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l'Ecran Miroir

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[critique] Thor : Ragnarok
[critique] Thor : Ragnarok

Vendu comme le Marvel le plus délirant et irrévérencieux, réalisé par un nouveau talent à qui l’on aurait laissé une totale liberté artistique, Thor Ragnarok n’est pourtant pas aussi jubilatoire qu’escompté. La faute à un scénario d’une banalité affligeante, à un manque évident d’enjeux et à son penchant pour la rigolade qui nuit à une quelconque implication émotionnelle, sans compter une mise en scène franchement pas folle. Cela ne l’empêche en revanche pas d’être le meilleur film de la trilogie, d’être souvent hilarant, et de faire régulièrement preuve de bonnes idées. Et il y a Jeff Goldblum, si ça c’est pas un argument !  

[critique] Thor : Ragnarok

Même si cela n’a jamais été réellement dit par Disney, Thor Ragnarok s’annonçait comme un renouveau dans le Marvel Cinematic Universe, avec un réalisateur prometteur à qui le studio aurait laissé une certaine liberté. C’est en tous cas ce que l’on aurait pu imaginer. Fort du succès d’estime de son Vampires En Toute Intimité, Taika Waititi symbolisait un peu ce regain de modernité et ce nouvel élan créatif que souhaitait insuffler de toute évidence la filiale.

Du moins en termes de communication - comme l’embauche du talentueux Ryan Coogler pour mettre en scène le prochain Black Panther, après nous avoir offert le miraculeux Creed avec Michael B Jordan.

Taika Waititi donnait véritablement l’impression d’avoir pu jouir d’une totale indépendance sur le plateau, comme s’il avait enfin pu mettre un petit peu de folie dans cette machinerie trop bien huilée et de plus en plus lassante, grâce à sa personnalité visiblement exubérante (il suffit de le voir faire le con au Comic Con ou sur les réseaux sociaux). Avec son esthétique 80’s très en vogue, Thor Ragnarok annonçait littéralement la couleur dès son premier trailer : ce troisième opus allait se démarquer le plus possible de ses deux prédécesseurs, considérés par de nombreux fans comme les vilains petits canards du MCU (même si on vous l’avouera, on les trouve plutôt rigolos).

[critique] Thor : Ragnarok

Et si effectivement, le résultat est plus proche d’un Gardiens De La Galaxie que des autres Thor, Thor Ragnarok n’est pas aussi délirant et irrévérencieux qu’escompté. C’est un film Marvel tout ce qu’il y a de plus codifié et inoffensif, que l’on a l’impression d’avoir déjà vu des tas de fois avant. Le scénario est d’une banalité affligeante et, parce que le film n’est qu’un prétexte à accumuler les vannes, l’on ressent un manque évident d’enjeux qui nuit à une quelconque implication émotionnelle.

Décevant, sachant qu’il s’agit d’un film censé introduire le prochain Avengers. C’est d’autant plus frustrant que Taika Waititi livre une mise en scène franchement pas folle et avec un peu d’exagération presque digne d’un yesman.

[critique] Thor : Ragnarok

Pourtant, paradoxalement, Thor Ragnarok est probablement le Marvel qui devrait le mieux supporter les multiples visionnages. Parce qu’il est vraiment drôle parfois. Parce que la musique typée eighties illustre parfaitement bien l’action. Parce que c’est coloré. Parce que l’on ne s’ennuie pas devant. Parce que certains caméos sont hilarants. Parce qu’il fait régulièrement preuve de bonnes idées. Parce que les acteurs en font des tonnes pour nous faire rire. Chris Hemsworth, les cheveux courts, gagne en prestance, Tom Hiddleston fait du Loki en roue libre, Mark Ruffalo a enfin quelque chose à jouer (meilleure apparition de Hulk), Tessa Thompson est géniale, et Cate Blanchett assure en bad guy - dommage du coup que son personnage soit sous exploité.

Enfin, il y a Jeff Goldblum. Si vous cherchiez une raison pour voir

Thor Ragnarok, dites-vous que Jeff Goldblum nous fait un show des plus hilarants. Il est sous exploité aussi, car on n’a jamais assez de Jeff Goldblum à l’écran. Mais il est dans le film, et c’est amplement suffisant, ce qui en fait ainsi le meilleur Thor.

Titre original

Thor : Ragnarok

Date de sortie en salles

25 octobre 2017 avec Walt Disney

Date de sortie en vidéo

 

Photographie

Javier Aguirresarobe

Musique

Mark Mothersbaugh

Support & durée

35 mm en 2.39:1 / 130 min