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l'Ecran Miroir

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[critique] Les Chroniques De Blanche-Neige, Le Chasseur & La Reine Des Glaces

[critique] Les Chroniques De Blanche-Neige, Le Chasseur & La Reine Des Glaces

[critique] Les Chroniques De Blanche-Neige, Le Chasseur & La Reine Des Glaces

le Chasseur & la Reine des Glaces

Une suite dont on recherche encore une justification, brouillonne et sans réels enjeux, mais paradoxalement meilleure que le précédent film, car mieux rythmée. Le Chasseur & La Reine Des Glaces, avec son casting 5 étoiles, reste un divertissement honorable et inoffensif.

L’on éprouvait déjà quelques difficultés à considérer le précédent épisode comme une adaptation de l’histoire de Blanche-Neige, le film de Rupert Sanders mangeant à tous les râteliers pour se donner de la consistance. Il est encore moins question de Blanche-Neige ici, puisque malgré son titre français à rallonge, vous ne la verrez tout au plus que 10 secondes de dos dans cette suite !

Une suite qui n’en est d’ailleurs pas totalement une, étant donné qu’il s’agit aussi d’un prequel. Vous ne suivez pas ? Nous nous posions également la question en début de séance. Les Chroniques De Blanche-Neige, Le Chasseur & La Reine Des Glaces commence en effet par une introduction rappelant les faits du premier long-métrage (« previously on Snow-White… »), puis revient en arrière pour narrer une histoire parallèle dans laquelle le héros est le Chasseur, réalise ensuite une ellipse de plusieurs années pendant lesquelles se déroule le précédent film, et enfin continue de raconter ce qu’il advient par la suite. En gros, si vous voulez regarder la saga dans sa continuité, mettez le deuxième épisode (qui vous grillera les rebondissements du premier dès son intro), puis faites pause, regardez le premier, et reprenez le second. C’est pire que de regarder la saga Star Wars dans l’ordre ! On n’imagine même pas si un troisième film sort : vous regardez le 3 qui vous raconte le 1 et le 2 en intro, puis début du 3, pause pour intégrer le 2, début du 2 qui vous re-raconte le 1, pause pour mettre le 1, ensuite fin du 2, et vous reprenez le 3 … On plaisante, mais rassurez-vous, en contexte c’est parfaitement compréhensible…

Brouillon, mais compréhensible ! Il ne faudra pas chercher en revanche une quelconque cohérence entre les deux films, cette suite faisant apparaître ou disparaître des personnages au gré du scénario. On sent clairement que si Kristen Stewart avait été de la partie, Le Chasseur & La Reine Des Glaces aurait été totalement différent. Son personnage est évoqué au détour d’une scène d’exposition par le prince qui, lui, est revenu faire un petit coucou (il ordonne au chasseur d’accomplir une quête pour sauver – en quelque sorte - Blanche-Neige). Une scène finalement inutile puisqu’elle ne trouvera pas de conclusion, comme si les auteurs eux-mêmes avouaient qu’elle n’était qu’un prétexte pour justifier le titre (en VF Les Chroniques De Blanche-Neige) de cette suite.

Il faudra ainsi prendre le film de Cédric Nicolas-Troyan comme un simple divertissement d’heroic fantasy, bas du front mais plutôt honnête. Et paradoxalement meilleur que le précédent opus, car mieux rythmé. Avec une direction artistique toujours aussi générique, manquant singulièrement de personnalité, le film parvient malgré tout à se distinguer de son modèle par des influences moins marquées. Et donc donne moins l’impression de copier à droite à gauche. Esthétiquement du moins. Car cette intrigue autour de la fameuse Reine Des Glaces semble tout droit sortie du film d’animation de Disney, au point que l’on s’attende presque à ce qu’Emily Blunt entonne le cultissime « Let It Go ! » lorsqu’elle fuit dans les montagnes pour y ériger son palais de glaces.

De manière générale, le scénario est très confus et manque d’enjeux distincts, notamment parce que les personnages sont très peu caractérisés. On regrettera ainsi que celui qu’interprète Emily Blunt, La Reine Des Glaces, soit aussi mal écrit. Celle qui est censée jouer la méchante ne parvient jamais à donner de l’épaisseur à son rôle, d’autant plus lorsqu’elle se trouve aux côtés d’une Charlize Theron toujours parfaite en Ravenna. Chris Hemsworth reste égal à lui-même, et Jessica Chastain incarne le personnage le plus intéressant, quoique lui aussi sous exploité. Les scènes d’actions – mal mises en scène - se suivent, entrecoupées de petites séquences humoristiques fades (à quelques exceptions près où les dialogues se permettent quelques vulgarités très étonnantes dans un film familial).

On s’amusera avec les quelques délires WTF à base de trolls et autres monstres en images de synthèse. Le Chasseur & La Reine Des Glaces vaut surtout le coup pour son casting, certes sous-employé, et parce qu’il s’agit d’un divertissement inoffensif et somme toute très plaisant.

Une suite pourrait largement être envisagée.

 

 

 

Titre original

The Hunstman : Winter’s War

Mise en scène 

Cédric Nicolas-Troyan

Date de sortie

20/04/2016 avec Universal Pictures

Scénario 

Craig Mazin, Evan Spiliotopoulos & Evan Daugherty

Distribution 

Charlize Theron, Chris Hemsworth, Jessica Chastain, Emily Blunt & Nick Frost

Photographie

Phedon Papamichael

Musique

James Newton Howard

Support & durée

35 mm en 2.35 : 1 / 114 minutes

 

Synopsis : Il y a fort longtemps, bien avant qu’elle ne tombe sous l’épée de Blanche Neige, la reine Ravenna avait dû assister, sans mot dire, à la trahison amoureuse qui avait contraint sa sœur Freya à quitter leur royaume, le cœur brisé. Celle que l’on appelait la jeune reine des glaces, à cause de son habilité à geler n’importe quel adversaire, s’employa alors à lever une armée de guerriers impitoyables, au fond d’un palais glacé. Mais au sein même de ses rangs Eric et Sara allaient subir son impitoyable courroux pour avoir enfreint l’interdit : tomber amoureux. Plus tard, à l’annonce de la défaite de sa sœur, Freya envoie ses guerriers récupérer le miroir dont elle est la seule à pouvoir catalyser les sombres facultés. Des tréfonds dorés de la psyché, elle réussit à ressusciter Ravenna. Les deux sœurs vont alors retourner leur puissance maléfique, décuplée par la rage, sur le royaume enchanté. Leur armée s’avèrera désormais invincible…à moins que… les deux proscrits qui avaient jadis trahi la règle d’or, subissant l’exil et la séparation, ne parviennent à se retrouver…