'inciter nos bambins à tenter de reproduire les actions de l'ours gaffeur. Tout ceci est clairement disproportionné, et l'on ne peut que vous conseiller fortement d'emmener vos enfants voir ce qui s'avère être l'un des plus beaux films tous publics sortis depuis longtemps.

Nous étions relativement sceptiques sur la qualité et la pertinence d'une telle adaptation - la bande annonce étant particulièrement peu attirante - mais après avoir vu le métrage on peut affirmer qu'il s'agit d'une très belle surprise. Le film familial qui dans son genre pourrait même devenir un véritable classique. Car contrairement à ce que l'on aurait pu imaginer suite à ce trailer, non Paddington n'est pas un film vulgaire tentant vainement de surfer sur la popularité d'un personnage emblématique, c'est même plutôt une oeuvre fidèle et respectueuse de son matériau d'origine (intouchable pour les Anglais), avec un scénario faisant preuve d'une étonnante finesse et d'une modernité remarquable. Il est vrai que la conférence de presse à laquelle nous avions été conviés avait de quoi rassurer un tant soit peu quant aux intentions de l'équipe du film mais l'on peut donc confirmer les dires de Guillaume Gallienne et Hugh Bonneville, Paddington est un projet qui respire la sincérité et mérite vraiment de retenir toute votre attention. Idéal pour les fêtes, cette comédie saura satisfaire toute la famille tant elle joue habilement sur plusieurs registres, à la fois drôle, tendre et poétique. Les enfants seront ravis devant les nombreuses gaffes de cet ours maladroit, les parents apprécieront cet humour so british très second degré. Cependant l'exploit du film tient avant tout à l'attachement que l'on peut avoir pour son personnage principal. Le petit ours est irrésistible, naïf mais pas niais, et sa personnalité est telle que l'on n'a jamais la sensation de voir une créature numérique mais bien un personnage réel. De fait, l'on n'éprouve aucune difficulté à croire en cette histoire, quand bien même celle-ci se déroule dans un univers qui tient totalement du conte pour enfants. Le Londres de Paddington est un Londres un peu fantasmé, coloré et folklorique, tout droit issu d'une fable, mais pourtant très crédible et cohérent avec ce scénario composé d'une succession de vignettes (ou chapitres) pendant lesquelles Paddington va apprendre à se construire (aussi bien psychologiquement que physiquement puisqu'il gagnera littéralement son nom et son mythique Duffle coat pendant ces petites séquences). Chacune de ces étapes va forger le caractère de l'ours, qui, grâce à cette expérience, aura à la fin réussi à se faire une place chez les Brown, la famille qui l'a recueilli, et enfin trouver son fameux « home », son foyer.

Vous l'aurez compris, Paddington est avant tout une histoire de tolérance, où chaque personnage va devoir apprendre à accepter l'autre, quel que soit son bagage (comme celui que traîne l'ours donc…). Très intelligemment la morale n'est jamais lourde ni envahissante, et elle s'inscrit parfaitement dans un récit qui, s'il ne renie jamais son aspect old school, s'avère étonnamment et résolument contemporain avec ses thématiques actuelles (la peur engendrée par les préjugés par exemple). On pourra également noter que la mise en scène est très inspirée, bourrée d'idées et de trouvailles aussi bien visuelles que narratives. Mention très bien pour la direction artistique qui reprend habilement les dessins de Peggy Fortnum qui ont contribué au succès des livres de Michael Bond. A cela s'ajoutent des effets spéciaux impeccables et un casting génial, composé entre autres de Hugh Bonneville (Notting Hill), Sally Hawkins (Godzilla), Nicole Kidman, Jim Broadbent (Moulin Rouge!, Le Journal De Bridget Jones), Ben Whishaw (Skyfall, Cloud Atlas), et de trois acteurs que l'on avait pu notamment retrouver dans la saga du jeune sorcier à Lunettes : Michael Gambon, Julie Walters et Imelda Staunton. Ne manque plus que Bill Nighy !

Guillaume Gallienne qui double l'ours dans sa version française est une fois de plus lui aussi très bon dans l'exercice, comme il avait pu l'être dans Mr Peabody & Sherman Les Voyages Dans Le Temps, apportant une certaine délicatesse au personnage. Aussi drôle qu'attachant, Paddington est une oeuvre précieuse, très raffinée, au charme irrésistible.

 

 

 

Titre original

Paddington

Mise en scène 

Paul King

Date de sortie

03/12/14 avec StudioCanal

Scénario 

Paul King  d'après Michael Bond

Distribution 

Guillaume Gallienne, Ben Whishaw, Hugh Bonneville, Sally Hawkins, Michael Gambon, Imelda Staunton, Nicole Kidman, Jim Broadbent & Julie Walters

Photographie

Erik Wilson

Musique

Nick Urata

Support & durée

35 mm / 95 minutes

 

Synopsis : Paddington raconte l'histoire d'un jeune ours péruvien fraîchement débarqué à Londres, à la recherche d'un foyer et d'une vie meilleure. Il réalise vite que la ville de ses rêves n'est pas aussi accueillante qu'il croyait. Par chance, il rencontre la famille Brown et en devient peu à peu un membre à part entière.

 

 

[critique] Paddington : idéal pour les fêtes