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l'Ecran Miroir

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Rambo : à redécouvrir

Rambo : à redécouvrir

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Un film de Ted Kotcheff (1982) avec Sylvester Stalllone & Brian Dennehy.

Un DVD zone 2.

Genre : Action / Thriller

 

L'histoire : John Rambo est un héros de la Guerre du Vietnam errant de ville en ville à la recherche de ses anciens compagnons d'armes. Alors qu'il s'apprête à traverser une petite ville pour s'y restaurer, le Shérif Will Teasle l'arrête pour vagabondage. Emprisonné et maltraité par des policiers abusifs, Rambo devient fou furieux et s'enfuit dans les bois après avoir blessé de nombreux agents. Traqué comme une bête, l'ex-soldat est contraint de tuer un policier en légitime défense. Dès lors, la police locale et la garde nationale déploient des moyens considérables pour retrouver le fugitif. Le Colonel Trautman, son mentor, intervient et essaie de dissuader les deux camps de s'entre-tuer pendant que Rambo, acculé et blessé, rentre en guerre contre les autorités.


Une chronique de Sypnos


Ce film réalisé en 1982 n'est rien moins qu'un grand film souvent dénigré, il n'est pourtant que justice de lui rendre hommage. Loin des débordements de ses deux séquelles réalisées en 1985 et 1989, Rambo premier du nom reste non seulement un très grand film d'action mais également un thriller psychologique de haute volée.


Adapté de l'excellent roman de David Morell, "First Blood" s'inscrit dans une réalité noire, plombée, que Ted Kotcheff arrive parfaitement à mettre en image.


La photographie et les décors naturels, toujours auréolés d'une lumière grisâtre, servent grandement le sujet de ce personnage, brisé, perdu et abandonné... que les pouvoirs en place ne feront que pousser dans ses derniers retranchements.


Evitant tout manichéisme, Kotcheff ira alors coller la caméra sur ses protagonistes pour en dégager de chacun la couenne et les nerfs. Nul ici n'est tout blanc ou tout noir...


Que peut attendre un homme qui a tout perdu et que peut perdre un homme qui s'imagine tout pouvoir contrôler ?

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Loin des apparences parfois trompeuses, John J. Rambo (Sylvester Stallone) et Will Teasle (Brian Dennehy) se renvoient chacun à la face les valeurs perdues ou gâchées d'une Amérique meurtrie. Un pays qui ne sait comment gérer le retour de ses soldats, qu'il a lui-même brisés et ne peut réadmettre en son sein car ce serait admettre une défaite... Alors le monde se cache derrière des apparences, et le vernis craque.


Rambo n'est donc pas à première vue un super-héros de guerre. SDF, ne sachant où aller, il essaie de se perdre, d'oublier mais on lui renvoie sans arrêt une image, celle de celui-qu'on-ne-veut-pas-voir-ici...

C'est là que la justesse de jeu de Stallone fait son entrée car il a ici parfaitement réussi à passer de l'être blessé (il faut voir le prologue à l'action où l'homme tourne le dos à tout un pan de son passé et de ce fait à ce qui le maintenait parmi les vivants), à celui d'homme résigné puis combatif ... voire habité par un instinct animal. Au final, il ne fait que survivre... ou demander qu'on en finisse pour de bon avec lui...


L'acteur délivre alors une de ses meilleures performances (avec Rocky, Fist et Cop Land) face à un duo d'acteurs tout aussi intéressant. Le choix de Dennehy à l'imposante carrure reflète parfaitement l'aspect colosse au pieds d'argile du personnage et de l'Amérique.

On saluera alors la figure paternelle du héros, ce Colonel Trautman tout en décorations et maintien qui finira par prendre entre ses bras cet homme que l'on a tué en son intérieur... pour en faire un soldat.


Cette fin explique d’ailleurs la présence de Richard Crenna dans le rôle du Colonel un temps envisagé par Kirk Douglas. Ce dernier avait quitté le projet quant il fut décidé de changer la fin originale du livre pour celle-ci un peu moins jusqu'au-boutiste.

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En effet, le personnage de John J. Rambo devait mourir des mains de Trautman. Le Père fondateur tuait au fusil à lunette, donc à distance, ce qu'il avait créé, rejettant ainsi toute idée de rédemption pour lui et sa créature (remember Frankenstein…).


Malgré ce point qui aurait fait de Rambo l'égal du personnage principal de Night Of The Living Dead, le monologue de Stallone se mettant enfin à cracher ses maux reste un grand moment de jeu tellement on sent la tension du personnage nous entourer.


Alors oui , Rambo premier du nom est un film d'action où poursuites échevelées et explosions impriment l'écran mais c'est également un film juste, nerveux, profondément viscéral qui ne relate aucun fait qui ne saurait sortir de la réalité, celle-là même d'une époque pas si révolue que ça...


Le personnage souvent critiqué et moqué est celui de l'opus II très bande dessinée, pas celui de ce premier sang, véritable blessure non cicatrisée qui gicle encore à l'écran malgré les années...

Si vous ne l'avez jamais vu, passez au-dessus des a priori car ce film en vaut la peine.