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l'Ecran Miroir

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[critique] Bronson : insupportablement brillant

[critique] Bronson : insupportablement brillant

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3,7/5

Après avoir visionné un Drive magistral et un Valhalla Rising mystique et déroutant, il me fallait aller plus loin dans la filmographie de la nouvelle coqueluche des cinéphiles. Réalisateur brillant, cela devait se déceler dans ses premières œuvres, qui ont instantanément acquis un statut à part.

 

Et, comme pour le Guerrier silencieux, Bronson a partagé l’audience. Impossible, sur le coup, de déterminer si j’avais aimé ou pas tant le métrage suscite les réactions les plus contradictoires, de l’admiration à l’écœurement. Le moins qu’on puisse admettre, c’est encore une fois la virtuosité de la mise en scène, bien qu’on puisse douter du bien-fondé des parti-pris narratifs et visuels.

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Bronson est de ces films choc qui laissent des traces après vous avoir cogné la rétine et le subconscient pendant sa projection. On en ressort légèrement groggy, épuisé par ce déferlement de séquences auxquelles on cherche parfois une raison d’être. Nicolas Winding Refn y met en scène la vie du prisonnier le plus controversé d'Angleterre telle que lui-même la raconterait, c'est à dire avec force délires, autoparodies, excès et mensonges les plus outranciers. Parlons-en de ce Bronson : un personnage fascinant quoique (ou parce que ?) détestable, ne s'exprimant qu'au travers de la violence, il a réussi à mettre à genoux le système pénitentiaire d'un pays entier qui s’est avéré incapable de le gérer, mais sans qu'on puisse clairement identifier ses motivations - autres que celle de se faire connaître par la seule manière qu'il maîtrise. Constamment provocateur, ce gars-là vomit sa haine en utilisant tout ce que son corps peut lui procurer comme vecteur.

 

L’ensemble ressemble davantage à un exercice de style, souvent brillant, avec encore une BO exceptionnelle et cette tendance à installer des séquences "chromatiques" (ambiances rouges ou bleutées) qui rappellent furieusement Kubrick, d'autant que le sujet renvoie régulièrement à Orange mécanique auquel bon nombre d’observateurs ont aimé le comparer, allant jusqu’à dresser une hypothétique filiation ou à cracher sur une copie éhontée car non avouée. Effectivement, c’est parfois troublant dans l’enchaînement de certaines séquences, dans les choix narratifs et dans ce souci permanent de l’image parfaite, mais je n’y ai pas vu autre chose que des hommages réguliers et non équivoques. Sinon, les ruptures de rythme volontaire et la personnalité même de ce Bronson (interprété par un exceptionnel et inattendu Tom Hardy) rendent l'ensemble au mieux inconfortable, souvent agaçant, voire insupportable. Je dois avouer que j’étais le seul à y trouver un quelconque intérêt, même si ce n’est à mon sens qu’un enchaînement de scènes géniales plutôt qu'un véritable film.

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A voir tout de même, pour se conforter dans l’idée que ce mec-là est bourré de talent.



Bronson


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Mise en scène 

Nicolas Winding Refn 

Genre  

Thriller biopic 

Production 

Vertigo Films, distribué en France par Le Pacte

Date de sortie France 

15 juillet 2009

Scénario 

Brock Norman Brock & Nicolas Winding Refn 

Distribution 

Tom Hardy, Matt King & Kelly Adams

Durée 

92 min

Support 

Blu-ray TF1 zone 2 (2012)

Image 

1.85 :1 ; 16/9 

Son 

VOst 5.1 DTS HD-MA

Bonus

Intro et commentaire du réalisateur, entretien avec Tom Hardy, les monologues du véritable Bronson, des bandes-annonces, un making-of

 

 

 

Synopsis : 1974. Livré à lui-même, Michael Peterson, 19 ans, cherche à faire la Une des journaux: rêvant de devenir célèbre, il tente de braquer un bureau de poste avec un fusil à canon scié qu'il a lui-même bricolé. Rapidement interpellé, il est d'abord condamné à 7 ans de prison. A ce jour, il a passé 34 années en prison, dont 30 en isolement cellulaire. La métamorphose de Mickey Peterson en Charles Bronson, devenu le détenu le plus dangereux d'Angleterre.