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A god, somewhere : trop humain pour être un dieu

A god, somewhere : trop humain pour être un dieu

Résumé : Eric et Hugh sont frères et s’adorent, même si la ferveur chrétienne du premier se heurte parfois au pragmatisme du second. Hugh a réussi dans la vie, il a une femme merveilleuse que lui envie Sam, le meilleur ami d’Eric. Un soir, une explosion sème la panique dans le quartier où réside ce dernier : il est le seul survivant et a acquis des pouvoirs dépassant l’entendement. Choisissant d’abord de les mettre au service des hommes, il finit par s’isoler, avant de commettre l’irréparable…

A god, somewhere : trop humain pour être un dieu

Quoi que l’on soit, quoi que l’on fasse, quoi qu’il arrive, on n’est qu’un personnage de plus dans l’histoire d’un autre.

Ca n’est pas du Warren Ellis.

Pourtant, à lire le pitch, on croirait à une suite de la trilogie consacrée par l’auteur au statut même de super-héros, ce demi-dieu dont l’humanité se remet en question selon qu’il accepte ses pouvoirs ou pas. Avec un questionnement plus proche de Supergod que de No hero, Arcudi nous invite à une réflexion dont il a expurgé la plupart des préoccupations éthiques et politiques chères à Ellis : ici, c’est le facteur humain qui est prépondérant, et il insiste là-dessus dès les premiers mots, en choisissant de raconter l’avènement de ce héros hors du commun par le biais de son meilleur ami.

A god, somewhere : trop humain pour être un dieu

Ce pourrait être un récit de grandeur et décadence, sans autre morale que celle de la légende d’Icare, mais c’est autre chose. Et c’est davantage. Eric devient d’abord un super-héros, et son penchant pour les causes chrétiennes le pousse à sauver son prochain. Mais il est de plus en plus gêné pour en parler avec son frère et surtout avec son ami qui, s’il ne le comprend pas, profite d’abord de sa notoriété soudaine. Car les pouvoirs incommensurables d'Eric ne font pas seulement de lui un héros, mais le mettent à part dans l’échelle humaine : ses pensées, ses envies, ses pulsions répondent à des stimuli incompréhensibles.

Vaguement amusé par les mouvements populaires en sa faveur, il l’est nettement moins lorsque les politiques lui demandent de s’engager officiellement à leurs côtés. Et ce qui devait arriver arrivera forcément, au point que, suite à un acte aussi odieux qu’inexplicable, il passe du statut de dieu sur Terre à celui d’ennemi numéro un de la race humaine. Un ennemi qu’aucune force terrestre ne peut abattre…

A god, somewhere : trop humain pour être un dieu

Refusant la dramatisation à outrance ou le spectaculaire, privilégiant des dialogues parfois poignants où l’incompréhension des proches reflète parfaitement l’état d’esprit d’un être qui ne parvient même pas à se définir, Arcudi parvient à mener sa barque avec intelligence et sensibilité. On pourra lui reprocher une fin un peu attendue, mais finalement d’une implacable logique, très marvellienne. Quant aux illustrations aux traits un peu grossiers, elles arrivent à mettre en valeur les expressions diverses sur les visages des protagonistes, l’encrage n’hésitant pas à en rajouter sur le sang (la puissance d’Eric est telle qu’il balaie une armée d’un revers de main).

 

A god, somewhere : trop humain pour être un dieu

Une excellente variation sur le thème.

A god, somewhere : trop humain pour être un dieu

Titre original

A god somewhere

Auteur

John Arcudi

Dessins

Peter Snejberg

Couverture

Peter Snejberg

Format

17 x 26 cm

Édition

Panini comics

Série

 

Collection

 

Édition originale

Wildstorm 2010

Traduction

Françoise Effosse-Roche

Nombre de pages

200

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