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l'Ecran Miroir

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[critique] Total Recall, mémoires programmées : remake à refaire

[critique] Total Recall, mémoires programmées : remake à refaire

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Le producteur Toby Jaffe expliquait dans une interview que l’idée lui était venue qu’il pensait pouvoir créer un film fondé sur la même nouvelle de Philip K. Dick (We can remember it for you wholesale/Souvenirs à vendre) entièrement différent de la version proposée par Paul Verhoeven qui reposait essentiellement sur la présence musclée d’Arnold Schwarzenegger et le sex-appeal de Sharon Stone. Il s’est adjoint pour cela les services du duo Wiseman/Tatopoulos, les deux compères à l’origine de la saga Underworld, avec pour charge d’engendrer un univers distinct. Le savoir-faire de ces derniers et un budget conséquent nous proposent ainsi des vues saisissantes sur le monde de demain dans lequel ne subsistent sur Terre que deux territoires habitables (après une guerre chimique), à savoir une Fédération britannique et la Colonie australienne, et une voie singulière pour que les ouvriers de celle-ci aillent travailler dans les usines de celle-là : la Chute, un passage express à travers la croûte terrestre et à proximité du noyau.

Ainsi, le rendu de ces deux pays au climat et au niveau social antagonistes, était-il particulièrement soigné. Aux antipodes d’une Colonie surpeuplée, à l’architecture chaotique, aux ruelles constamment inondées par une pluie continue et vaguement éclairées par des myriades d’enseignes au néon en idéogrammes se trouve la cité londonienne dont les différentes strates de circulation préservent le style des bâtiments antiques côtoyant les tours de verre élancées. Blade Runner d’un côté, Minority report de l’autre, deux films également inspirés de l’univers de Dick, dans lesquels le réalisateur s’était déjà profondément investi tant sur l’aspect graphique que sur le caractère vraisemblable de la technologie.

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Mais Wiseman n’est ni Spielberg, ni Scott, et sa version de Total Recall n’a rien de révolutionnaire, voire même d’original, tant dans le traitement que dans les développements. En dehors de l’éblouissement réel provoqué par les plans sur ces deux métropoles futuristes, il n’y a pas grand-chose d’intéressant dans cet opus. La trame est strictement la même, seuls quelques personnages secondaires sont modifiés. Pire : là où Verhoeven jouait avec un certain cynisme sur les réalités illusoires liées aux souvenirs (implantés ou non), au point que Quaid était constamment ballotté entre ses personnalités à chaque (fausse) preuve apportée par un tiers, Wiseman se contente de nous délivrer le parcours d’un homme qui apprend qu’il en est un autre – et ce ne sont pas les mimiques et bouches bées d’un Colin Farrell pourtant potentiellement intriguant dans ce rôle qui changeront la donne ; découvrant tel Jason Bourne qu’il est un as du combat (alors qu’il est censé travailler à la chaîne de montage de policiers synthétiques), il prendra fait et cause pour sa mission avortée (sauver le monde de l’emprise d’un Cohaagen trop ambitieux).

Au menu, bagarres, fusillades et courses poursuites un brin loufoques qui, toutes, reprennent systématiquement un élément du précédent film. Ni surprise donc, ni suspense. Kate Beckinsale est toujours un ravissement pour les yeux : elle se transforme ici, malgré un maquillage un peu trop poupée Barbie, en flic acharné et implacable et, oui messieurs, on aura bien droit au crêpage de chignons en règle avec Jessica Biel. Et si Cranston est étonnamment convainquant dans la peau de ce gouverneur dictatorial, on regrettera que l’ineffable Bill Nighy apparaisse si peu (mais c’est déjà beaucoup). J’aurais aussi souhaité qu’ils conservent le segment d’Ethan Hawke, coupé au montage.

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Bref, très déçu par ce remake qui n’a jamais su focaliser l’attention ailleurs que sur les très beaux décors, ou les silhouettes de ses actrices féminines. Sans l’existence de l’opus de Verhoeven, le film aurait été une série B honnête : son statut de remake exigeait un autre investissement qu’un simple lifting de surface.

 

Ma note (sur 5) :

1,5

Note moyenne au Palmarès (juillet 2012) :

2,75

 

A lire aussi dans le Palmarès : 


Total Recall

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Mise en scène 

Len Wiseman

Genre 

Action SF, remake

Production 

Original Films & Rekall Productions, distribué en France par Sony Pictures

Date de sortie France 

15 août 2012

Scénario 

Kurt Wimmer & Mark Bomback d’après le film de Paul Verhoeven inspiré de Philip K. Dick

Distribution 

Colin Farrel, Kate Beckinsale, Jessica Biel & Bill Nighy

Durée 

121 min

Musique

Harry Gregson-Williams

Support 

HDDC

Image 

2.35:1 ; 16/9

Son 

VF DD 5.1

 

 

Synopsis Modeste ouvrier, Douglas Quaid rêve de s’évader de sa vie frustrante. L’implantation de souvenirs que propose la société Rekall lui paraît l’échappatoire idéale. S’offrir des souvenirs d’agent secret serait parfait… Mais lorsque la procédure d’implantation tourne mal, Quaid se retrouve traqué par la police. Il ne peut plus faire confiance à personne, sauf peut-être à une inconnue qui travaille pour une mystérieuse résistance clandestine. Très vite, la frontière entre l’imagination et la réalité se brouille. Qui est réellement Quaid, et quel est son destin ?