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l'Ecran Miroir

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[ciné] Drive : en première classe

[ciné] Drive : en première classe

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4,7/5

 

Porté par un bouche à oreilles flatteur, ce film s'avère confirmer tout le bien qu'on pensait de lui : une mise en scène stylée fondée sur une caméra sans cesse en mouvement (avec des travellings d'une fluidité exemplaire et quelques panoramiques embarqués hypnotiques), des cadrages serrés d'une audace folle cherchant à déceler la plus infime trace d'émotions dans ces visages tour à tour fermés (Ryan Gosling, impressionnant de justesse) ou lumineux (l'adorable Carey Mulligan) et un script solide faisant la part belle aux codes du genre, Drive parvient même à s'accomoder d'une campagne publicitaire et d'une bande-annonce trompeuses mettant en avant le rythme plutôt que la densité dramatique. Ajoutez-y une bande son tonitruante scandée par des chansons immédiatement accrocheuses (il me faut la bande originale !), des seconds rôles âpres et fortement caractérisés (Ron Perlman s’essaie à la sobriété et ça lui va bien) et vous tenez l'un des films de l'année, rien de moins.

 

Ce qui impressionne, c’est la constance avec laquelle le métrage affirme le talent de son metteur en scène : dès les premières secondes et cette mémorable séquence pré-générique, on sent l’approche osée voulue par le Danois virtuose pour son premier film de commande ; de la classe, de la tension et un refus presque constant de la facilité. Les scènes d’action automobile sont ainsi cadrées de l’intérieur et privilégient l’impact nerveux à la vitesse pure : on n’a pas à souffrir de ces montages épileptiques  qui font régulièrement florès dans les autres œuvres où vrombissent les moteurs (un montage cut qui est davantage là pour cacher la pauvreté de la réalisation) et on jouit mieux des différentes prises de risques du pilote. Les phases de transition sont également soignées à l’extrême, sans excès démonstratif : les fondus enchaînés sont rares et sublimes, les ralentis appliqués avec génie, et on profite d’un réel souci de recherche esthétique qui se ressent dans l’emploi de la lumière (la scène de l’ascenseur, pourtant tellement tendue, se transforme en l’une des plus belles séquences de baiser que j’aie vues au cinéma cette année).

 

Et quelle classe ! A voir absolument.

 

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Un film de Nicolas Winding Refn (2011) avec Ryan Gosling, Carey Mulligan & Ron Perlman.

Sorti en salles le 05 octobre 2011.

Visionné en VF.

 

L’histoire : Vivant seul dans un appartement presque vide, ce jeune cascadeur plein de talent offre parfois ses services à des malfrats désireux d’avoir un pilote d’exception capable de les évacuer au plus vite des lieux de leur casse. Mais voilà qu’il fait la connaissance de sa voisine de palier, Irene, élevant seule son enfant depuis que son mari est en prison. Petit à petit, une tendre complicité s’installe entre eux, jusqu’à ce que le mari d’Irene soit libéré : ce dernier requerra l’aide du Driver pour que sa famille ne soit plus menacée par des caïds…

 

Note moyenne au Palmarès : 4,34 pour 12 votes