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l'Ecran Miroir

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[critique] Closed Circuit : classique mais efficace

[critique] Closed Circuit : classique mais efficace

Closed Circuit : Les producteurs de La Taupe reviennent avec un film de procès sur fond d'espionnage. Malgré un thème passionnant propice à instaurer une tension palpable, Closed Circuit s'avère plutôt classique dans sa mise en scène et semble fade lorsqu'on le compare au film de Tomas Alfredson, beaucoup plus original dans sa construction scénaristique. Un bon divertissement néanmoins, porté par quelques excellents acteurs.

Oui, la comparaison n'a pas franchement lieu d'être. Mais il faut bien avouer que cela est clairement mis en avant sur les affiches et dans la com : les producteurs de Closed Circuit sont ceux de La Taupe. Ou comment donner envie de voir un nouveau thriller sobre, élégant, au rythme lent mais à la tension permanente. Sauf que l'un est un film d'espionnage, l'autre un film de procès, et surtout John Crowley n'est absolument pas Tomas Alfredson. Closed Circuit ne tente pas de perdre le spectateur, de brouiller les pistes, il déroule son intrigue de manière ultra classique, mais avec subtilité. Dommage de ne pas avoir profité du sujet (« Closed Circuit » désignant à la fois le procès à huis clos et les caméras de surveillance) pour en faire un thriller paranoïaque « dérangeant » même s'il est déjà suffisamment captivant pour maintenir une certaine tension.

Néanmoins, on pourra apprécier l'accessibilité du métrage, qui évite la complexité facile inhérente à tout ce qui touche au système judiciaire, tout en laissant à son public le loisir de s'interroger sur la pertinence des dispositifs de caméras de surveillance qui envahissent les rues. Sa grande force réside également dans l'interprétation sans faille des acteurs, du couple formé par les rares Eric Bana et Rebecca Hall et des seconds rôles toujours impeccables, Ciarán Hinds et Jim Broadbent en particulier.

Impossible de parler plus en détail de l’œuvre, dont le scénario réserve quelques petits rebondissements plutôt bien sentis même si peu surprenants au final. Closed Circuit, sans être un très grand film, est un bon divertissement écrit avec finesse et efficacité et dont la durée permet de ne pas s'ennuyer un instant et de rester captivé par l'intrigue. L'on pouvait craindre que la romance soit trop appuyée et phagocyte le récit, elle est au contraire très bien intégrée au film et permet au public de s'attacher à des personnages semblant peu avenants de prime abord. Un thriller classique, qui a le mérite de ne pas trop appuyer son propos et de donner une certaine liberté à ses spectateurs pour réfléchir sur l'intérêt de vivre dans une société archi-surveillée où les images peuvent être manipulatrices.

Efficace, donc.

 

 

Titre original

Closed Circuit

Mise en scène 

John Crowley

Date de sortie

26 mars 2014 avec Universal

Scénario 

Steven Knight

Distribution 

Eric Bana, Rebecca Hall, Ciarán Hinds & Jim Broadbent

Photographie

Adriano Goldman

Musique

Jody Talbot

Support & durée

2.35 :1 en 35 mm / 96 min

 

 

Synopsis : Le procès de l’homme accusé d’être le cerveau d’un acte terroriste ayant coûté la vie à 120 personnes, réunit deux anciens amants du côté de la défense, mettant leur éthique et leur confiance à l’épreuve, et leur vie en péril. Une explosion terroriste tue 120 personnes dans un marché animé de Londres. À l’issue de la chasse à l’homme qui s’ensuit un seul suspect d’origine turque, Farroukh Erdogan, est appréhendé et écroué. Ce qui promet d’être « le procès du siècle » se met en marche. Petit détail de la procédure : le gouvernement souhaite utiliser des documents classés secrets pour poursuivre le prévenu en justice, ce qui nécessite l’intervention d’une Avocate Spéciale, Claudia Simmons-Howe, désignée par le Procureur Général et seule autorisée à voir lesdits documents et à invoquer leur divulgation lors d’audiences à huis clos. Les règles sont claires : après avoir pris connaissance des documents classés, Claudia n’est plus autorisée à communiquer avec le prévenu ni avec les autres avocats de la défense. Mais l’affaire se complique quand l’avocat de Farroukh Erdogan se suicide et que son confrère Martin Rose est appelé à le remplacer. Martin est tenace, motivé, brillant... et il a eu une aventure avec Claudia.

[critique] Closed Circuit : classique mais efficace