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l'Ecran Miroir

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[critique] Severance : promenons-nous dans les bois

[critique] Severance : promenons-nous dans les bois

[critique] Severance : promenons-nous dans les bois

Malin, osé, fun, ce petit film sympathique a su faire parler de lui dans un contexte cinématographique pourtant saturé de superproductions démagogiques bardées de jump scares et se prenant au sérieux. Attaque en règle contre la superficialité des yuppies, le script s'est enrichi d'une bonne dose d'humour noir, toute britannique, qui lui confère une saveur particulière, à mi-chemin entre Wolf Creek et Shaun of the dead.

 

On se rend compte très vite en regardant le film que le réalisateur de Creep et Limitless sait se montrer efficace lorsqu’il le faut, usant avec une maîtrise évidente des codes en vigueur dans le genre pourtant galvaudé par des décennies de redites. On n’est ni dans le registre de la terreur irraisonnée, ni dans celui du gore cradingue, mais bien dans la catégorie des survivals : un groupe de personnes bien différentes et bien caractérisées se retrouve dans un contexte qu’ils maîtrisent mal (un gîte désert dans une forêt d’Europe de l’Est) et les membres s’aperçoivent très vite qu’il leur faudra échapper à ce qui les guette, les traque et les exécute un à un. On va donc évidemment souffrir pour nos protagonistes qui sont bien loin des héros traditionnels.

Un prologue chargé de nous mettre l’eau à la bouche, et nous voici à bord du bus transportant ces « innocentes » victimes désignées. Là, déjà, dans la façon dont ces gars sont dépeints (ils appartiennent à une société de vente d’armes et leur patron leur offre un week-end d’intégration avec séance de paint-ball), on sent l’humour bien lourd mais qui arrive à faire mouche : le larbin stupide et maladroit, le petit con, la belle blonde dynamique – et américaine -, la brune sceptique et moche, l’intrépide râleur, le chef couard. Et tout y passera, depuis les hallucinations d’un consommateur de substances illicites, les cauchemars pervers du responsable du groupe jusqu’aux hypothèses les plus délirantes sur l’endroit où ils ont atterri. Certaines séquences sont vraiment drôles. Ensuite, les choses sérieuses commencent, on ne sait d’abord plus quoi faire avec une jambe sectionnée, puis la tension monte encore avec la découverte du premier cadavre. Et c’est l’escalade, entrecoupée de petites situations désopilantes et même d’une réflexion sur les répercussions de la vente d’armes (heureusement, peu appuyée). Les exécutions s’enchaînent, le nombre de survivants s’amenuise très vite. 

 

L’image baigne dans des tons grisâtres et mornes, avec 90 % de l’action en forêt (le tournage s'est partagé entre un ancien camp de prisonnier en Hongrie et des studios sur l'Ile de Man). La musique est souvent complètement en décalage (petite symphonie orchestrale en pleine traque haletante) mais sait aussi souligner la tension, avec des basses bien présentes. L’interprétation, en outre, et c'est suffisamment rare, est au diapason : les acteurs britanniques choisis par le casting s'en donnent à coeur joie.

Plus cool et plus sanglant que Hostel, mais nettement moins sérieux (ce qui ajoute encore à son intérêt), un film qui saura dérider les déçus des productions horrifiques racoleuses et outrées et plaira à ceux qui avaient apprécié un Wolf Creek tout aussi jubilatoire. Evidemment, pizza et bière de rigueur pour les futurs acheteurs du DVD.

 

 

 

Titre original

Severance

Réalisation 

Christopher Smith

Date de sortie

18 octobre 2006 avec la Fabrique de Films

Scénario 

James Moran & Christopher Smith

Distribution

Toby Stephens, Claudie Blakley, Danny Dyer & Andy Nyman

Photographie

Ed Wild

Musique

Christian Henson

Support & durée

DVD Paramount (2007) zone 2 en 1.85:1 / 97 min

 

 

Synopsis : Six personnes de la société de vente d'armes Palisade Defense se rendent à un week-end de paint-ball organisé par leur entreprise. Malgré l'étrangeté des lieux et les rumeurs qui s'y rapportent, le week-end démarre plutôt bien jusqu'à ce que les participants découvrent qu'ils sont devenus la proie de soldats d'élite légèrement dégénérés. Dès lors, ils vont devoir se battre pour leur survie et l'expression répandue dans leur business "tué ou être tué" va prendre tout son sens...