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l'Ecran Miroir

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Dirty Dancing : Bébé & le Bôgosse

Dirty Dancing : Bébé & le Bôgosse

Dirty Dancing : Bébé & le Bôgosse

Aujourd'hui est un grand jour. Aujourd'hui l’Ecran-Miroir pourra se targuer de compter parmi ses nombreuses critiques et discussions, un article sur un film immensément culte, totalement ambitieux et irrémédiablement couillon. 

 

Rappelez-vous : les années 80, la gameboy, les films "Mennen, pour nous les hommes" (y a-t-il besoin de les citer ? Top Gun par exemple), les actioners bien bourrins aux gros bras huilés (Cobra, Rambo, Predator, Aliens...), les délires d'un Carpenter en grande forme (Big Trouble in little China...), les comédies franchouillardes (On se calme et on boit frais à Saint-Tropez) et... Dirty Dancing

Eh oui, je rappelle que Twilight n'est sorti qu’en 2009. Il fallait bien que le public adolescent féminin ait quelque chose pour compenser la déferlante de Tony Scott qui s'abattait sur les écrans à cette période-là. 

 

Et Dirty Dancing, donc, il faut en parler. [NDLR. Pour ne pas paraître stupide quand on drague.]

Alors bon, pour moi, il y a quatre gros films pour représenter le genre "musical" : Flashdance (avec ses nanas soudeuses qui mettent trop d'acétylène dans leur mélange - cf. the Full Monty), Fame (je ne me souviens que de la série télé mais on va dire que ça suffit pour se représenter le truc), Grease (alors là, je dois dire que l'ayant revu récemment ça a vieilli, mais bon les musiques sont pas trop mal) et donc Dirty Dancing

 

J'ai souvent parlé de la notion de contexte pour regarder et critiquer une œuvre. Et bien là, c'est très, très simple : il est passé à la télé - y a rien d'autre à se mettre sous la dent - bingo ! on regarde ça. 

Donc faut pas s'attendre à une quelconque critique du support : la compression assez calamiteuse de l'image sur la TNT n'a pas besoin de longues argumentations. 

Mais là, curieusement, on ne peut absolument pas se relancer dans un débat sur le respect et l'intégrité d'une œuvre : Dirty Dancing se regarde dans n'importe quelle condition (si, si, je vous jure !).

 

Avant tout, que les choses soient claires : ce n'est pas un nanar. C'est un film "générationnel". Culte. 

A la manière d'un... j'ose le rapprochement ou pas ?... à la manière d'un Starship Troopers donc, le film peut se regarder sous des tas et des tas de niveaux de lecture. 

Et c'est en cela que je le trouve ambitieux : il parle de sujets assez "graves" en totale opposition avec l'idée que l'on peut se faire d'un film musical des années 80. 

Très féministe, il aborde la question de l'avortement mais aussi des sujets tels que l'engagement, la liberté, et les valeurs familiales. Mais bon, on peut tout simplement le voir comme une comédie existentielle et métaphysique. 

 

Vous vous rappelez de ce dialogue dans Zoolander comme quoi "Ce top model, c'est de la musique pour les yeux" ? Et bien Dirty Dancing, on peut dire que c'est de la peinture pour les oreilles. 

 

TOUS les dialogues, mais vraiment, absolument tous les dialogues frôlent le génie. Non mais vraiment ! Je ne peux pas résister à écrire un medley (ou plutôt un pot-pourri serait plus adapté) : 

 

"- C'était le plein été 1963, tout le monde à cette époque m'appelait Bébé, et ça m'amusait ..."

 

Mais What The Fuck ? Comment peut-on commencer un film sur un dialogue aussi tarte ? D'autant plus que la nana raconte l'histoire en voix over, genre elle est vieille, alors qu'elle a encore cette voix de gamine. 

Mais attention, accrochez-vous bien car ce n'est pas tout... 

Directement après ça donne un truc du style : 

"C'était avant l'assassinat du président Kennedy, avant l'avènement des Beatles, j'étais une fan du mouvement pour la paix, et mon père était l'homme le plus formidable du monde..."

On ne dirait pas comme ça, mais tout ça dans la même phrase, quand on l'entend, c'est juste énorme. 

 

Un peu plus tard (genre 1 minute et quelques, quoi), la sœur de Bébé se plaint de pas avoir pris ses chaussures roses pour leurs vacances. Le père, très moralisateur lui répond : "Il y a des choses beaucoup plus importantes que les chaussures dans le monde : les pays sous-développés ou la bombe atomique par exemple". 

Vous avez compris, dans chaque ligne de dialogue, on retrouve le côté futile et le côté politique. La classe totale en quelque sorte. 

 

Bon allez encore quelques-uns pour la route, mais franchement, faut lire le script à ce niveau-là. 

 

Le père de Bébé à Johnny Castel (Patrick Swayze, R.I.P.) : "- Tu n'es qu'un séducteur de Prisunic". 

 

La sœur de Bébé à Bébé : "Tu es belle à ta manière". 

 

Mais le top du top, la quintessence, vient d'un dialogue devenu quasi religieux pour les fans du monde entier : 

Bébé à Johnny : 

- "Toute ma vie est un labyrinthe, je fais toujours des hauts et des bas ! Tiens, le mois dernier je bouffais des nouilles pour m’en sortir et demain des femmes rempliront mes poches avec des diamants ! Aujourd’hui je suis l’idole de tout le monde et demain je serai un moins que rien !

- Non, tu n’as pas besoin de courir le monde après ton destin comme un cheval sauvage !"  

 

Il faut dire que le doublage français est pour beaucoup dans cette réussite. C'est dingue comme à l'époque les doubleurs pouvaient être convaincants (et convaincus). Je ne plaisante pas, ils sont excellents. Beaucoup de doublages français mythiques proviennent de films des 80's. 

 

Bon il n'y a pas que les merveilleux dialogues qui font de ce film un grand film du genre. Il y a aussi l'histoire. Ben oui. Des fois la simplicité confère à l'objet filmique une sorte de statut intouchable. Beaucoup de grands films sont bourrés de clichés, mais ces clichés sont transcendés par la qualité globale de l'œuvre. 

Et bien ici, on peut dire que c'est la célébration du cliché. En gros : fille un peu campagnarde, intelligente, qui veut sauver le monde, pas très bien dans sa peau. Mec rebelle, ultra populaire, qui est un peu-bougon-sur-les-bords-mais-tu-vas-voir-qu'en-fait-j'ai-un-grand-coeur-en-plus-d'être-un-peu-poète-incompris. La figure du père, paternaliste donc aha, qui aime sa fifille mais qui refuse de la voir grandir (et ça y va à coup de "Tu ne reverras plus ce garçon, je te l'interdis (ah merde ! C'est dans Titanic ça aussi...)"). La bande de copains bien concon qui donnent pleins de conseils, sauf les bons, évidemment. 

Et le bal de la fin (ou presque quoi). 

 

Ah, j'oubliais également la fameuse séquence de l'entraînement. Au début la nana a deux pieds gauches, et Johnny va lui apprendre à s'en servir. De magnifiques plans d'entraînement, où l'on ne peut qu'affirmer que décidément, Johnny Castel est le Yoda de la Salsa. 

Ils s'entraînent en forêt sur un vieux tronc d'arbre moisi, dans un lac dans lequel j'aurais jamais mis un orteil tellement j'aurais peur de me chopper le ténia, et même dans la chambre déserte (à part une chaise et un futon) de Johnny (ben oui ça fait "j'ai pas d'attaches, chui un romantique, poête moaaaaaaaaa"). 

J'ai vachement pensé au film Ballroom Dancing de Baz Luhrman en fait. Je ne sais pas lequel est sorti avant. A noter que ces deux films proposent dans leur BO le mot "Time" dans leur chanson titre. Bon excepté ça, la mise en scène de Lurhman est quand même plus inspirée, à coup de "je te filme un panneau géant de Coca Cola". 

Dirty Dancing est très sage côté réalisation. Ca fait figé. Le côté carte postale du bled paumé dans la côte Ouest des US quoi. Ca me rappelle les vieux Disney comme les "Dingo" ou Donald & les ours.

 

Au final, c'est vraiment un film à voir. Les acteurs dansent très bien, il faut le leur accorder. Il faut juste le regarder un peu amusé, et je vous assure que vous passerez un moment vraiment, vraiment inoubliable. 

Vive Dirty Dancing et, au fait, faut vraiment que je vous explique pourquoi j'adoooooooooooooore George de la jungle.  

Dirty Dancing : Bébé & le Bôgosse

 

Titre original

Dirty Dancing

Mise en scène 

Emile Ardolino

Date de sortie au cinéma

26 décembre 1987 avec Splendor Films

Date de sortie en DVD

17 septembre 2002 avec Metropolitan

Scénario 

Eleanor Bergstein

Distribution 

Jennifer Grey, Patrick Swayze, Jerry Orbach & Jack Weston

Photographie

Stephen J. Lineweavre & Jeff Jur

Musique

John Morris

Support & durée

Blu-ray Metropolitan (2009) region B en 1.85 :1/100 min

 

Synopsis : Dans les années soixante, Bébé passe des vacances familiales monotones jusqu'au jour où elle découvre qu'un groupe d'animateurs du village estival forment un groupe de danse. Pour la jeune fille sage, c'est le début de l'émancipation grâce au "dirty dancing", cette danse ultra-sensuelle, et la rencontre avec Johnny Castel, le professeur de danse.

l'Avis de Jennifer

 

C’était le film culte des années 80 pour certaines jeunes filles en fleur dont ma sœur et moi faisions partie. Nous avons dû le voir une bonne vingtaine de fois, à force nous faisions les dialogues et oui nous rêvions d’être à la place de « bébé ». Quelle aventure !

Laissons cela au passé, de bons souvenirs mais toujours autant de plaisir à visionner ce film, ne serait-ce que pour la BO absolument inoubliable. L’achat [NDLR : le cadeau, plutôt !] du Blu-Ray était alors une évidence pour mettre davantage la musique en valeur.

 

L’image est de meilleure qualité que sur le DVD mais le fossé n’est pas très grand surtout pour les arrière-plans. Le son par contre est meilleur mais là aussi, on a connu mieux sur d’autres films. Pas de quoi fouetter un chat (je déteste cette expression de toute façon), mais je compte vous allécher peut-être avec les suppléments qui sont intéressants.

 

Les scènes coupées offraient plus d’explications. On comprend mieux pourquoi le père de Bébé met tout de suite une distance avec les danseurs et la compétition qui sévit entre les deux sœurs. On apprend aussi que l’actrice jouant la mère n’était au départ pas celle qu’on voit mais une autre dame blonde qui malheureusement est tombée malade dès les premières semaines de tournage. Elle a donc été remplacée par la mère que nous connaissons tous, qui avait été choisie pour un autre rôle.

Il y a aussi une séance de répétition pour le théâtre Sheldrake avec une énorme affiche qui rappelle à Bébé qu’elle ne doit démarrer qu’au deuxième temps. Si l’immense affiche fait sourire, il est cependant dommage d’y découvrir certains pas du spectacle. Je préfère l’effet de surprise.

On y aperçoit enfin les adieux entre Penny et Johnny qui manquaient quand même, leurs liens étant si proches. Penny est prête à suivre Johnny où qu’il aille mais celui-ci l’encourage à garder son job.

 

Les interviews des deux héros sont sympas aussi.

Jennifer Grey est méconnaissable, chirurgie ? Attention, elle est toujours mignonne mais on ne lui reconnaît que son regard et son sourire. Elle avait postulé pour Flashdance, avait passé pas mal d’auditions mais finalement n’avait pas été retenue. Après cette terrible déception, elle passe une audition dansée pour Dirty Dancing où elle improvise totalement sur une musique des Jackson Five. Elle fait ensuite des essais avec des partenaires masculins dont Billy Zane mais c’est finalement avec Patrick Swayze que l’osmose se crée. Ils s’étaient déjà rencontrés sur le tournage de l’Aube rouge. On voit d’ailleurs des extraits de leurs essais à deux et c’est franchement bluffant. On a l’impression qu’ils ont toujours dansé ensemble. Patrick va même jusqu’à dire que c’est une des meilleures danseuses qu’il connaisse après sa femme. Elle nous apprend aussi que le lac dans lequel ils répètent le porté était réellement gelé et qu’elle ne referait jamais une telle expérience. Les danseurs répétaient tous les soirs les chorégraphies, les perfectionnaient, il y a eu d’ailleurs pas mal d’improvisations. Pour finir, elle a eu un gros doute après le tournage du film, car la productrice au visionnage hochait la tête en signe de dépit. Elle se résignait déjà et s’attendait à un bide. Ce n’est qu’après la sortie du film, lorsqu’une grande page d’hebdomadaire la mettait en lumière avec Patrick qu’elle fut rassurée.

Patrick Swayze commente davantage le film et les danses. Fils de chorégraphe, il a fait de la danse classique. Cela l’a d’ailleurs parfois pénalisé, le chorégraphe le freinait car il avait tendance à faire trop de sauts lors de ses improvisations. Il nous explique comment il a écrit la chanson de la BO She’s like the wind et nous joue même un extrait à la guitare sèche. Il vante les qualités de Jennifer Grey, du chorégraphe, du choix des musiques, des danseurs, bref il met en avant un travail d’équipe indéniable.

Par contre, nous avons regardé le film en VO pour une fois et là quelle hécatombe ! Il manquait toutes les phrases cultes et certes un peu cucul, mais bon, elles font partie intégrante du film ! C’est à se demander ce qu’avaient bu les traducteurs car c’est loin d’être ce qui est véritablement dit. Voilà ce qui est différent de façon suffisamment flagrante pour éveiller mon attention (peut-être en trouverez-vous encore d’autres) :

« L’homme est un loup pour l’homme et surtout pour la femme. » (c’est celle qui manque le plus, ça rendait encore plus crétin le p’tit con…)

« Tu n’as pas à courir après ton destin comme un cheval sauvage. » (Ils ont bien fait ?)

« J’ai égratigné le héros. »

Le vrai prénom de Bébé est « Frances comme la première femme du gouvernement. » Et Johnny répond : « pour moi c’est celui d’une adulte. » (là on admettra que la version française est nettement plus romantique avec « Frédérique, pour moi c’est le nom d’une vraie femme. »)

Quand Bébé va rejoindre Johnny, elle ne va pas « manger une gaufre » mais « va jouer aux charades » (un brin puéril non ?)

Elle ne dit pas à son père en pleurant : « toi aussi tu m’as déçue » mais « toi aussi tu m’as laissée tomber. » (kif kif)

La sœur, qui en a marre de la pluie, ne va pas « à la chasse aux escargots. » Elle dit simplement « qu’elle ne passera pas sa lune de miel aux chutes du Niagara. » (quand je vous dis que les traducteurs n’avaient pas toute leur tête !).