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l'Ecran Miroir

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[critique] Expendables 2 : le premier, mais en mieux

[critique] Expendables 2 : le premier, mais en mieux

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Tout comme pendant l'été 2010, Expendables 2 s'est vu offrir l'une des avant-premières les plus inoubliables à laquelle nous avons pu une nouvelle fois encore assister. Ce n'est pas tous les jours que Sylvester Stallone, Jason Statham, Dolph Lundgren, Arnold « Gouvernator » Schwarzenegger et Jean-Claude Vandamme font le déplacement au Grand Rex pour venir saluer leurs nombreux fans. Et donc, une fois de plus, l'ambiance était au rendez-vous. Un mélange de cris, de rires, de sueur, qui valait vraiment le déplacement.

Voir ce film dans ces conditions est une expérience vraiment extraordinaire : près de 3000 spectateurs transformant une salle de cinéma en chaudron bouillonnant, explosant à chaque apparition d’une des stars attendues, chaque geste, accolade ou clin d’œil, chaque blague ou remerciements. Et que dire des réactions épidermiques durant la projection : les actes de bravoure salués par des acclamations, les private jokes déclenchant un tonnerre de rires et les détonations faisant se lever la foule.

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J'étais déjà bien convaincu par le premier film, qui avait su me donner tout ce que j'attendais d'un gros actioner bien bourrin. Je me répète mais je n'ai jamais été fan des films de Sly des années 80 et c'est peut-être pour cette raison que je n'avais pas été déçu. Certaines critiques reprochaient au film un manque d'action, un montage trop cut, et des acteurs pas assez bien mis en valeur. Avec cette suite, il semble que le nouveau metteur en scène Simon West (le gars responsable des Ailes de l’enfer et de Lara Croft : Tomb Raider) ait compris ce que le public attendait, et bien respecté le cahier des charges imposé par Stallone : moins de blablas, plus d'action et mieux montée. 

 

Car si vous trouviez que le scénario du premier était déjà très mince, vous allez rire en découvrant celui du 2. C'est simple, le film n'est constitué que d'énormes scènes d'action, très légèrement coupées par deux ou trois séquences de dialogues. Ces derniers ont également été repensés par rapport à l’épisode 1 : on y sent plus de distance, et plus d’ironie. Au moment où les (rares) séquences émotion commencent à s’appesantir, où l’on sent poindre l’ennui, tout redémarre d’un claquement de doigts, d’une réplique bien sentie. Un tempo millimétré qui sait faire rebondir la tension à l’instant prévu, quitte à utiliser des ficelles plus grosses que les biceps d’Arnold.

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Et ça va très, très vite, au point que, lorsqu'arrive l'ultime combat, l'on se surprenne à se demander depuis combien de temps le film a démarré. Ce n'est pas vraiment pour son histoire que l'on est venu de toute façon : on veut du spectacle jouissif et qui fait dans le ridiculement outrancier, et c'est ce que l'on a. Avec Expendables 2, on n'est pas trompés sur la marchandise. Les acteurs font du fan service, et le font bien. Pas de cynisme mal placé, juste la sensation de voir des icônes du cinéma d'action s'amuser entre eux et transmettant cette joie au public. Comme pour remercier les fans de continuer à les aimer. Un cadeau, en somme, un film généreux et touchant, à sa manière. La récompense pour des décennies de fidélité. Et on se plaisait volontiers à croire ces monuments de professionnalisme touchés par l’accueil d’un public totalement acquis à leur cause (au vu des vidéos accessibles sur la page officielle du Grand Rex, d’autres avant-premières n’ont pas été aussi chaleureuses), ou à déceler un peu de sincérité quand Stallone avouait au micro n’avoir jamais eu un pareil accueil.

Cela dit, on peut aussi être un peu agacé par la faiblesse de ce script paresseux et par une réalisation parfois un peu confuse, mais, honnêtement, pour peu qu’on ne soit pas trop tatillon, tous ces petits défauts s'oublient vite, se noient même dans l’ambiance générale rythmée par les très nombreuses fusillades et explosions (il faut dire que le réglage du son au Grand Rex n’est pas leur fort : basses saturées et dialogues peu audibles).

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Voir à l'écran toutes ces stars de film d'action, ensemble, a quelque chose de réellement attachant. Une sorte de pub pour G.I Joe grandeur nature et live, un rêve pour les fans de Commando, Rambo, Delta Force, Bloodsport… Et ça fonctionne ! Chaque acteur a son moment de gloire, sa scène, et l'ensemble est étonnamment bien géré, avec une rigueur mathématique presque paradoxale tant le métrage respire la liberté de ton. 

Au chapitre des petites doléances, on pourra un peu regretter la quasi absence de Jet Li, mais ce dernier s'est tout de même vu confier une belle séquence de baston, démontrant son savoir-faire et sa grâce martiale quel que soit l’accessoire qui lui tombe sous la main. Statham est un peu plus en retrait que pour le premier film, mais encore une fois, nous montre ses talents de lanceur de couteaux lors d'un passage mémorable. Crews et Couture font de la figuration, mais restent tout de même indispensables à l'équipe. Lundgren est plus que jamais l'un des personnages les plus marquants, cette fois-ci dans le rôle du comique malgré lui. Hemsworth et Nan apportent un peu de vent frais. Mais ce qui nous intéresse, ce sont bel et bien les 5 autres acteurs : Sly, Willis et Schwarzy en font des caisses, ils se battent côte à côte dans des scènes anthologiques aux dialogues riches en références cinéphiliques. Vandamme est formidablement mis en valeur dans ses scènes de combat et fait preuve d'un bon jeu d'acteur dans sa peau de bad guy. Il est réellement impressionnant, un peu comme s’il se libérait de plusieurs années de frustrations. Quant à Chuck Norris, si son apparition a tout du cliché, elle n'en reste pas moins déjà culte : le vrai talent du duo West/Stallone est d’avoir réussi à « déringardiser » ces gros bras en semi-retraite, tout en jouant malicieusement avec leur image sur et en dehors des plateaux. Les phrases culte, les mimiques, les accessoires mais aussi la vie privée ou les délires des fans sur le net nous sont resservis avec lucidité et savoir-faire : inutile de vous dire que les autocitations et les clins d’œil étaient salués dans cette salle surchauffée par d’immenses éclats de rire ; comment résister à la réponse de Norris (lorsqu’on lui demande s’il n’avait pas été mordu par un cobra…) ou à la démonstration des talents de chimistes de Lundgren ? Il est vrai que, comme l’avouait avec candeur l’un des spectateurs amassés devant le cinéma, ces grands acteurs de cinéma d’action sont avant tout des comiques…

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Rien de plus à dire : allez le voir. Super Smash Bros. du ciné, la saga Expendables est déjà culte. Un vrai bon film d'action typé 80's et qui offre au public ce qu'il a toujours rêvé de voir. C'est drôle, les dialogues sont jubilatoires ("We track them, we find them, we kill them !"), et l'action va au-delà de ce que l'on peut imaginer. On pourra aussi saluer l’importance des décors naturels, comme ces grottes présentes dans la région de tournage (les studios étant situés en Bulgarie).

 

L'un des plus gros films d'action dans le genre, un idéal de divertissement bourré de scènes inoubliables. 

 

Ma note (sur 5) :

4,7

Note moyenne au Palmarès (juillet 2012) :

4,13

 


The Expendables 2

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Mise en scène 

Simon West 

Genre 

Action

Production 

Millennium Films & Nu Image, distribute en France par Metropolitan Filmexport

Date de sortie France 

22 août 2012

Scénario 

Sylvester Stallone & Richard Wenk d’après les personnages créés par Dave Callaham

Distribution 

Sylvester Stallone, Jason Statham, Jet Li, Jean-Claude Vandamme, Bruce Willis, Arnold Schwarzenegger & Chuck Norris

Durée 

102 min

Musique

Brian Tyler

Support 

35 mm

Image 

2.35:1 ; 16/9

Son 

VOst DD 5.1

 

 

Synopsis Les Expendables sont de retour, et cette fois, la mission les touche de très près...
Lorsque Mr. Church engage Barney Ross, Lee Christmas, Yin Yang, Gunnar Jensen, Toll Road et Hale Caesar – et deux nouveaux, Billy The Kid et Maggie – l’opération semble facile. Mais quand l’un d’entre eux est tué, les Expendables jurent de le venger. Bien qu’en territoire hostile et donnés perdants, ils vont semer le chaos chez leurs adversaires, et se retrouver à tenter de déjouer une menace inattendue – cinq tonnes de plutonium capables de modifier l’équilibre des forces mondiales. Cette guerre-là n’est pourtant rien comparée à ce qu’ils vont faire subir à l’homme qui a sauvagement assassiné leur frère d’armes…