RÉSUMÉ : Si vous découvriez que nous ne sommes pas seuls, si quelqu'un vous le montrait, vous le prouvait, est-ce que cela vous effraierait ?
On peut comprendre que le film déçoive. Qu’on ait vu ou non (comme moi) la bande-annonce, qu’on en attende énormément (comme moi encore) ou pas.
C’est un peu comme si Spielberg avait fait son Midnight Special avec des éléments tirés de Close Encounters et de ET : nos héros sont poursuivis par des forces péri-gouvernementales pour ce qu’ils détiennent, mais surtout pour le danger que la divulgation de leur savoir entraînerait au niveau de la population. Après des décennies de fictions plus ou moins réalistes fondées sur la possibilité qu’un premier contact avec les extraterrestres a bien eu lieu (sans compter les séries, qui sont allées généralement beaucoup plus loin sur le plan du secret, du complot et de la manipulation des médias – X-Files, par exemple), c’est comme si le créateur de Jaws avait décidé de ne plus donner dans la surenchère originale, mais de surfer sur ce qu’il avait insufflé dans la culture populaire.
Donc, c’est du déjà vu. Au temps pour la nouveauté.
Reste donc à appâter le spectateur autrement : la maîtrise technique, l’art de la narration, un casting trois étoiles. Et l’équipe de choc : Koepp au scénario, Kaminski à la photo, Williams au score. La garantie d’un travail bien fait, rondement mené, et en parfait accord avec la vibe de Spielberg.
De fait, la réalisation est parfois stupéfiante, sa maîtrise de la caméra est époustouflante : certains plans tournoyants rendront béats les cinéphiles. Le père d’Indiana Jones a encore de la ressource, même si certaines actions semblent avoir été écrites pour permettre quelques prouesses visuelles.
Reste l’écriture : et là, ça coince. On a la vive impression que tout semble être resté dans les années 80. C’est assez déroutant, les personnages (peu charismatiques) s’en sortent de manière systématiquement trop facile avec des méchants pas très méchants et très laxistes. C’est parfois confondant de puérilité, et l’attitude des professionnels chargés de traquer les fugitifs a de quoi interroger.
Il y a néanmoins de beaux passages et les acteurs font tous le job avec application. Soulignons que les dialogues, pour une fois, ne sont jamais niais : on n’a certes pas le naturel et le flow de ses films mettant en scène des enfants mais l’ensemble dégage une impression de bienveillance qui colle avec la notion d’empathie qui baigne le script. Les réactions des incrédules sonnent juste, les atermoiements des deux personnages principaux (David, qui s’est enfui avec sa copine en possession d’archives classifiées remontant aux années 40 ; Margaret qui s’est soudain retrouvée avec la capacité de lire les pensées de ses proches et parler d’autres langues) ne sont pas lassants et entretiennent un rythme idéal.
Cependant, on ne vibre pas autant qu’on le voudrait. La scène finale, qu’on voit venir longtemps avant, rassemble bien tous les critères de la séquence tire-larmes (montée du suspense, moment de vérité et gros violons) mais ne parvient pas réellement à transcender son sujet.
Sans être un coup d'épée dans l'eau, le film n'apparaît pas comme définitif sur le sujet, davantage comme une énième variation sans grande ambition : on n'en ressort ni bouleversé, ni transfiguré - ce qui sonne comme un aveu d'échec.
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Titre original |
Disclosure Day |
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Date de sortie en salles |
10 juin 2026 avec Universal Pictures |
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Réalisation |
Steven Spielberg |
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Distribution |
Emily Blunt, Colin Firth, Josh O’Connor & Eve Hewson |
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Scénario |
David Koepp d’après une idée de Steven Spielberg |
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Photographie |
Janusz Kaminski |
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Musique |
John Williams |
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Support & durée |
35 mm en. 2,39 :1/ 145 min |