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l'Ecran Miroir

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[critique] Mains armées : la guerre des polices n’aura pas lieu

[critique] Mains armées : la guerre des polices n’aura pas lieu

Mains armées 00

Voilà un petit film français bien affairé à sa tâche, concentré sur son sujet et qui ne semble à aucun moment lâcher l’affaire. Après vous avoir proposé de gagner des places, autant en parler un peu, non ?


Mains armées se déroule en trois temps : d’abord, tandis qu’une section de l’Office central de Police enquête sur un trafic d’armes de l’OTAN ayant servi pour des braquages à Marseille, une brigade des Stups de Paris mène des opérations pour coincer de gros dealers (on arrête des sous-fifres, on les menace et on attend qu’ils nous mènent à de plus gros poissons).

Mains-armees-02.jpg

Ensuite, les flics marseillais montent sur la capitale pour poursuivre une piste serbe, liant les armes à de la cocaïne. Inévitablement, les enquêtes finiront par s’entremêler. Mais si le commissaire Lucas Scali de l’Office Central décide d’impliquer la jeune Maya Dervin des Stups, c’est également pour une raison personnelle. La bande annonce dévoile tout de ce secret, ne laissant dès lors au spectateur que le choix de voir où le mèneront les enquêtes. Ces dernières sont montrées avec beaucoup de réalisme, en insistant sur les relations entre agences (pas toujours très nettes), les moyens parfois limités pour la surveillance ou l’investigation, le quotidien des équipes : en service, on s’entraide, on est complice mais la tension nerveuse, la fatigue, le stress entraînent des crises qu’il faut absolument noyer dans l’œuf. Et si Maya (très convaincante Leïla Bekhti, même si elle a tendance à en rajouter dans l’amertume d’une vie ratée) ronge son frein dans l’espoir d’être enfin prise pour une vraie policière – et d’enfin exister aux yeux de ses parents et d’un supérieur trop protecteur – Juliette connaître parallèlement la même désillusion : enceinte, elle court trop de risques et le commissaire Scali (Zem, un roc qui mettra beaucoup de temps avant de s’effriter sous l’émotion) cherchera naturellement – mais forcément un peu désobligeamment – à la protéger.


Le métrage est plutôt long, pourtant il parvient à enchaîner ses séquences sans qu’on s’en aperçoive et sans passer par les séquences opportunes d’action : le rythme lourd et le cadre serré choisissent le parti de l’oppression et le récit s’oriente davantage vers la résolution d’une double enquête assez glauque – et malheureusement assez confuse, le script se permettant quelques approximations afin d’y coller la croisade finale de Maya, qui manque cruellement de punch. Le facteur humain, malgré la réussite des dialogues parsemés de non-dits révélateurs, de regards voilés, finit par se dissoudre dans un finale un peu simplet. La confrontation entre Scali/Zem et l’énigmatique Bass/Lavoine (qui parvient longtemps à entretenir le doute sur son côté « ripou ») manque aussi le coche.

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N’empêche : parvenir à intéresser le spectateur sans avoir forcément recours à un rythme trépidant, de la violence gratuite, du sexe et de l’action non-stop, c’est plutôt encourageant.


Ma note (sur 5) :

3,4

Note moyenne au Palmarès (juillet 2012) :

3,05

 

> A lire aussi : la critique de Nico de Filmosphère, plus détaillée.


Mains armées


 Mains-armees-01.jpg

Mise en scène 

Pierre Jolivet 

Genre  

Policier 

Production  

Mars Films, 2.4.7 Films & France 2 Cinéma

Date de sortie France 

11/07/2012

Scénario 

Pierre Jolivet & Simon Michaël

Distribution 

Roschdy Zem, Leïla Bekhti & Marc Lavoine

Durée 

105 min

  


Support 

HDDC

Image 

35 mm ; 16/9

Son 

VF DD 5.1

 

 

Synopsis Lucas a 46 ans. Un grand flic, patron au trafic d’armes à Marseille. Maya a 25 ans. Elle est jeune flic aux stups, à Paris. Comme souvent, les armes croisent la drogue. Et Lucas va croiser Maya. Pas forcément par hasard. Flag, braquage, indics… leurs enquêtes vont s’entremêler.
Leurs vies aussi. Parce que leur histoire a commencé bien longtemps avant leur rencontre…