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l'Ecran Miroir

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[critique] Demolition : la vallée du deuil

[critique] Demolition : la vallée du deuil

[critique] Demolition : la vallée du deuil

Demolition

Avec Demolition, le réalisateur canadien Jean-Marc Vallée livre une œuvre forte mais parasitée par des sous intrigues dispensables et une morale incompréhensible. On ressort avec la sensation d’avoir vu un bon film à l’interprétation impeccable mais dont on ne sait pas quoi penser.

L’année dernière, Jean-Marc Vallée nous avait offert le magnifique Wild avec Reese Witherspoon, l’un de nos coups de cœur. Autant dire que nous étions extrêmement impatients de découvrir le nouveau film du talentueux réalisateur de Dallas Buyers Club, dont la présence de l’impeccable Jake Gyllenhaal au casting avait de quoi donner encore plus envie.

Impression mitigée après la projection, tant Demolition n’est pas facile à cerner. Pour simplifier, c’est un film qui exacerbe les qualités mais également les défauts de la mise en scène du réalisateur canadien. Sujet complexe à aborder, scénario ambitieux, Demolition est une œuvre forte et ne cédant jamais à la facilité. Mais il est également à l’image de son acteur et personnage principal : insondable, cachant sa vraie nature et sa sensibilité derrière une façade glaciale. Difficile de comprendre les réactions – ou plutôt l’absence de réactions - de cet homme en proie au deuil, qui ne semble le traverser que par procuration, et dont la reconstruction psychologique passera par une phase de démolition physique.

Détruire pour mieux rebâtir. Une histoire fondée sur un concept intrigant et lourd en symbolique, qui pourrait s’appliquer au film en lui-même : pour apprécier Demolition à sa juste valeur, il faudra le déconstruire, séparer les éléments qui nous touchent de ceux qui nous semblent superflus. Car le gros problème du long-métrage, c’est son accumulation de sous-intrigues qui ont tendance à alourdir un récit déjà dense. Tout ce qui concerne la correspondance est particulièrement réussi, ce qui l’est moins, c’est l’écriture des personnages secondaires et de leurs trop nombreux arcs narratifs. Les parcours de la responsable du service client incarnée par Naomi Watts et de son fils occupent beaucoup trop de place dans le récit, tout comme les révélations faites sur le passé de la femme du personnage principal semblent complètement inutiles (voire aller à contre-courant du message du film).

Dommage, car le métrage aurait gagné à être plus simple. Malgré tout, l’incroyable performance d’un Jake Gyllenhaal tout en rage contenue parvient à maintenir l’intérêt tout du long. Et le cinéma de Jean-Marc Vallée propose toujours de belles choses. Il suffit juste de faire le tri. Cependant, si le film parvient à vous toucher, il le fera de très belle manière. Inutile de vous dire que la bande originale et la photo sont à la hauteur, une fois de plus, comme d’habitude.

 

Pas totalement convaincant, donc, néanmoins suffisamment insolite pour attirer votre attention. Et l’on se dit que le prochain projet du réalisateur saura davantage nous satisfaire.

 

 

 

Titre original

Demolition

Mise en scène 

Jean-Marc Vallée

Date de sortie

06/04/2016 avec la 20th Century Fox

Scénario 

Bryan Sipe

Distribution 

Jake Gyllenhaal, Naomi Watts, Judah Lewis & C J Wilson

Photographie

Yves Bélanger

Musique

Susan Jacobs

Support & durée

35 mm en 2.35 : 1 / 100 minutes

 

Synopsis : Banquier d'affaires ayant brillamment réussi, Davis  a perdu le goût de vivre depuis que sa femme est décédée dans un tragique accident de voiture. Malgré son beau-père qui le pousse à se ressaisir, il sombre de plus en plus. Un jour, il envoie une lettre de réclamation à une société de distributeurs automatiques, puis lui adresse d'autres courriers où il livre des souvenirs personnels. Jusqu'au moment où sa correspondance attire l'attention de Karen, la responsable du service clients. Peu à peu, une relation se noue entre eux. Entre Karen et son fils de 15 ans, Davis se reconstruit, commençant d'abord par faire table rase de sa vie passée …