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l'Ecran Miroir

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[critique] Wallace & Gromit : la Malédiction du Lapin-garou

[critique] Wallace & Gromit : la Malédiction du Lapin-garou

[critique] Wallace & Gromit : la Malédiction du Lapin-garou

Voici un long-métrage amoureusement réalisé par des amateurs (dans le sens noble du terme) de cinéma, avec des personnages attachants et particuliers se mouvant dans un monde complètement référentiel. A l'heure où Shaun le mouton s'apprête à dominer le monde des toiles et des salles obscures, il est bon de se rappeler ce que les studios Aardman (aidés à la production par Dreamworks) avaient déjà apporté au cinéma.  

Après un générique un brin nostalgique faisant office d’album photo (et ravivant les souvenirs des connaisseurs), on découvre que notre duo (Wallace, inventeur génial mais irresponsable, notoirement friand de crackers au fromage, et son chien Gromit, sensible, malin, attentionné et suspicieux, l’adulte de la famille) s’est lancé avec succès dans la surveillance des jardins privés et la traque sans relâche des lapinous dévoreurs de légumes. Le problème est qu’ils ne savent pas trop quoi faire des bestioles qu’ils chopent. Là-dessus, Wallace tombe amoureux d’une lady, se fait du souci pour son régime et évoque une machine révolutionnaire censée reconditionner l’esprit… Un soir de pleine lune, il va tenter l’improbable et déclencher la malédiction…

 

L'ensemble est incontestablement vif, adroit, parfois sensible ou coquin et assez rigolo, mais moins percutant et délicieusement pervers que les courts-métrages qui sont régulièrement rediffusés à l'occasion des fêtes de fin d'année (je pense surtout à the Wrong Trousers, inégalable, dont le long-métrage reprend d'ailleurs la structure). Ca manque ainsi parfois de rythme : comme dans Chicken Run, on sent Nick Park (le créateur des personnages) et Steve Box moins à l’aise sur le format supérieur. Il n’empêche que ça fourmille comme d’habitude de bonnes idées dont l’inspiration est évidente : entre un Lapin Garou (inquiétant au début, puis adorable ensuite) accroché à la manière d’un King Kong et une foule en colère montant à l’assaut d’un château (séquence classique des Frankenstein), on nage dans une ambiance connue et abondamment codifiée piochant avec délices dans les monuments de la culture bis. Les bruitages et la bande originale sont à l’avenant – une petite recherche nous annonce que Hans Zimmer a supervisé la production musicale de Julian Nott, le compositeur attitré (Dreamworks oblige !). A part quelques ralentis et effets pyrotechniques, et (pour la première fois) des insertions numériques pour certaines textures impossibles à simuler autrement, l’essentiel est dû à la bonne vieille animation image par image : c’est, avec le recul, incroyable de précision et de fluidité – et on ne peut que s’extasier devant tant de travail fignolé avec respect et un véritable amour de l’Art. On remarquera que la "peau" des personnages présente un aspect légèrement différent des précédentes productions, sans doute un effet de ce nouveau matériau modelable que les studios Aardman ont mis au point (les personnages sont conçus à partir de squelettes métalliques recouverts de pâte).

 

 

Les gamins adoreront les lapins, les adultes souriront aux clins d’œil salaces et aux références ciné qui pullulent sans jamais dénaturer le récit.

 

C'est du très, très bon spectacle et une référence en matière de long-métrage « familial », sachant procurer du plaisir à toutes les tranches d’âge.

 

 

 

 wallace-et-gromit.jpg

Titre original

Wallace & Gromit : the Curse of the Were-Rabbit

Réalisation 

Nick Park & Steve Box

Date de sortie

12 octobre 2005 avec UIP

Scénario 

Burton, Box, Baker & Park

Distribution

Les voix en VO de Helena Bonham Carter, Peter Sallis & Ralph Fiennes

Photographie

Dave Alex Riddett & Tristan Oliver

Musique

Julian Nott

Support & durée

35 mm / 85 min

 

 

Synopsis : Une "fièvre végétarienne" intense règne dans la petite ville de Wallace et Gromit, et l'ingénieux duo a mis à profit cet engouement en inventant un produit anti-nuisibles humain et écolo, qui épargne la vie des lapins. L'astuce consiste simplement à capturer, à la main, un maximum de ces rongeurs et à les mettre en cage. A quelques jours du Grand Concours Annuel de Légumes, les affaires de Wallace et Gromit n'ont jamais été aussi florissantes, et tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes, si un lapin-garou géant ne venait soudain s'attaquer aux sacro-saints potagers de la ville. Pour faire face à ce péril inédit, l'organisatrice du concours, Lady Tottington, se tourne vers nos deux "spécialistes" et leur demande d'appréhender le monstre.

[critique] Wallace & Gromit : la Malédiction du Lapin-garou