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l'Ecran Miroir

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[critique] Underworld : Blood Wars

[critique] Underworld : Blood Wars

[critique] Underworld : Blood Wars

Après un quatrième opus assez poussif mais parti sur des bases volontairement nouvelles, voici venue l’heure du cinquième, avec l’espoir que les idées entrevues précédemment donneront de la consistance à la saga et ne la laisseront pas se replier sur elle-même.

Las.

Force est de constater que les impératifs de production ont écrasé les maigres ambitions artistiques. Certes, il y a de nouveaux éléments dans Blood Wars, comme ces Vampires du Nord capables de magie, mais le film ne fait guère illusion en reprenant ex abrupto le principe de base de la franchise : des Lycans affrontent des Vampires. Prétexte à de la baston, d’abord par des escarmouches sanglantes dans des ruelles obscures et des entrepôts désaffectés, avant que les loups-garous, bien menés par un étrange Marius disposant de pouvoirs insoupçonnés (mais que les fans de la saga reconnaîtront instantanément) et d’une stratégie sans faille (fondée sur l’inévitable trahison d’un ennemi), ne déferlent sur les derniers bastions vampires sans que rien ne puisse les arrêter.

[critique] Underworld : Blood Wars

Dès le départ, le rapport de forces est déséquilibré, le dernier Clan vampire d’importance préférant s’arc-bouter dans son château en théorie imprenable et ne voyant dans la menace lycan que les coups de boutoir d’une race inférieure. Mais alors, quid de la Purge et de la reprise en mains par les autorités humaines de leurs territoires ? Rappelez-vous l’intéressante scène d’ouverture d’Underworld Nouvelle Ere : les affrontements entre la horde de Lucian, les vampires de Markus et William et le raid de Sélène flanquée de son hybride de compagnon ont laissé des traces, et les forces de sécurité humaines, dotées des armes adéquates trouvées au milieu de ces créatures de l’ombre, avaient fini par quasiment les éradiquer, les poussant à se dissimuler, vivre cachées dans l’espoir d’un avenir un peu plus radieux. Rien de tout cela ici, les Lycans se déplaçant librement sans jamais craindre les représentants de l’ordre tandis que les Vampires pansent leurs plaies en reformant un Conseil des Aînés… sans Aînés (ils sont tous morts, bien entendu).

Au temps pour la continuité logique. Quant au reste, c’est du classique bien réchauffé : Sélène continue à être pourchassée par tout le monde, les Lycans cherchant à récupérer sa fille dont le sang leur permettra d’éliminer leur seul point faible (l’argent), les Vampires désirant venger la mort de leurs leaders qu’ils imputent à l’ancienne Death Dealer. Parmi ces derniers, Semira est une bonne surprise : celle qui interprétait la sulfureuse Irène Adler dans la série Sherlock joue ici une Vampire ambitieuse pleine de morgue et de dédain, qu’elle s’amuse clairement à interpréter avec toute l’exagération requise. D’ailleurs les amateurs de séries à gros budget retrouveront trois des participants de Game of Thrones, comme le toujours élégant Charles Dance dont le personnage essaie de se racheter une conduite (il avait trahi Sélène dans le précédent épisode).

[critique] Underworld : Blood Wars

Mais au moins, est-ce que c’est cool ? C’était sans doute l’ambition première de la production, mais elle s’effondre devant un script inepte, multipliant les absurdités et les facilités, et une réalisation plus que brouillonne alternant scènes bavardes ennuyeuses et combats échevelés mais illisibles. Et ce sempiternel syndrome Dragon Ball Z qui pousse les créateurs à aller plus loin dans la course à la puissance des adversaires. Rappelez-vous : Sélène ayant absorbé du sang du Père fondateur (Alexander Corvinus) s’était vue dotée d’une force phénoménale, à même de rivaliser avec Markus, le premier hybride et le plus puissant des vampires. Ben là, il fallait lui trouver un adversaire à sa mesure, qui en outre la balaie à leur première confrontation. Il lui faut donc acquérir de nouveaux pouvoirs…

Evidemment, on pourra admirer les beaux costumes (les tenues arachnéennes de Semira valent le coup d’œil) et quelques jolis décors tournés à Prague (très beau château néo-gothique). Pour le reste, ben ça va flinguer, trancher, éviscérer, mordre (bien sûr) et le sang coulera à flots.

Un film raté et qui parvient même à être ennuyeux.

Wiseman nous promet une suite. J’en cherche encore l’intérêt.

 

Titre original

Underworld Blood Wars

Réalisateur

Anna Foerster

Date de sortie en salles

15 février 2017 avec Sony Pictures

Date de sortie en DVD

 

Scénario

Cory Goodman

Distribution

Kate Beckinsale, Theo James, Tobias Menzies, Lara Pulver & Charles Dance

Photographie

Karl Walter Lindenlaub

Musique

Michael Wandmacher

Support & durée

2.35 :1 /91 min

 

Synopsis : la Death Dealer Selene fait face aux agressions brutales des clans lycans et vampires qui l’ont trahie. Avec ses seuls alliés, David et son père Thomas, elle doit mettre fin à la guerre sempiternelle entre les deux clans, même si cela implique pour elle de faire le sacrifice ultime.