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l'Ecran Miroir

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[critique] Wolverine, le combat de l'immortel

[critique] Wolverine, le combat de l'immortel

Alors que les blockbusters estivaux se sont quasiment tous accordés pour faire dans la surenchère façon « destruction à l'échelle mondiale », Wolverine joue la carte du minimalisme tout en assurant le spectacle. Une belle surprise de la part de James Mangold.

Librement inspiré de l'oeuvre de Chris Claremont et Frank Miller de 1982, le film de James Mangold met tout en oeuvre pour nous faire oublier le précédent spin-off centré sur le célèbre membre des X-men, mis en scène en 2009 par Gavin Hood. Il faut dire que la saga cinématographique compte presqu'autant de bons que de mauvais films, et que le fameux X-men origins: Wolverine n'était guère intéressant. C'était même très clairement un bon nanard.

Depuis l'annonce de sa mise en chantier, la production n'a eu de cesse de vouloir rassurer les fans au travers des différentes interventions de Hugh Jackman, réellement concerné et impliqué dans le projet et sincèrement désolé de la nullité du précédent. Pour regagner la confiance des spectateurs, il n'hésitait pas à prouver son respect pour le personnage, citant de nombreuses références mettant en avant sa très bonne connaissance de l'univers des comics, souhaitant revenir à une histoire plus simple et dépourvue de délires pyrotechniques grossiers.

Le pari est réussi. 

                    Wolverine-03-.jpg

Passé entre les mains de grands réalisateurs (Darren Aronofsky et Guillermo Del Toro…), le film fut confié à James Mangold.

James Mangold est un très bon metteur en scène qui aime s'essayer à différents genres, la plupart du temps avec beaucoup de succès. Très talentueux, on lui doit notamment le retour de Sylvester Stallone dans Copland en 1997, et plus récemment la biographie du chanteur Johnny Cash Walk the line, le jouissif actionner Knight and Day et le très beau et méconnu (puisque sorti directement en vidéo en France) western 3h10 to Yuma. Entre autres. Il avait de plus déjà travaillé avec l'acteur australien il y a maintenant plus de 10 ans, dans Kate and Leopold. Il semble que ce qui l'intéressait ici, en plus de faire un film de super héros, soit l'aspect déconnecté à la saga. Wolverine, le combat de l'immortel, se regarde comme un segment détaché, avec un début, un milieu et une fin. Déconnecté, certes, mais pas totalement indépendant non plus, puisqu'il s'insère parfaitement dans la « grande » histoire des X-men. Situé après les événements de X-men 3, le film nous montre un Logan en exil, tourmenté, cherchant un sens à sa vie depuis la disparition de Jean Grey. Son immortalité est devenue un fardeau, il erre sans but dans la nature. Il est retrouvé un jour par une jeune japonaise, lui demandant de l'accompagner à Tokyo afin d'y retrouver une vieille connaissance -Yashida- qu'il a jadis sauvé pendant la seconde guerre mondiale et qui, mourrant, tient à lui faire ses adieux. Arrivé sur place, l'homme fait une proposition singulière à Logan. En effet, Yashida aurait trouvé le moyen de rendre Logan mortel, et lui offre la possibilité de lui transférer son don afin qu'il puisse rester en vie. Le postulat est simple, et permet au film de réellement se centrer sur son personnage principal. L'attraction ici, c'est Wolverine, dont le caractère continue toujours de fasciner le public. Hugh Jackman, en très grande forme, interprète le rôle pour la 6ème fois et fait preuve d'un charisme hors norme. L'acteur est né pour jouer ce personnage.

Toute l'histoire se passe au Japon. Un cadre idéal pour retranscrire l'état émotionnel de Logan: un oeil sur le passé, un oeil sur l'avenir. Culture faite de contrastes, entre tradition et modernité, elle sied bien à ce personnage qui a traversé les époques. Retrouver Wolverine dans cet environnement « dépaysant » accentue cette sensation de voir un homme seul, isolé, incompris.

Malheureusement, si l'idée de base est intéressante, le scénario ne lui rend pas forcément bien justice. Du début à la fin, on s'attend à tout. Les rebondissements n'en sont pas. Les personnages secondaires sont peu développés, et certains font même carrément tâche. On ne connaît par exemple tout simplement pas les motivations du personnage de Viper, et les rôles de Hiroyuki Sanada et de Brian Tee manquent d'épaisseur. Et si le début du film est exemplaire (la première scène, comme souvent dans les X-men, est très impressionante et marquante), la fin vire par instants en nawak total. Des défauts que l'on pardonnera cependant aisément, tant le film offre de bons moments (les actrices principales sont formidables et font bien vivre leur personnage).

Les surprises ne viennent donc pas du scénario, mais de l'action. Chaque séquence mouvementée est accompagnée de belles trouvailles visuelles ou d'ingéniosité dans la chorégraphie. Sans chercher à faire dans la démesure, les scènes d'action ne sont pas avares en spectaculaire et participent à l'iconisation de Wolverine, à sa renaissance (aussi bien dans le film en lui-même que par rapport à la qualité cinématographique de la saga). La séquence sur le train est peut-être un peu inutile, mais au moins elle est amusante et bien rythmée !

The Wolverine revient également un peu sur l'aspect aseptisé de la saga et n'hésite pas à montrer un peu de sang sur les griffes. De la violence légère (un director's cut ?), mais bel et bien présente. Les touches d'humour, en parallèle, ne sont jamais envahissantes, et sont complètement intégrées à l'action. On rit beaucoup, sans jamais que cela ne nous fasse ressortir de l'histoire. 

Quelques maladresses subsistent néanmoins. Pour la première fois, il n'est pas mentionné « X-men » dans le titre, et c'est assez révélateur: le film est tellement focalisé sur Wolverine, que l'on en oublie les pouvoirs des quelques autres mutants à l'écran.

Les nombreuses apparitions de Jean Grey -bien qu'indispensables- ont la tendance à trop en faire et leur traitement frôle le ridicule. 

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Mais, encore une fois, rien qui ne puisse ternir les qualités du film, dont la générosité est à saluer. Alternant scènes d'actions et scènes intimistes, James Mangold réussi à captiver les spectateurs pendant 2 heures qui en paraissent la moitié. Exotique à souhait, l'atmosphère si particulière du Japon confère au film une très belle tonalité, mise en valeur par un très beau et élégant scope. L'image, colorée, est classe et fait plaisir à voir (la 3D apporte une dimension agréable, mais n'est pas indispensable pour autant, sauf peut-être lors d'une seule séquence).

Un divertissement plus que recommandé et honnête, qui continue, après X-men First class, de redorer une saga qui marche sur un fil, à deux doigts de retomber dans le risible. Wolverine, le combat de l'immortel n'a pas la même ambition et la même démesure que les films de l'arc principal, mais il se classe pourtant parmis les meilleurs. Il fait une très bonne liaison avec le futur et très attendu X-men de Bryan Singer. A voir !

Ma note (sur 5) :

    3

 

 Wolverine-01-.jpg

Titre original

The Wolverine

Mise en scène 

James Mangold

Production 

Twentieth Century Fox

Date de sortie France 

24/07/13

Scénario 

Mark Bomback, Scott Frank,

Christopher McQuarrie (non crédité) 

Distribution 

Hugh Jackman, Rila Fukushima,

Hiroyuki Sanada, Tao Okamoto,

Will Yun Lee

Durée 

128 minutes

Musique

Marco Beltrami

Photographie

Ross Emery

Support 

35 mm ou numérique 3D

Image 

2.35:1

Son 

Dolby atmos

Synopsis :Wolverine, le personnage le plus emblématique de l’univers des X-Men, est entraîné dans une aventure ultime au cœur du Japon contemporain. Plongé dans un monde qu’il ne connaît pas, il doit faire face au seul ennemi de son envergure, dans une bataille à la vie à la mort. Vulnérable pour la première fois et poussé au bout de ses limites physiques et émotionnelles, Wolverine affrontera non seulement l’acier mortel du samouraï mais aussi les questions liées à sa propre immortalité.