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la Vie, l'Amour, les Vaches

la Vie, l'Amour, les Vaches

RÉSUMÉ : Mitch, Phil et Ed sont trois amis proches de la quarantaine, chacun traversant une crise existentielle. Après une escapade mouvementée à Pampelune pour les fêtes de San Fermin, Mitch rentre à New York avec un sentiment d’ennui profond et de vide grandissant. Lors d’une soirée d’anniversaire, Phil et Ed lui présentent une brochure pour une aventure insolite : une expédition de deux semaines pour convoyer un troupeau de vaches du Nouveau-Mexique jusqu’au Colorado. Sur place, ils rencontrent Curly, un cow-boy rude et taiseux qui bouleversera leurs vies…

la Vie, l'Amour, les Vaches

Les cinéphiles se souviennent sans doute de ce moment surréaliste d’une cérémonie des Oscars lorsque l’immense Jack Palance, légende des westerns, est venu recevoir son prix d’interprétation (de Meilleur Acteur dans un second rôle) et s’est empressé de faire des pompes sur un bras (une scène reprise d’un de ses films de jeunesse) en smoking. C’était en 1992, et Billy Crystal animait cette soirée – le même Billy Crystal qui, lorsqu’il imagina ce projet de scénario, a immédiatement eu en tête cet acteur mythique (à sept ans, lorsque Billie Holliday l’emmena au cinéma pour la première fois, c’était pour un film avec Palance).

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Bien qu’il ne soit pas mentionné aux crédits du scénario, attribué à Ganz & Mandel qui ne sont pas des manchots (Oscar du meilleur script pour l’adorable Splash et auteurs entre autres du très intéressant Mes doubles, ma femme & moi), le métrage doit beaucoup à l’acteur de Quand Harry rencontre Sally (décidément, beaucoup de titres à rallonge) qui en occupe non seulement la tête d’affiche mais se trouve également au rang des producteurs. Le titre original donne le ton (il s’agit d’ailleurs d’une réplique du film, mi-moqueuse, mi-désabusée traduisant le regard d’un rancher sur ces quadras de la ville venus trouver des sensations fortes pendant leurs vacances), cependant on peut trouver une certaine pertinence au choix des distributeurs français pour leur version teintée d’ironie et de nostalgie.

Il s’agit avant tout d’une comédie, bénéficiant pour l’essentiel de l’abattage de son acteur vedette mais qui s’inscrit dans une démarche pour le moins originale : l’un des bonus présents dans l’opulente édition Bubbel Pop sortie le 26 octobre 2025, un documentaire de 10 minutes par Jacques Demange, se montre à ce sujet très clair – car loin de la profusion d’effets spéciaux, d’action et de numérique de cette décennie cinématographique, City Slickers s’évertue d’abord à filmer des mecs banals, minés par le spleen, dans des décors naturels exceptionnels. Les gags ne sont pas toujours du meilleur goût et de l’eau est passée sous les ponts depuis, mais les répliques fusent et le montage tente de rester au niveau de la dynamique imposée par les comédiens qui s’en donnent à cœur joie.

la Vie, l'Amour, les Vaches

Mitch vient d’avoir 39 ans et sa femme lui fait comprendre qu’il lui faut retrouver un sens à sa vie : les sorties avec les potes ne l’amusent plus, son boulot de chef de la pub dans une radio locale ne le motive plus, et ses enfants semblent le déconsidérer. Alors peut-être que cette énième idée tordue (après la feria de Pampelune) de mener une vie de cowboy pendant deux semaines pourrait lui redonner le sourire qu’il a perdu en chemin. Mais il ne s’agit pas de vivre dans un ranch : il leur faudra mener un troupeau du Nouveau-Mexique au Colorado à travers les vastes plaines, les forêts, les montagnes et les rivières. Et d’abord, apprendre à monter et à jouer du lasso comme un vrai, et surtout comme Curly, ce stéréotype du héros sans peur et sans reproche, au chapeau vissé sur la tête et à la peau tannée par le soleil.

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C’est là que le film démarre vraiment, avec les inévitables séances d’apprentissage, le regard condescendant des gens du cru envers ces « city slickers » et les répliques déroutantes d’un Billy Crystal qui paie de sa personne (allant jusqu’à aider une vache à mettre bas dans une séquence qu’il affirme être sa préférée de toute sa carrière). Sa relation avec Palance/Curly, faite de méfiance et de respect confère à l’ensemble une touche d’humanité bienvenue, épiçant les inévitables gags bien ponctués par une musique aux accents des Sept Mercenaires. D’ailleurs, les références vont bon train : on cite carrément des passages de la Rivière rouge (Howard Hawks 1948), on fredonne le générique de Rawhide (la série avec un jeune Clint Eastwood) ou de Bonanza et on n’oublie jamais de faire des plans larges sur les horizons lointains, les formations rocheuses et les personnages en ombres chinoises se découpant sur le soleil couchant.

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Dans cette quête de sens de nos trois quadras dans laquelle viennent se fourrer deux dentistes (un père et son fils), les avatars de Ben & Jerry (oui, vous avez bien lu, les rois de la crème glacée) et une femme à qui sa copine a posé un lapin, la nostalgie d’une époque révolue où l’homme, la terre et les bêtes formaient un tout indissociable vient tempérer les plaisanteries pas toujours finaudes et quelques rares scènes dramatiques un peu forcées. À l’heure d’un nouveau revival illustré par le succès polémique de la série Yellowstone, la ressortie du film peut trouver un écho favorable et pas seulement chez les vieux cinéphiles : sans être un tâcheron, Ron Underwood est un artisan honnête qui applique le cahier des charges à la lettre, entre très gros plans sur le visage de Palance (et sa cigarette inexplicablement collée aux lèvres) et plans d’ensemble ludiques – et il faut reconnaître que la séquence de la traversée de la rivière, sous la pluie, avec le sauvetage de Norman (je vous laisse deviner qui est ce personnage-clef), est une incontestable réussite, au point qu’elle éclipse un peu le reste.

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C’est pour cela qu’on peut regretter un rythme faiblard avec un montage qui peine à suivre, mais les paysages, la verve de Crystal, la silhouette de Palance haussent le tout vers le haut, d’autant que la copie HD est vraiment de toute beauté (le ciel bleu est somptueux) et la piste 5,1 en VO jouit d’un remarquable équilibre, même si on peut chipoter sur une musique un peu trop présente (certaines paroles sont parfois peu discernables). Les suppléments de la version de base sont déjà très intéressants et sauront vous replacer l’œuvre dans son époque, mais l’édition spéciale FNAC propose en outre quelques goodies qui ne déplairont sans doute pas aux collectionneurs. Yee-haw !

Titre original

City Slickers

Date de sortie en salles

4 septembre 1991 avec Columbia Pictures

Date de sortie en vidéo

2 juillet 2003 avec Fox Pathé Europa

Réalisation

Ron Underwood

Distribution

Billy Crystal, Daniel Stern, Bruno Kirby & Jack Palance

Scénario

Lowell Ganz & Babaloo Mandel

Photographie

Dean Semler

Musique

Marc Shaiman

Support & durée

Blu-ray Bubbel Pop 2025 en 1,85 :1 /112 min

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