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l'Ecran Miroir

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[critique] Avengers

[critique] Avengers

[critique] Avengers

Critique vidéo, par Vance

Alors que se profile le 3e événement majeur du monde Marvel à l'écran (Infinity War, dont on espère sérieusement que sa portée et son ambition seront largement supérieures à Civil War, étrangement restreint à la série sur Captain America), procédons comme tout bon fan le ferait en revoyant, dans l'ordre, les précédents épisodes, dont chacun porte une petite fraction, en germe, de ce qui est censé être l'apothéose : la quête par Thanos, le Titan fou, des Gemmes d'Infinité et l'impossible défi lancé aux "Plus grands Super-héros de la Terre". Gemmes qui sont apparues sous des formes diverses dans la plupart des films, capables déjà d'octroyer un pouvoir considérable à leur détenteur (voyez ce qu'en fait Ronan dans les Gardiens de la Galaxie) mais qui n'est rien devant l'infinie puissance qu'ensemble elles pourraient conférer à celui à même de les rassembler.

Une quête qui fit les beaux jours de Marvel version papier à l'aube des années 1990, remettant sur le devant de la scène le grand créateur qu'est Jim Starlin (le "père" de Thanos, l'homme qui fit de Captain Marvel une légende et de la première Saga du Cube cosmique un mythe fédérateur). Cet event faisait suite à un déjà excellent chapitre narrant l'entreprise insensée de Thanos qui, pour enfin séduire la Mort - mais surtout satisfaire son penchant pour la domination totale - avait cherché à rassembler ces objets de pouvoir dont peu de personnes dans l'univers connaissaient l'existence. Davantage par son esprit retors capable de stratagèmes démoniaques que par ses aptitudes (tout Titan qu'il soit, il ne faisait pas le poids face à des entités aussi vieilles que l'Univers), il était parvenu à ses fins : être capable de dicter sa Loi au Cosmos entier, faisant plier jusqu'aux puissances tutélaires régissant notre réalité. D'un claquement de doigts, il se permit d'éliminer la moitié des êtres vivants (imaginez la surpopulation subite des Enfers !) et ce n'est qu'à cause de son orgueil démesuré et de l'acharnement des derniers super-héros de la Terre (on se demande encore où étaient passés ceux des autres civilisations galactiques !) que son règne prit fin.

[critique] Avengers

Une saga haletante, voyant des êtres quasi-divins se balancer des planètes à la gueule, faisant trembler les fondations mêmes de l'univers à chaque sursaut de colère, ce qui n'empêcha pas Spider-Man, Wolverine, les derniers Avengers et autres encapés rescapés de se battre jusqu'au dernier. C'était intense, c'était énorme. Les deux suites n'atteignirent jamais cette forme d'absolu auquel parvinrent les artistes (Jim Starlin, donc, et Ron Lim aux pinceaux).

La mise en place du Marvel Cinematographic Universe laissait entendre depuis longtemps qu’il s’agirait aussi d’un climax dans leur projet, même si la mise en place, forcément, devait différer : exit le Silver Surfer qui vient prévenir les héros terriens de la menace Thanos, mais qu’en sera-t-il de Warlock ? En disséminant des indices dans à peu près tous les films, les producteurs et scénaristes se permettaient le luxe de faire patienter les spectateurs en rassemblant petit à petit les pions et pièces de puzzle tirés des Thor, Captain America et les Gardiens de la Galaxie, de quoi laisser entrevoir un Avengers maxi-modèle qui tenterait maladroitement d’imiter les grandes sagas cosmiques qui se poursuivirent jusque dans les années 2000 (comme Annihilation ou Realm of Kings). Seulement, si le film initial de Joss Whedon a plutôt réussi à mettre à l’écran un vieux fantasme de fan, en sera-t-il de même pour un projet de plus grande envergure ? Le ratage intégral de Fantastic Four & le Silver Surfer (avec un Galactus réduit à la portion congrue) avait auparavant montré les limites cinématographiques d’une telle ambition.

[critique] Avengers

Seulement, si on ne verra peut-être pas des Célestes fusiller Thanos avec des astres ou Eternité déchirer le tissu du continuum, voire Mephisto susurrer des plans machiavéliques à l’oreille des protagonistes, rien n’empêche de produire un spectacle de qualité, haut en couleurs, bourré d’action, de moments de gloire et de drames épiques. Cocktail finalement équilibré par Whedon pour sa participation à Avengers qui s’avère enthousiasmant et supporte allègrement les visionnages. Si les dialogues mordants, les situations décalées, l’humour geek ponctuent habilement le script, il s’en faut de peu pour que ça n’empiète pas sur le métrage – tendance qui se confirmera par la suite avec un Age of Ultron bâtard, comme conscient de sa propre faiblesse.

Comme le souligne Nico ci-dessous, on a l’agréable surprise de voir les personnages évoluer dans le bon sens, tirant partie des éléments qui les opposent afin de trouver enfin un lien qui les unirait contre l’adversité. Si Loki peine à convaincre dans ses motivations (on le voit mal accepter de se soumettre à un potentat, même pour avoir la Terre en échange), son interprétation est un régal avec un Tom Hiddleston complètement habité, jouissant de chaque séquence consacrée à l’infini orgueil de son alter-ego à l’écran. Il en va de même pour Captain America qui trouve contre toute-attente aisément sa place au milieu de ces demi-dieux, malgré une tenue encore trop criarde mais qu’on sent évoluer vers quelque chose de plus fonctionnel et moins… étoilé et old-fashioned. Le Hulk de Ruffalo tire la couverture à lui, son charisme étonne et son traitement parvient à un miraculeux équilibre, dans la foulée du plutôt bon opus de Leterrier.

[critique] Avengers

Avengers avait néanmoins réussi le pari osé de Marvel en parvenant à

concilier une bonne partie des fans lecteurs (même les plus anciens) et une énorme frange de la population de moins de 30 ans, convaincue par le potentiel de ces super-êtres.

Le passage au blu-ray est une totale réussite avec une précision étonnante, des arrière-plans parfaitement définis et des effets visuels plutôt bien intégrés. A se demander ce qu’il restera pour une prochaine version 4K

Titre original

The Avengers  

Date de sortie en salles

25 avril 2012 avec Walt Disney

Date de sortie en vidéo

 

Photographie

Seamus McGarvey

Musique

Alan Silvestri

Support & durée

Blu-ray Marvel (2012) region B en 1.78:1 / 142 min

Critique ciné, par Nico

Hop, petite remise en contexte avant d'entrer dans le vif du sujet : je ne connais strictement rien en matière de comic-books, contrairement à Vance. Je ne vais absolument pas essayer de faire un parallèle entre film et matériel de base, je me contenterai de donner mon ressenti sur ce que j'ai pu voir au cinéma. 

Je tiens tout d'abord à préciser qu'il n'est pas vraiment nécessaire d'avoir vu les 5 autres films produits par Marvel et mettant en scène les futurs héros d'Avengers pour appréhender ce dernier. Néanmoins, si on veut tout comprendre et profiter des multiples clins d'œil (et accessoirement avoir la preuve de l'énorme différence de traitement entre le film de Whedon et les autres), il est conseillé d'avoir vu les précédents opus. 

[critique] Avengers

Pour rappel, depuis 2008 et en 5 films, nous avons assisté à la naissance sur grand écran de 4 super-héros du monde Marvel : Iron Man, Hulk, Captain America et Thor (et dans une moindre mesure Black Widow qui apparaissait dans Iron Man 2 et Hawkeye que l'on entre apercevait quelques secondes dans Thor). 5 films de réalisateurs "solides" (Jon Favreau, Louis Leterrier, Joe Johnston et Kenneth Branagh), que j'avais plutôt appréciés, mais qui avaient quand même pas mal de défauts : aucun "méchant" réellement charismatique ou bien développé, peu de scènes d'actions marquantes (un comble lorsque l'on va voir un film de super-héros) et une sensation de cynisme désagréable lorsqu'à la fin de chaque film nous assistions à la "traditionnelle" petite scène estampillée Avengers tant attendue par les fans, révélant par là même sa nature d'introduction "apéritive". Devant des spectacles certes très marrants, flattant le fan, mais surtout avares en séquences fortes, on pouvait douter des réelles intentions de ces productions Marvel. En gros, nous étions en droit de nous demander si nous n'avions pas eu droit à cinq films dont le but était uniquement de servir d'introduction à The Avengers

Toujours est-il que le pari de The Avengers était loin d'être gagné. 

Habitué à écrire des scenarii de films (Alien la résurrection et Toy Story) ou de comics (The Astonishing X-Men), Joss Whedon (le créateur de Buffy) s'est vu confier celui de The Avengers. Mais il s'est également vu octroyer la casquette de réalisateur, qu'il n'avait plus endossée depuis son premier long-métrage Sérénity. De quoi craindre pour la dose de grand spectacle que les fans étaient en droit d'attendre. 

[critique] Avengers

Mais le film que j'ai eu devant les yeux m'a clairement surpris, dans le bon sens. Non seulement il s'agit de la meilleure production Marvel à ce jour, mais en plus il nous offre enfin le grand divertissement que nous n'avions toujours pas vu jusqu'à présent. De l'action qui va crescendo, avec des bastons entre super-héros franchement rythmées, une grosse scène à suspens en milieu de métrage et un énorme climax, du genre à durer 30 minutes avec des batailles dans tous les coins du cadre : jouissif. Il y a bien plus de combats que dans tous les autres films. 

Mais ce n'est pas tout : on pouvait aussi se demander si l'un des super héros n'allait pas tirer la couverture à lui, laissant de côté tous les autres. C'est qu'il faut les gérer toutes ces stars sur un plateau... Et bien non ! Non seulement chaque personnage est vraiment bien écrit, mais en plus ils ont chacun leur moment de gloire. Enfin Black Widow impose sa personnalité (c'est bien simple, on ne la reconnaît absolument pas tellement le personnage était fade dans Iron Man 2), enfin Tony Stark cesse d'être horripilant (le fait de le mettre face à de fortes personnalités rend le super-héros plus agréable), Hulk a dorénavant un interprète idéal (il faudrait absolument faire un nouveau film avec Mark Ruffalo, l'une des grosses surprises du film), et enfin Captain America montre ce qu'il sait faire (non parce que le montage de scènes d'actions dans le film de Johnston était assez énervant). Bref, des super-héros mieux développés et plus attachants que dans leurs propres films ! J'ai bien plus de trucs à dire, notamment sur certains aspects purement "geeks", mais il vaut mieux que je me taise, tout simplement parce que parmi les  petits plaisirs du film, il y a justement ces surprises qui ponctuent le métrage. Mais je me dois de souligner à quel point le groupe fonctionne, grâce à des scènes de dialogues très bien écrites (on est face à du pur Whedon) mais aussi grâce à l'action. Les rapports entre les héros se lient dans l'action et cela, c'est très intelligent.

Bien sûr, tout n'est pas parfait : le grand bad guy du film (dont je tairais le nom, mais que l'on avait déjà vu avant) est certes bien interprété, mais ses motivations sont très floues. Encore un qui veut conquérir le mooooonde, Minus ! Du coup, on n'a jamais peur pour nos héros, on sait qu'à 6 contre 1, "ça va, tranquille"... 

[critique] Avengers

Ca sent encore un peu le fan service et les coups de coude (des références à deux

autres grandes sagas ciné, plutôt amusantes certes). Restez pendant le générique d'ailleurs (ben ouais, encore une fois, on a l'habitude). 

Pour un non initié, le film passe très bien. J'imagine qu'à part les intégristes pointilleux, les fans apprécieront. C'est un grand divertissement, une bonne occasion de voir enfin au cinéma des super-héros faire... des trucs de super-héros. 

Je le recommande vivement, on passe un bon moment, et en plus, on rigole énormément. Le projet était un peu casse gueule quand même, on aurait pu avoir un gros ratage bien kitschouille, mais Whedon a bien mené sa barque et l'on se retrouve face à un très bon film.

Vivement la suite !