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l'Ecran Miroir

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[critique] Fast & Furious 7 : au 7e ciel

[critique] Fast & Furious 7 : au 7e ciel

[critique] Fast & Furious 7 : au 7e ciel

Véritable délire cartoonesque et jubilatoire, Fast & Furious 7 s'impose comme le meilleur film d'une franchise qui n'a eu de cesse de gagner en qualité au fil des épisodes. Avec une sincérité et une honnêteté qui font de plus en plus défaut à nombre de blockbusters, toute cette équipe à laquelle on a fini par s'attacher s'adresse directement aux fans en donnant tout pour leur livrer un spectacle encore plus fou et généreux que les précédents, avant de terminer sur un épilogue aussi touchant qu'élégant. Un divertissement total, drôle, qui enchaîne les répliques culte, et qui se permet également le luxe de tirer vers le haut les plus nanardesques films de la saga. A voir impérativement pour tout amateur d'action !

Qui aurait pu imaginer, lors de sa sortie au cinéma courant 2001, que ce petit succès surprise - complètement crétin et inoffensif - allait devenir le premier épisode d'une franchise aussi importante et lucrative pour les studios Universal, que jubilatoire pour des fans toujours plus nombreux et fidèles ? Car cela fait maintenant bientôt quinze ans que la saga Fast & Furious est installée dans le paysage cinématographique, et elle se porte mieux que jamais, avec désormais 7 films au compteur. Et si ceux-ci ne sont pas de qualité égale, avec trois premiers opus à la limite d'être de sympathiques nanars tout juste bons pour passer sur NRJ12 en deuxième partie de soirée (du moins en apparence), l'on ne pourra nier que la série n'a eu de cesse de s'améliorer pour devenir à partir de Fast 5 vraiment incontournable et attachante. Encore plus intéressant, contrairement à d'autres sagas populaires, ce ne sont pas les mauvais films qui ont tendance à tirer la franchise vers le bas mais l'inverse : les meilleurs épisodes (5, 6 et 7 notamment) tirent les plus embarrassants vers le haut sans les renier mais en les intégrant sous forme d'introductions à une histoire beaucoup plus vaste.

Du coup, après avoir vu ce dernier épisode, l'on a qu'une envie : redécouvrir l'ensemble de l'aventure à partir du début, quitte à devoir se taper les parties les plus nulles, devenant de fait un peu plus intéressantes en raison de ce qui suit, nous faisant donc revoir ces films que l'on était en droit de conspuer à leur sortie en nous les faisant même apprécier réellement ! Alors non, les ressorts narratifs et les rebondissements n'avaient pas été pensés dès le premier Fast & Furious, et oui, le "toutéliage" de ce 7ème épisode nous fait parfois dire que les pirouettes des scénaristes pourraient presque rivaliser avec celles des cascadeurs dans le film, mais qu'importe : au moins rien n'est laissé en suspens, tout a un sens, quand bien même certains éléments de l'intrigue sont intégrés avec une subtilité toute relative (à l'instar de l'amnésie du personnage de Michelle Rodriguez digne d'un cliché de série télé, ou de l'apparition réjouissante d'un Lucas Black ayant encore plus de difficultés pour passer pour un jeune de 20 ans quasiment 10 ans après Tokyo Drift). Bizarrement, ce n'est pas un défaut et cela paraît même très logique : après tout, toute la saga s'est construite autour de l'idée que ses héros ne font jamais dans la finesse pour mener à bien leurs projets (notamment dans Fast 5 où la fine équipe passe la moitié du film à élaborer un plan tout en discrétion avant de décider subitement d'y aller franco en envoyant valser « à la cool » plus d'une heure de préparatifs), d'autant que la production chaotique de ce dernier film, en raison de la disparition du regretté Paul Walker en novembre 2013, ajoute à cet aspect « improvisé » au fur et à mesure du récit.

Le fait est que ce Fast & Furious 7 est fait avec une sincérité et une honnêteté que nombre de blockbusters récents ne parviennent pas à transmettre, et qu'il se présente comme un divertissement plus que jamais en accord avec sa devise : toujours plus fast, toujours plus furious, toujours plus fun. Assumée comme telle, l'équipe donne tout pour livrer à ses fans un spectacle encore plus fou et généreux que les précédents. Il est vrai que l'on n'est plus depuis quelques épisodes devant une simple histoire de courses de voitures, et qu'en revoyant le premier il y a un immense décalage, mais au moins l'on ne pourra pas reprocher à la série de ne pas avoir su évoluer en faisant du surplace. Ainsi, ceux qui étaient des héros modestes sont devenus au fil du temps des sortes de demi-dieux, d'icônes des temps modernes auxquels les spectateurs ont fini par s'attacher. Vin Diesel, plus que jamais leader et impliqué dans le film, reprend son rôle d'ami Ricoré badass organisateur de barbecues autour duquel gravitent tous les personnages qui ont contribué à faire le charme de cette franchise. Et même si l'on se marre toujours autant devant les désormais attendues scènes d'instropection où l'on discute du sens de la vie une binouze (Corona !) à la main, celles-ci ont une saveur toute particulière en raison de leur double sens évident. C'est avec une joie non dissimulée que l'on retrouvera Michelle Rodriguez, Jordana Brewster, Elsa Pataki, Tyrese Gibson et Ludacris, membres de cette « famille © » si chère à Vin Diesel (oui oui, le personnage en fait encore des caisses - on est dans le ton, remarquez - en défendant ses valeurs lors de quelques échanges mémorables aussi naïfs que véritablement sincères). Quant à Dwayne The Rock Johnson (le Thor Polynésien ou encore le Hulk comme il est fait référence dans ce nouvel épisode), le deuxième mec le plus cool du monde après Bill Murray, il s'octroie parmi les scènes les plus jouissives, aussi doué avec une sulfateuse ultra lourde dans les mains qu'en levé de sourcil. Chacun de ses dialogues est amené à devenir culte (impossible de les citer, il n'y a pas un seul son qui ne sorte de sa bouche qui ne soit pas instantanément hilarant), chacune de ses apparitions à l'écran donne envie de se lever de son siège pour l'applaudir. Les petits nouveaux sont également bien mis en valeur, qu'il s'agisse d'un Tony Jaa dont les exploits sont certes un peu trop surdécoupés mais vraiment impressionnants, ou de Kurt Russell (Les Aventures De Jack Burton Dans Les Griffes Du Mandarin) qui ne fait pas - contre toute attente - de la figuration. Jason Statham, en grand méchant de l'histoire, apparaît comme la menace la plus crédible à laquelle a dû faire face l'équipe, et se délecte continuellement en l'interprétant. Il faut voir à ce titre son entrée en scène lors d'un générique d'introduction cartoonesque à souhait, lorgnant parfois dans la surenchère assumée vers L'Agence Tous Risques ou Mission : Impossible Protocole Fantôme.

En fait, Fast & Furious 7 réussit à peu près tout ce qu'Expendables (aux scènes d'action mal exploitées et aux personnages manquant d'épaisseur) et Avengers (trop cynique, trop calculateur, trop avare en action et en rebondissements intéressants) ne parviennent qu'à effleurer, à savoir offrir du grand cinéma d'action populaire intense. En ce qui concerne le personnage de Paul Walker, comparse de toujours de Vin Diesel auquel il est évidemment porté une attention toute particulière dans cet épisode, il lui est offert un épilogue très respectueux. Alors que pendant les 2h précédentes l'on assiste à un déluge de scènes toutes plus délirantes les unes que les autres, le long-métrage s'accorde quelques minutes pour regarder dans le rétro. L'on ne sait plus si ce sont les personnages ou les interprètes qui parlent, ce sont les deux à la fois, et l'on verse notre petite larme devant cet hommage aussi touchant qu'élégant, parfois maladroit mais surtout bienveillant. Et l'on se dit que cette saga - l'une des premières des années 2000 à avoir été inventée de toutes pièces - restera comme l'une des plus bancales, certes, mais aussi l'une des plus attachantes. On ne parle même plus de plaisir coupable, mais d'une vraie et belle saga qui n'aura jamais pris ses spectateurs pour des cons et qui aura même fait preuve d'un immense respect pour ses fans. On ne sait pas s'il y aura un 8e  épisode, mais ce Fast & Furious 7 termine très correctement la franchise entamée il y a 14 ans.

Dans tous les cas, le film prend la forme d'un feu d'artifice final, d'un divertissement total, jouissif, extrêmement drôle. Si vous ne connaissez pas cette saga, mettez de côtés vos préjugés, il ne faut pas spécialement être un amateur de véhicules fluos pour l'apprécier. James Wan, le réalisateur créatif à qui l'on doit The Conjuring, signe un film d'une grande maîtrise, dynamique, respectant la ligne de conduite établie par Justin Lin lorsqu'il a repris les commandes dès le troisième épisode. Pris indépendamment, oui, c'est vrai, tous les films sont un peu cons. Mais ensemble, ils deviennent attachants. La saga aura finalement brassé plusieurs genres, du remake de Point Break à une sorte de film de guerre surréaliste à la Transformers en passant par des ersatz de Karaté Kid, de films de vengeance, de polars, ou Ocean's Eleven, mais elle a finalement trouvé sa propre personnalité dans cette mixité, ce mélange d'origines, ces diverses influences, à l'image des véhicules modifiés et hybrides qui ont fait sa réputation, continuellement bidouillés par des techniciens de talent. Ne boudez pas votre plaisir ! Fast & Furious 7 est le meilleur film de la franchise. A voir impérativement pour tout amateur d'action !

 

 

 

Titre original

Furious 7

Mise en scène 

James Wan

Date de sortie

01/04/15 avec Universal

Scénario 

Chris Morgan & Gary Scott Thompson

Distribution 

Paul Walker, Vin Diesel, Michelle Rodriguez, Dwayne Johnson, Jason Statham, Kurt Russell, Jordana Brewster, Tyrese Gibson, Ludacris, Lucas Black, Tony Jaa, Luke Evans, Elsa Pataky & Djimon Hounsou

Photographie

Marc Spicer & Stephen F Windon

Musique

Brian Tyler

Support & durée

35 mm en 2.35 : 1 / 140 minutes

 

Synopsis : Cette fois la menace prend les traits d’un tueur à gages des opérations spéciales britanniques aussi insaisissable qu’impitoyable, qui n’a d’obsession que la vengeance. Commençant par éliminer sans autre forme de procès Han à Tokyo, puis s’attaquant à Hobbs à Los Angeles, Deckard Shaw ne s’arrêtera que lorsqu’il aura liquidé l’ensemble de l’équipe qui a fait tomber son frère, Owen Shaw lors de leur dernière mission. Quand Shaw fait exploser la maison de Dom Toretto, faisant ainsi voler en éclat le symbole de l’unité familiale de son équipe, ce dernier se voit contraint de demander de l’aide à un autre « fantôme »dans les hautes sphères du gouvernement. Cette fois le marché sera le rapatriement d’un prototype top secret pour le gouvernement américain. Il s’agit en fait d’un géo localisateur de pointe dont ils pourront se servir afin de débusquer l’insaisissable Shaw avant qu’il ne frappe de nouveau. Dom, Brian, Hobbs, Letty, Roman, Tej et Mia vont devoir affronter comme un seul homme le plus grand danger de leur existence, et ce aussi bien dans leur environnement quotidien qu’au bout du monde, d’Abu Dhabi aux rues de Los Angeles.

 

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