Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
l'Ecran Miroir

l'Ecran Miroir

Menu
[critique] Au Bonheur Des Ogres : adaptation réussie, mais...

[critique] Au Bonheur Des Ogres : adaptation réussie, mais...

L'adaptation - aussi redoutée qu'attendue - du premier tome de la célèbre saga « Malaussène » sort mercredi. Au Bonheur Des Ogres est un film qui pose les bases d'un univers farfelu et débordant d'imagination. L'atmosphère du roman est respectée, mais le pari est à moitié réussi, on attendait un peu plus de folie gentiment chaotique.

Au-bonheur-des-ogres-02.jpg

L'œuvre de Daniel Pennac fait partie de ces incontournables classiques de la littérature moderne française, dont le nombre de ventes se calcule en millions d'exemplaire et qui a été traduit dans plus de 20 langues. Autrement dit : le succès du roman est tellement immense, son public tellement large, qu'en réaliser une adaptation cinématographique qui puisse satisfaire tout le monde reste un sacré challenge.

C'est Nicolas Barry qui a choisi de relever le défi pour son second long-métrage, après avoir mis en scène Les Enfants De Timpelbach, tiré également d'un livre. Passionné par les adaptations, il s'est assuré d'avoir la confiance du célèbre auteur pour pouvoir faire les trahisons nécessaires et indispensables à la bonne transposition de l'univers si particulier de la saga « Malaussène ».

Mélange entre comédie sentimentale et enquête policière, Au Bonheur Des Ogres est avant tout une histoire complètement décalée, dans un monde contemporain où réalité et rêves se côtoient. Les personnages hauts en couleurs évoluent dans un Paris  baroque et « fantasmé » et leurs aventures prennent des tournures continuellement inattendues. Nicolas Barry réussit à rester fidèle à Daniel Pennac, et arrive à proposer un scénario qui nous embarque agréablement pendant 92 minutes, sans que l'on ne ressente le moindre ennui. Malheureusement, sa réalisation montre quelques faiblesses dès qu'il s'essaye à des scènes oniriques ou sortant de l'ordinaire. Si l'explosion au ralenti est plutôt bien faite, il n'en est pas de même pour les quelques passages mettant en avant un plus grand nombre d'effets spéciaux. La plupart des retouches numériques sont tellement visibles qu'elles sonnent artificiel et jurent un peu avec le reste du métrage. Dommage ainsi de se retrouver avec quelques fautes de goûts qui auraient pu être contournables, d'autant que pendant le reste du film, la direction artistique est plutôt réfléchie et cohérente avec le style du réalisateur.

Au-bonheur-des-ogres-03.jpg

Mais finalement, outre le récit et la qualité des dialogues, ce qui fait le charme de cette adaptation c'est l'interprétation remarquable des comédiens principaux, Bérénice Bejo et Raphaël Personnaz particulièrement. La carrière de ce dernier s'annonce prometteuse, et il nous prouve encore avec ce film qu'il est à l'aise dans tous les rôles. On l'avait vu dans l'excellent Marius/Fanny de Daniel Auteuil, et on aura l'occasion de le retrouver dans le prochain film de Bertrand Blier, Quai d'Orsay. Il donne la réplique à des seconds rôles savoureux, que ce soit la petite troupe d'enfants ou bien encore les deux flics, irrésistibles.

Au Bonheur Des Ogres est un film satisfaisant dans son ensemble, qui devrait rassurer les fans de Daniel Pennac. On pourrait lui reprocher un manque de prise de risque, on aurait souhaité ressentir un peu plus de folie. Avec un tel matériau, Nicolas Barry avait de quoi se lâcher un peu plus. Dommage également que le scénario n'arrive pas à trouver de juste milieu entre la partie comédie et la partie thriller. On sourit mais on ne rit jamais vraiment aux éclats. Etrangement, on pourrait rapprocher ce film des Désastreuses Aventures Des Orphelins Baudelaire. Il y a un ton assez semblable. Si vous adhérez à l'univers si particulier du film, vous passerez un bon moment.

 Au-bonheur-des-ogres-04.jpg

 

Ma note (sur 5) :

3

 Au-bonheur-des-ogres-01.jpg

Titre original

Au Bonheur Des Ogres

Mise en scène 

Nicolas Barry

Production 

Pathé

Date de sortie France 

16 octobre 2013

Scénario 

Jérôme Fansten & Nicolas Barry, d'après le roman de Daniel Pennac

Distribution 

Raphaël Personnaz & Bérénice Béjo

Durée 

92 minutes

Musique

Rolfe Kent

Photographie

Patrick Duroux

Support 

35 mm, 2.35 :1

 

Synopsis : Dans la tribu Malaussène, il y a quelque chose de curieux, de louche, d’anormal même diraient certains. Mais à y regarder de près, c’est le bonheur qui règne dans cette famille joyeusement bordélique dont la mère sans cesse en cavale amoureuse a éparpillé les pères de ses enfants. Pour Benjamin Malaussène, bouc émissaire professionnel et frère aîné responsable de cette marmaille, la vie n’est jamais ennuyeuse. Mais quand les incidents surviennent partout où il passe, attirant les regards soupçonneux de la police et de ses collègues de travail, il devient rapidement vital pour le héros de trouver pourquoi, comment, et surtout qui pourrait bien lui en vouloir à ce point-là ? Benjamin Malaussène va devoir mener sa propre enquête aux côtés d’une journaliste intrépide surnommée Tante Julia pour trouver des réponses.