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l'Ecran Miroir

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Blood, the last vampire

Blood, the last vampire

Un film de Chris Nahon (2009) avec Gianna Jun, Allison Miller, Liam Cunningham

 

Résumé AllôCiné : A la veille de la guerre du Vietnam, une base américaine est infestée par d'étranges créatures démoniaques à l'apparence humaine. Une jeune fille répondant au nom de Saya est envoyée sur place par une organisation gouvernementale secrète dans le but de les éliminer. Pour mener à bien sa mission, elle adopte alors l'identité d'une écolière et intègre le collège de la base.

 

Vu au cinéma, par Vance

 

Le moins que je puisse dire, c’est que j’avais été prévenu. Et plutôt deux fois qu’une. Sans parler des premières notes qui tombaient pour la comptabilité que j’exerce dans le cadre du Palmarès (toutes, sauf une, frôlaient la catastrophe), les articles des blogs amis comme les réactions sur Facebook semblaient unanimes sur le sujet : Blood, the last Vampire est une très médiocre adaptation de l’anime de 48 minutes qui, voici 10 ans, avait pas mal bouleversé la scène internationale, remportant de nombreux prix et suscitant des vocations. Ce petit film d’animation n’était, pourtant, qu’une sorte d’exercice de style au script minimal, aboutissement d’un projet porté par le talentueux Mamoru Oshii. Les ellipses et zones d’ombre, nombreuses, laissaient la place et le champ libre aux scénaristes compétents – ce qui fut fait par le biais d’une série laborieuse.

Les qualités d’écriture et de persuasion de Kiko n’y ont rien fait : la Fête du cinéma, l’approche des vacances, le sujet même et quelques rares avis contraires me poussèrent à m’engager dans l’aventure. Auparavant, j’avais même pris soin de revisionner le film d’animation de Kitabuko [lire la chronique].

Au départ, un défilant présente l’univers. Peut-être pas très élégant, mais c’était peut-être pour ménager davantage de suspense et d’exploration psychologique.

Ha ! Quelle naïveté !

Ca commence par la scène du train : Saya est assise dans un wagon, presque seule. Un passager à l’allure quelconque parcourt un journal des yeux. Les lumières vacillent, le passager se risque à un regard vers elle, qu’elle lui rend. L’affaire est entendue. Le premier sait déjà que son sort va se jouer dans les secondes qui viennent. Premières tensions, premières giclées de sang.

Et, déjà, l’anime de 2000 enterre son remake live : malgré un bon travail sur la photo et un renforcement du sound design, malgré une volonté de coller au maximum aux cadres remarquables et au découpage de Kitabuko, on reste sur notre faim : il y a un côté poussif, renforcé par le prolongement inutile de certaines séquences. Là où l’anime opérait par une savante progression dans la violence, l’action brute et l’horreur, le film s’alourdit trop vite, et trop tôt, de scènes choc qui, si elles sont chorégraphiées avec soin (et avec un côté gentiment ludique), arrivent généralement avec si peu de fluidité que c’en est dérangeant. Les dialogues sont d’une navrante complaisance, quand ils ne sombrent pas dans le cliché le plus éhonté (« N’oublie pas que tu es humaine ! » dit la jeune fille à Saya sans qu’on ait compris comment elle avait découvert le secret de ses origines…). Les paroles sont tellement plates qu’elles ne prêtent même plus à sourire. Reste l’exploration du passé de Saya, par des flashbacks honorables mais trop niais pour être honnêtes. Son véritable statut se perd dans des motivations fluctuantes. Le fait de lui coller une jeune fille qui passe de la nymphette effarouchée à une partenaire redoutable (elle réchappe d’une explosion de flammes, de la strangulation par la reine des démons et d’une chute dans une mare !) avec une sidérante facilité pouvait lisser croire à un développement portant sur le caractère taciturne, ombrageux de Saya : peut-elle s’intégrer dans la société ? Ressentir de la compassion, de l’amitié ? Oui, mais on s’en fout en fait. C’est beaucoup trop poussif et étouffé par les combats. On n’aura même pas droit à la péripétie due au sabre « de pacotille » de l’anime : ici, celui de Saya tranche du début à la fin, ce qui ne l’empêche pas d’user d’à peu près tout ce qui lui tombe sous la main pour se débarrasser d’une horde de démons hantant un bar à l’insu des humains. Le découpage et le montage, heurté et à l’aune du Time-warp cher à Snyder dans 300, incluent en outre des effets numériques moins réussi que dans le film cité, le sang apparaissant en gros bouillons de bulles sombres, puis disparaissant aussitôt. Pire, les effets pyrotechniques et les transformations sont complètement ratés.

(Très) décevant.