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l'Ecran Miroir

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[critique] No pain no gain : pause récréative

[critique] No pain no gain : pause récréative

Petite pause « récréative » pour Michael Bay entre Transformers 3 et 4, No pain no gain raconte une histoire incroyablement glauque, qui en serait presque drôle si elle n'était pas inspirée de la réalité. La perversion du rêve américain mise en scène par le réalisateur de Bad Boys.

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Cela fait plus de 10 ans que Michael Bay tient le script de No pain no gain. Une décennie pendant laquelle il ne cessait de répéter qu'il voulait revenir à des films à taille humaine, alors que les projets qui lui étaient confiés et les budgets qui lui étaient alloués étaient de plus en plus colossaux.

C'est finalement en acceptant de mettre en route un quatrième épisode des aventures d'Optimus et de sa clique, que les producteurs lui donnèrent le feu vert pour réaliser son « petit » long-métrage.

Michael Bay l'annonce d'emblée : son film est « un mélange entre Fargo et Pulp Fiction ». Cette citation - un peu prétentieuse il est vrai - sortie du dossier de presse a de quoi surprendre les fans de Tarantino et des frères Coen, pourtant Michael Bay a effectivement réalisé - lui-aussi - sa propre comédie noire. On pourrait voir dans cette obsession de revenir à un petit budget, et dans sa comparaison avec des réalisateurs aussi estimés, une volonté de prouver son statut d'auteur. Bay a certes un cinéma ultra marqué et facilement identifiable en quelques plans, mais avec ce  No pain no gain, on aurait presque l'impression qu'il cherche une nouvelle légitimité.

Doté d'un budget de « seulement » 20 millions de dollars (il faut en compter 200 pour les Transformers), No pain no gain se regarde comme un petit divertissement a priori jouissif. Un film à échelle réduite pour Michael Bay et qui lui aurait « permis de se sentir plus léger et de regonfler [son] envie de faire du cinéma ».

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Pourtant, rien ne change en apparence avec No pain no gain. Le film est bel et bien réalisé par le metteur en scène de Bad Boys et de Transformers. On y retrouve les mêmes tics et gimmicks (le fameux plan circulaire traversant les murs), les mêmes genres de personnages (on pense à la famille du héros de Transformers par exemple), la même vulgarité.

Cette vulgarité sied d'ailleurs très bien au récit, puisqu'elle en est le cœur même. A l'instar de Bad Boys 2 (le summum jusqu'alors), No pain no gain est trash, violent, esthétiquement clinquant, aux couleurs criardes, bruyant, grossier. Une manière de dépeindre l'Amérique telle que Michael Bay la perçoit ? C'est en tous cas ce que l'on imagine aisément. No pain no gain, c'est avant tout l'histoire surréaliste de 3 potes gentiment crétins, prêts à tout pour atteindre une sorte de bonheur illusoire, leur « rêve américain ».

Le leader, Daniel Lugo, est un coach sportif ambitieux qui côtoie tous les jours une clientèle riche et bien souvent arrogante. Afin lui aussi d'accéder à une vie « meilleure », il va entraîner ses deux complices influençables dans une sombre histoire de kidnapping. Mais bien entendu, la situation va vite se compliquer…

En mettant en avant l'ironie qu'il y a à suivre ces grands sportifs obsédés par leur image et fiers de leur corps (qu'ils ont passé des heures à entretenir), et paradoxalement incapables d'appliquer la même recette lorsqu'il s'agit de gagner leur vie à la sueur de leur front, le réalisateur essaie de dénoncer les déviances d'une société en quête de reconnaissance, de gloire et de fortune. En ce sens, le film est d'actualité et rappelle Spring Breakers et The Bling Ring. Malheureusement la comparaison s'arrête net, Bay n'arrivant pas à pousser la réflexion, préférant tout miser sur le spectaculaire au détriment de la profondeur.

Si le film en lui-même est un divertissement plutôt amusant - bien que très mal rythmé - il devient franchement glauque dès lors que l'on se rappelle qu'il s'agit d'une histoire vraie. Ainsi, ce qui pouvait éventuellement amuser devient d'un coup terrifiant. Plus que l'histoire sordide, c'est la manière dont elle est mise en scène qui prête à se poser des questions. La direction artistique étant en phase avec le sujet, comment expliquer le malaise ressenti lorsque l'on voit les scènes de tortures abordées sous un ton comique ? On est dans l'excès le plus total, pourtant jamais on ne ressent de recul nécessaire. Bay a l'air d'apprécier davantage ses anti-héros en les rendant sympathiques même lorsqu'ils font les pires atrocités (il les excuse par leur ignorance et leur bêtise), que leurs victimes, montrées sous leurs pires aspects. C'est pas grave si on se marre quand on les torture, après tout, ce sont des gens « méchants » ! Bonjour la subtilité ! Ce manque de finesse nuit énormément au film. Et ce n'est pas comme si Bay voulait juste se contenter de faire une comédie noire uniquement et vaguement basée sur des faits réels… Il insiste au contraire dessus ! Il s'en vanterait presque ! La scène du barbecue en est d’ailleurs un parfait exemple. Non content de vouloir nous faire rire avec un acte aussi stupide qu'horrifiant, il nous balance en gros sur l'écran (au beau milieu du film) que c'est tiré d'une histoire vraie : « Ne l'oubliez pas ! ».

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Dès lors, on commence à se lasser des gesticulations fatigantes des personnages, on comprend qu'il ne faudra rien attendre de plus de la part d'un réalisateur plus préoccupé par le côté « cool » que par la triste réalité de l'histoire qu'il raconte. Il aurait peut-être pu s'abstenir de garder les noms des personnes réelles et surtout de les montrer à la fin pendant le générique. Le film aurait pu tout simplement n'être que cette petite comédie tant revendiquée, au lieu d'insister lourdement sur la véracité de l'histoire.

On aurait alors pu profiter davantage des excellents comédiens, bien dirigés même si dans la caricature constante. Néanmoins, un Michael Bay aussi étrange vaut le détour, il mérite même un petit succès en salles. En effet, on aimerait voir le réalisateur à l'avenir sur des sujets aussi risqués, et moins enfermé dans une franchise qui commence à lasser. En plus, il y a Mark Wahlberg et Dwayne Johnson, et ça, ça ne se manque pas !

 

Ma note (sur 5) :

2

 

 


 

 

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Titre original

Pain & gain

Mise en scène 

Michael Bay

Production 

Bay Films, De Line Pictures & Platinum Dunes, distribué par Paramount

Date de sortie France 

11 septembre 2013

Scénario 

Christopher Markus & Stephen McFeely sur une idée de Pete Collins

Distribution 

Mark Wahlberg, Dwayne Johnson, Tony Shalhoub, Ed Harris & Ken Jeong

Durée 

129 minutes

Musique

Steve Jablonsky

Photographie

Ben Seresin

Support 

35 mm ou numérique

Image 

2.35:1

Son 

Dolby digital 5.1

 

Synopsis : A Miami, Daniel Lugo, coach sportif, ferait n'importe quoi pour vivre le "rêve américain" et s’offrir maisons de luxe, voitures de course et filles de rêve… Avec deux complices, il dresse un plan simple et (presque) parfait : enlever un de ses plus riches clients et… lui voler sa vie. No Pain No Gain s'inspire de l'histoire incroyable mais vraie de ces trois kidnappeurs amateurs embarqués dans une série d'actes criminels qui dégénèrent rapidement… Rien ne se déroule jamais comme prévu.

 


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