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l'Ecran Miroir

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[critique] A Trois On Y Va : entre deux chaises

[critique] A Trois On Y Va : entre deux chaises

[critique] A Trois On Y Va : entre deux chaises

Comédie romantique sur un sujet en apparence « moderne », A Trois On Y Va vaut principalement que l'on s'y intéresse pour la formidable interprétation du trio d'acteurs principaux, parvenant à donner un certain naturel à des dialogues qui paraissent souvent un peu trop « écrits » pour convaincre totalement. Dommage que le film ait souvent le cul entre deux chaises dans le ton qu'il cherche à adopter, et que la caractérisation des trois personnages ne soit pas plus équilibrée. Le film manque globalement de légèreté et de fantaisie.

Il est indiscutable que le nouveau film réalisé par Jérôme Bonnell fait preuve d'une évidente sincérité. Pour être plus précis, A Trois On Y Va s'inscrit parfaitement bien dans la filmographie du metteur en scène de Le Temps De L'Aventure. On commence à y reconnaître une certaine constance, dans la forme comme dans le fond, et il ne sera donc pas illogique de retrouver dans cette sorte de comédie romantique quelques obsessions ou tics émaillant déjà ses précédents longs-métrages. Alors que Le Temps De L'Aventure se déroulait le 21 juin, jour de la fête de la musique, A Trois On Y Va commence un 14 juillet, comme pour mieux introduire l'isolement de ses personnages principaux tandis que le monde extérieur se rassemble et se divertit. On suit une histoire un peu à part, hors du temps. On comprend que les préoccupations de ces personnes sont plus importantes que leur environnement, qu'elles se placent déjà en marge de la société. Un élément à prendre instantanément en considération pour mieux accepter ensuite le triangle amoureux qui va se former, au détriment de la bienséance et des codes moraux.

A Trois On Y Va est une comédie romantique un peu dans l'air du temps sur le passage à l'âge adulte, sur les décisions parfois contraires à la logique que chacun peut être amené à prendre, sur le devoir et la raison face aux envies et à l'intuition. Très surprenant dans sa façon de traiter un sujet aussi délicat et en apparence « moderne », le film parvient à effectuer un numéro d'équilibriste relativement réussi pendant la majeure partie de son temps, malgré un ton très souvent le cul entre deux chaises : ce n'est pas totalement une romance, et ce n'est pas totalement non plus une comédie. Plus problématique, la gestion inégale des personnages. Sans vous spoiler, il est dommage de constater que l'un des trois protagonistes soit moins caractérisé que les deux autres, ou, du moins, plus énigmatique et distant. Pourtant, paradoxalement, l'on s'attache quasi instantanément à chacun des membres du trio. Une qualité que l'on doit principalement au talent de ces trois acteurs, excellents interprètes apportant de la fraîcheur à des dialogues paraissant néanmoins comme trop « écrits » pour convaincre totalement. Et si Sophie Verbeeck et Anaïs Demoustier sont irréprochables, c'est surtout le très drôle Félix Moati que l'on retient, car il parvient à apporter la touche de légèreté nécessaire à un film qui en manque un peu trop souvent. Ces jours-ci l'on a beaucoup parlé de la future adaptation des aventures de Gaston Lagaffe au cinéma, l'acteur nous apparaît comme le plus à même de l'interpréter convenablement avec sa facilité à incarner des personnages au tempérament de doux-rêveur naïf et enthousiaste (pour cela revoyez donc Libre & Assoupi).

En revanche, on aurait aimé peut-être un peu plus de fantaisie dans le film, notamment parce que les rares scènes de pure comédie sont vraiment très drôles et qu'elles permettent au récit de respirer. Car le réalisateur reste tellement au plus près de son trio pour nous faire entrer dans leur intimité - il n'utilise quasiment que des gros plans sur toute la durée du long-métrage - qu'il tend à rendre son histoire plus « lourde » que nécessaire. On ne vous gâchera pas la surprise en vous dévoilant la fin, mais celle-ci pourrait s'avérer également décevante ou ne pas répondre totalement aux attentes des spectateurs.

Mais quoi qu'il en soit, le film est suffisamment bien joué, mis en scène, écrit, et bourré de belles idées (comme par exemple de démarrer au milieu de la nuit pour finir sur un superbe lever de soleil) pour que nous vous le conseillions. Après tout, il s'agit d'une histoire d'amour un peu plus originale que ce qui sort régulièrement au cinéma. Nous lui mettons ainsi la note de 3, et à 3 vous pouvez y aller !

 

 

 

Titre original

A Trois On Y Va

Mise en scène 

Jérôme Bonnell

Date de sortie

25/03/15 avec Wild Bunch

Scénario 

Jérôme Bonnell &  Maël Piriou

Distribution 

Anaïs Demoustier, Félix Moati & Sophie Verbeeck

Photographie

Pascal Lagriffoul

Musique

Mike Higbee

Support & durée

35 mm / 86 minutes

 

Synopsis : Charlotte et Micha sont jeunes et amoureux. Ils viennent de s’acheter une maison près de Lille pour y filer le parfait amour. Mais depuis quelques mois, Charlotte trompe Micha avec Mélodie… Sans rien soupçonner, se sentant toutefois un peu délaissé, Micha trompe Charlotte à son tour… mais avec Mélodie aussi ! Pour Mélodie, c’est le vertige. Complice du secret de chacun. Amoureuse des deux en même temps…

 

 

 

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