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l'Ecran Miroir

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[critique] Blade II : épiphanie vampirique

[critique] Blade II : épiphanie vampirique

Avec l'arrivée de Guillermo Del Toro, la franchise passe un cap. Le réalisateur mexicain, en amoureux passionné du cinéma de genre, s’approprie complètement le personnage et les codes pour nous les resservir surboostés ; éliminant les longueurs et les passages inutiles du premier volet, il se concentre sur l’action, les décors, les accessoires et l’éclairage pour les faire coller au maximum à ce qu’il désire entreprendre : le film d’action ultime, sorte de digest d’anime ultraviolent (certains y ont vu l’influence de Kawajiri) et du vampirisme gothique pur jus.
Ainsi, si le scénario reste bancal (on a toujours Goyer à l’écriture) mais la réalisation parvient à trouver un équilibre idéal entre scènes d'action punchy, combats ultra stylisés (merci Donnie Yen, qui apparaît d’ailleurs dans le Bloodpack mais qu’on aurait aimé voir plus longtemps à l’écran) et répliques qui tuent. Snipes est plus poseur que jamais mais il trouve en Ron Perlman un rival mémorable en termes d'égo surdimensionné. Testostérone et hémoglobine inondent l’écran ; les adversaires se jaugent, se provoquent puis s’affrontent au sabre ou au poing : tous les arts martiaux sont passés en revue, sans oublier force explosions et gunfights mémorables. Ca frise souvent le ridicule mais ça sonne pour une fois, et paradoxalement, juste. C’est que l’amateur voit ici l’accomplissement de la plupart de ses vœux : des dialogues qui ne servent qu’à entretenir les statuts de chacun (pratiquement que des punchlines assassines, entre cynisme et humour bon enfant), à se ménager une pause avant de retourner tête baissée dans les combats. Et Del Toro de nous servir quelques plans hallucinants de plongeons acrobatiques et de rétablissements miraculeux, gérant plutôt finement l’utilisation des câbles, nous gratifiant de duels d’une lisibilité exemplaire, privilégiant les plans moyens tout en poussant dans ses retranchements les possibilités de sa L-cam nouvelle génération.
Délectable, pour les amateurs, jouissif même. On y trouvera bon nombre de plans et de séquences qui se voient propulsés au rang de « culte » et jetteront les bases des futures exigences des producteurs du genre. A noter aussi que le film semble une sorte de répétition générale à l’un des chefs-d’œuvre de Del Toro : Hellboy II. Les connaisseurs reconnaîtront sans trop de peine (malgré le maquillage) l’acteur Luke Goss dans le rôle de Nomak, le même qui devait, 6 ans plus tard, incarner brillamment le très charismatique Prince Nuada.
Un mot sur cette race mutante de vampires : si l’essentiel du mythe initié dans le premier volet (et hérité du comic-book Marvel de Wolfman & Colan) demeure intact, on aura la surprise de croiser ces Reapers, êtres répugnants, d’une sauvagerie inouïe et qui s’avèrent bien plus proches des créatures qu'il a imaginées pour  la Lignée que de Dracula (lequel sera au cœur du 3e volet).
Inutile de dire que le blu-ray est un excellent produit (le DVD collector était déjà une référence) : bourré de bonus, on appréciera au choix les nombreux documentaires sur le tournage ou les commentaires audio dans lesquels on pourra profiter de la bonne humeur communicative d’un Del Toro qui aime tellement son métier qu’il nous en fait profiter jusqu’à la lie. L’image est très agréable et fait honneur aux nombreux effets de lumière, très lisible même en basse lumière. Le son (VO et VF en DTS-HD) est dévastateur et d’un équilibre judicieux.
 
Retrouvez ci-après la liste des films de vampires chroniqués sur ce blog : il suffit de cliquer sur la bannière.
 
 

 

Titre original

Blade II

Mise en scène 

Guillermo Del Toro

Date de sortie

19 juin 2002 avec New Line

Scénario 

David S. Goyer à partir du comic-book de Wolfman & Colan

Distribution 

Wesley Snipes, Kris Kristofferson, Ron Perlman & Luke Goss

Photographie

Gabriel Beristain

Musique

Marco Beltrami

Support & durée

Blu-ray Metropolitan region B (2012) ; 2.40 :1 / 117 min

 

 

Synopsis : Blade continue son combat. Secondé par Scud, un jeune homme doué pour la haute technologie, il doit d’abord tenter de retrouver Whistler, qu’on croyait mort à la fin du 1er épisode. C’est à ce moment qu’il est contacté par une troupe de vampires suréquipés et entraînés pour l’affronter : ce Bloodpack lui propose une trêve, le temps d’éliminer une nouvelle menace sous la forme de Nomak, le prototype d’une nouvelle espèce de vampire mutante…

[critique] Blade II : épiphanie vampirique