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Quand je regarde l'écran, l'écran me regarde.

« Pays de merde ! »

http://www.ladante.fr/paris/09_12/gomorra_Affiche.jpgGomorra

 

un film de Matteo Garrone (2008), Grand Prix au Festival de Cannes.

 

Un « rapido » par Broots

 

Le titre est le premier commentaire de ma copine une fois le film fini. Pourquoi je vous en parle ? Parce que ses parents sont d'origine italienne et que 75% de sa famille vit toujours en Italie... Je dirais que ça résume donc assez le ressenti une fois le visionnage terminé.

 
En gros, l'Italie a une structure sociale archaïque, corrompue, la pauvreté est omniprésente, seul l'argent compte, à n'importe quel prix, même celui de pourrir les terres, et seules les structures soutenues par la Camorra restent viables (sous réserve de ne pas en faire trop pour ne pas se faire plomber à un coin de rue...).

 

Le gamin qui aide à exécuter un proche sans même en comprendre la raison (le film d'ailleurs met bien cela en lumière, cette confusion des clans, des chefs, tout le monde peut tuer tout le monde sans trop savoir pourquoi), les deux jeunes qui ont trop regardé Scarface et se brûlent les ailes, les enfants d'un mourant qui, au lieu de remettre en question les horreurs qu'a faites leur père, reprennent le flambeau de plus moche (sic), le patron d'entreprise qui ne doit son argent qu'à la mafia, rendant son entreprise et par extension l'ensemble des entreprises italiennes gangrénées par l'argent sale, ce couturier qui a tellement de talent mais aussi d'honnêteté qu'il termine misérable et loin de sa passion...


On a une liste flippante (malheureusement partielle, malgré ce qu'on peut penser, la réalité est certainement pire) de comment fonctionne ce pays, membre de la Communauté Européenne... ça fait flipper...

 
Je sais, je généralise, alors qu'on est ici condensé en quelques lieux et dans un espace de temps réduit. Mais à aucun moment le réalisateur ne donne de date ni de lieu (à part Venise qu'on reconnaît), laissant son film intemporel et adaptable selon lui à l'ensemble de ce pays.
 
Je ne vais pas rentrer dans une analyse politique poussée, mais quand on voit le président du conseil élu et réélu malgré les scandales de corruption (entre autres), je pense que ça veut tout dire...
 
Un film percutant, filmé à la manière d'un documentaire, ce qui permet de montrer une réalité crue et sale.


Ma note : 3,5 / 5

 

même si ça n'a pas de lien avec le Palmarès.

 

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J

J'aime le "entre autres" pour les scandales ! Moi j'aime qu'il se soit fait péter se gueule de con !
Bisous Brootsy


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B

purée, la pression :)


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V

Un peu pareil que mon Cultiste préféré : une bande annonce peu accrocheuse mais une chronique brootsienne qui donne plutôt envie.


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Y

Curieusement, je n'ai pas accroché à ce film. Consciente des risques pris par l'auteur du livre dont s'inspire le film, je n'ai cependant pas réussi à m'attacher aux personnages... Mais c'est
surtout le côté docu-fiction qui m'a dérangé...On ne sait pas bien quel impact donner à ce film et cela m'a plutôt destabilisé... ^^


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B

@ cultuiste : merci :)
@ cachou : oui tu as sans dout raison, mais la gangrène me semble si incrustée dans ce pays que même en remplaçant la tête, on ne fera que changer la tête justement, le reste ne bougera pas...


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C

Je dois dire que malgré la justesse de ce que ce film dénonce, je me suis tellement ennuyée en le regardant qu'il a raté son but avec moi.

Par contre, pour le petit c..., pardon, le réel représentant italien, je pense que s'il a été élu et réélu, c'est surtout un manque d'éducation aux médias des italiens. En effet, pour avoir
constaté de visu les manipulations des informations pour qu'elles valorisent Berlusconi et le fassent passer pour un martyre/un persécuté innocent/un sauveur de l'Italie, et surtout pour avoir vu
comment certaines personnes de ma famille là-bas le soutiennent (ma tante, ancienne communiste, me prétend mordicus que Berlusconi est innocent de tout ce dont on l'accuse et que ce n'est qu'un
complot contre lui), j'ai l'impression que si on se donnait la peine de faire de vrais cours d'éducation aux médias aux italiens, la côté de popularité de ce triste personnage descendrait en
flêche...


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C

C'est la première critique de Gomorra que je lis qui me donne envie de le visionner. Merci Broots.

Ps : L'affiche du film n'apparait pas l'article, un bug ?.


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