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l'Ecran Miroir

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[critique] Battleship : bateaux contre aliens

[critique] Battleship : bateaux contre aliens

 

Battleship 00

3,6/5

On reste dans le blockbuster bourré d’effets spéciaux avec Battleship.

 

Cette fois, ce n’est pas d’une adaptation de personnages de bandes dessinées, mais simplement celle d’un jeu de société bien connu, commercialisé en France sous le nom de « Touché-Coulé » : bref, la bataille navale façon Hasbro. Disney nous avait bien fait le coup avec Pirates des Caraïbes, et n’oublions pas les Transformerset autres G.I.Joe. Certes, on pourrait gloser sur l’inanité de ces adaptations, la pauvreté des idées développées, la frilosité des producteurs, mais ça reste tout de même un sacré pari que de parvenir à construire un métrage cohérent à partir d’un jeu, de figurines ou d’un spectacle.

 

Evidemment, les sociétés de production ont leur armée de scénaristes grassement payés pour caresser le spectateur lambda dans le sens du poil et respecter le cahier des charges (de l’action, de l’humour, de l’action, des explosions, de l’action et une bombasse en prime), sans trop se préoccuper du ridicule – tant que ça rapporte…

 Battleship 03

Le problème pour nous, Européens à l’esprit un poil plus critique (sic), c’est que ces exigences stipulées par les majors sont souvent accompagnées de quelques préoccupations typiquement américaines, et certains messages ont régulièrement du mal à passer. La stupidité intrinsèque d’Independance Day efface désormais le bonheur simple procuré par un film catastrophe – je peux vous l’assurer, je l’ai revu récemment et été surpris de constater à quel point cette chose avait mal vieilli. Ne parlons pas d’Armageddon qui pourtant se regarde encore avec un plaisir coupable (on en grimace d’aise).

 

Peter Berg nous avait déjà signé Hancock, film de super-héros assez déroutant, pas complètement réussi mais plein de bonnes intentions. Avec Battleship, le voilà prêt à poser les bases des succès commerciaux de la décennie. En l’occurrence, on a presque l’impression qu’il a pondu un digest de toutes les qualités des blockbusters précités et concocté une recette magique : mêlez-y un peu de Space Cowboys, ôtez les trop gênantes allusions de ces productions à un quelconque impérialisme américain, rajoutez la nervosité d'un World Invasion et le finale d'un Pirates des Caraïbes 3 et vous êtes encore loin du compte car Battleship, c'est la grosse machine US rassemblant tous les clichés mais s'assumant comme telle. On aura bien sûr droit à un couplet bien appuyé sur les valeurs prônées depuis l'époque des premiers westerns (la discipline, la loyauté, la camaraderie, le respect des anciens et du drapeau mais aussi et surtout l'esprit d'entreprise, la persévérance, le courage) : « Guts and glory ! », les mecs. Mais cette fois, sans un super président qui sauve le monde, juste quelques bras cassés qui révèlent leur potentiel : le cadet incapable de trouver une place dans la société et pris en charge par un frère capitaine dans la marine ; le vaillant soldat qui a perdu le goût de vivre en même temps que ses deux jambes au combat et toute une flopée de personnages secondaires qui se révèleront sous le flambeau de ces anti-héros au moment où ils se décideront de braver leur destin, en brave Américains pugnaces qu’ils sont. Vous savez, un peu comme dans ces films de sport sur le droit à la seconde chance dont ils raffolent. Le scénario est sur des rails bien huilés depuis des décennies et n'offre aucune surprise, utilise de grosses ficelles bien crétines (ces aliens font des dizaines d'années-lumière pour finalement avoir un accident à quelques kilomètres de la Terre, ces cons !) mais peu importe : le spectacle est total, la montée en puissance des affrontements est savamment entretenue et l'usage étonnant de ces dézooms en vue aérienne permet de jouir d'une sorte de gigantesque bataille navale en temps réel, d’autant qu’un amusant stratagème (complètement loufoque dans sa logique, mais génial quant à l’effet rendu) place le spectateur dans la peau d’un joueur devant sa petite grille.

 Battleship 04

Inutile de préciser que les effets spéciaux sont au top, que la bande son est proprement dévastatrice et que les punchlines fusent dans un humour bon enfant (on rit souvent, et même de bon cœur). La bande originale cède le pas devant quelques choix de chansons d'AC/DC plus qu'entraînantes. Les acteurs font leur boulot et je peux vous assurer que ce que je pensais être le gros point faible du casting, Rihanna, parvient in extremis à ne pas être totalement exaspérante – quoique j’aurais préféré qu’elle se prenne une bonne bombe dès le début...

 

De quoi retomber en enfance.

 


 

Battleship


 Battleship-02.jpg

Mise en scène 

Peter Berg 

Genre  

Action SF

Production 

Universal Pictures

Date de sortie France 

11 avril 2012

Scénario 

Erich & Jon Hoeber

Distribution 

Taylor Kitsch, Liam Neeson & Rihanna

Durée 

130 min

Musique

Steve Jablonsky

Support 

HDDC

Image 

2.35 : 1 ; 16/9

Son 

VF DTS 5.1

 

 

Synopsis : Océan Pacifique… Au large d’Hawaï, l’US Navy déploie toute sa puissance. Mais bientôt, une forme étrange et menaçante émerge à la surface des eaux, suivie par des dizaines d’autres dotées d’une puissance de destruction inimaginable.


Qui sont-ils ? A bord de l’USS John Paul Jones, le jeune officier Hopper, l’Amiral Shane, le sous-officier Raikes vont découvrir que l’océan n’est pas toujours aussi pacifique qu’il y paraît.
La bataille pour sauver notre planète débute en mer.