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l'Ecran Miroir

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[critique] Deadpool : délire au pays des Marvel

[critique] Deadpool : délire au pays des Marvel

[critique] Deadpool : délire au pays des Marvel

Se pourrait-il que l’un des meilleurs films de super-héros de l’année ne soit ni issu du Marvel Universe version Disney, ni de celui de DC Comics Warner ? C’est ce que l’on se dit devant Deadpool, « petit » divertissement aussi furieusement drôle que réellement émouvant, dont les tendances trashouilles apportent un peu de fraîcheur à un genre qui a tendance à répéter la même formule sans chercher à faire dans l’originalité. Sorte de The Mask enragé saupoudré d’humour absurde à la Monty Python, Deadpool dénote, et ça fait du bien.

A quelques exceptions près (Captain America 2, voire Ant-Man), les Marvel Disney se ressemblent tellement qu’ils finissent par lasser, quand ils n’agacent pas tout simplement (coucou Avengers 2 !). Du coup, notre avis est peut-être un peu biaisé, mais quand déboule un film comme Deadpool, un Marvel resté sous l’égide de la Fox à l’instar des X-Men, l’on ne peut qu’apprécier de voir un tant soit peu de « prises de risques » - tout est relatif - dans un genre de plus en plus balisé.

Car même s’il garde les codes inhérents à n’importe quel Super Hero Movie, le film de Tim Miller (le superviseur des effets spéciaux du sous-estimé Scott Pilgrim d’Edgar Wright) fait figure d’outsider, avec son budget ultra serré (le budget coke d’un gros blockbuster, comme nous l’a si bien précisé Ryan Reynolds à l’issue de la projection) et sa volonté de ne pas s’imposer de limites. Que sa tendance à verser dans le trash soit « contenue » ou non (l’on se dit quand même que les équipes sont allées très loin), qu’il fasse preuve de cynisme ou non (selon comment vous adhérez au concept qui consiste à briser le 4ème mur), le film cherche tellement constamment à se démarquer du reste de la production qu’il en devient un minimum intéressant. Et même si bien entendu nous n’avons pas encore eu l’occasion de voir ni Captain America Civil War ni les deux films à venir chez Warner (Suicide Squad et Batman vs Superman) qui pour le coup semblent très réussis (merci donc aux teasers montés idéalement), l’on peut d’ores et déjà se demander si ce Deadpool ne serait pas l’une des meilleures surprises de l’année dans son genre.

Comme quoi après le raté Fantastic 4, la Fox garde encore de beaux atouts pour titiller les deux autres studios (d’autant que le nouvel X-Men s’annonce lui aussi très enthousiasmant). Face à la déferlante de Super Hero Movies, Deadpool fait office de poil à gratter et devrait donc, en toute logique, séduire aussi bien les fans du personnage que les spectateurs blasés par le conformisme des univers Marvelliens au cinéma. Doté d’une campagne promotionnelle particulièrement efficace pour permettre aux spectateurs de mieux cerner le caractère déjanté du personnage - et par extension du film, Deadpool s’apparente à une promesse de voir enfin un divertissement frais, cherchant à bousculer les conventions. Généralement peu enclins à apprécier les films qui donnent trop de coups de coude aux spectateurs pour se les mettre dans la poche, l’on ne va pas vous cacher que le début nous aura un peu fait craindre que ce Deadpool ne soit qu’un produit ultra formaté de plus, trop « décalé » pour être honnête (le coup du générique de début façon « on joue carte sur table en vous annonçant la couleur du film que vous allez voir, et l’on n’est pas dupe du produit que l’on vous montre » représente à lui seul le paradoxe d’un tel projet). Cependant il faut reconnaître que le métrage de Tim Miller s’avère beaucoup plus surprenant qu’escompté, avec des vannes franchement vraiment osées que l’on n’aurait pas pu imaginer possibles de la part d’un gros studio. L’on se dit que la petite prise de risque d’interdire le film aux moins de 17 ans Outre-Atlantique –associée à un marketing méthodiquement élaboré - s’avère plutôt judicieuse pour permettre aux scénaristes de respecter le comics d’origine.

Deadpool est donc un film violent (toutes proportions gardées, ce n’est pas non plus vraiment gore), trashouille et furieusement drôle. La plupart des plaisanteries font rire, certains gags se permettant même le luxe d’être liés à des improvisations de Ryan Reynolds (comme il nous l’a confirmé), un comble dans ce genre de superproductions très cadrées. Dans un sens, Deadpool nous a fait penser à une sorte de The Mask, en version enragé, notamment lorsque le personnage s’adresse directement à son public, mais saupoudré d’humour absurde à la Monty Python (il y a au moins deux références aux comiques british, dont l’une rappelant le chevalier noir dans Sacré Graal !, c’est dire si l’on a été conquis !). Comme d’habitude, restez bien jusqu’au bout du générique, qui est hilarant. Le film est vendu comme une comédie, au moins il n’y a pas tromperie sur la marchandise. Mais il est aussi vendu – dans une parodie d’affiche elle aussi très bien conçue - comme une romance. Assez étonnamment, c’est également vrai. Deadpool est, réellement, émouvant. Son « manque » de budget semble en réalité jouer en sa faveur, les auteurs privilégiant la caractérisation d’une petite poignée de personnages plutôt que de s’appesantir sur des scènes d’action à outrance (au demeurant très réussies). La structure en flashback du film a le bon goût de permettre d’entrer directement dans le vif du sujet, tout en nous donnant suffisamment le temps de nous attacher au héros. Héros qui trouve en Ryan Reynolds l’interprète parfait, l’acteur s’en étant visiblement donné à cœur joie avec ce rôle pas si éloigné de sa propre personnalité (il se moque littéralement de lui-même continuellement). Il aura fallu attendre un peu pour se rendre compte du talent de ce gars (une révélation dans The Voices), mais avec Deadpool nul doute que sa carrière va connaître un nouvel essor.

Si l’on pourra lui reprocher beaucoup de choses, le film a tout de même des chances de devenir un classique du genre (réalisation, choix de montage et bande originale vraiment inspirés). A chaque fois que l’on se dit qu’il commence à épuiser son stock de vannes ou d’idées, il nous surprend en allant encore plus loin dans des délires complètement surréalistes, absurdes et hilarants. Ne boudez surtout pas le film ! Plus que recommandé !

 

 

Titre original

Deadpool

Mise en scène 

Tim Miller

Date de sortie

10/02/2016 avec la 20th Century Fox

Scénario 

Rhett Reese & Paul Wernick

Distribution 

Ryan Reynolds, Morena Baccarin, Ed Skrein, Gina Carano & Karan Soni

Photographie

Ken Seng

Musique

Junkie XL

Support & durée

2.35 : 1 / 106 minutes

 

Synopsis : Deadpool, est l'anti-héros le plus atypique de l'univers Marvel. A l'origine, il s'appelle Wade Wilson : un ancien militaire des Forces Spéciales devenu mercenaire. Après avoir subi une expérimentation hors norme qui va accélérer ses pouvoirs de guérison, il va devenir Deadpool. Armé de ses nouvelles capacités et d'un humour noir survolté, Deadpool va traquer l'homme qui a bien failli anéantir sa vie.