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l'Ecran Miroir

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[critique] le Monde fantastique d’Oz : familiale fantasy

[critique] le Monde fantastique d’Oz : familiale fantasy

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Le Monde fantastique d'Oz ! Quelle originalité dans la traduction française du titre du film ! Bravo ! Rien que le nom en français est une invitation au voyage : imaginez-vous dans des paysages grandioses, colorés, bariolés, et sentant bon les images de synthèse. Tout un programme ! D'ailleurs, c'est assez marrant de voir que le titre du film dont il est une préquelle, à savoir Le Magicien d'Oz de Victor Flemming, pourrait coller davantage avec le film de Raimi et inversement.

C'est vrai, le titre du Monde fantastique d'Oz irait lui aussi bien mieux avec le film de 1939, puisque l'on suit avant tout les aventures de Dorothy et non celles du magicien. Enfin bon, peu importe, cela ne s'applique qu'avec la traduction française. Mais encore une fois, il ne faudra pas s'étonner si le film ne marche pas et si les spectateurs n'auront pas envie de voir un nouveau film fantastique pour enfants aussi mal « marketé ». 

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Il est vrai que c'est surtout outre-Atlantique que l'univers de Oz est connu. C'est une institution. Une tradition que de voir le film de Flemming, tellement souvent parodié, décliné ou cité : Avatar, Matrix, Fous d'Irène, Star Wars, Star Trek, Laputa, Kiki la petite sorcière, Le Voyage de Chihiro, A.I., E.T. ... Et même Evil Dead 2 de Sam Raimi, déjà ! 

A la base, il s'agit d'un classique de la littérature pour enfant de 1900. Il a eu de nombreuses adaptations en film (dont une avec Michaël Jackson, the Wiz), série, dessin animé, mais la seule référence reste la version de Flemming. Ainsi, le Oz de Raimi est une préquelle à ce film en particulier, puisqu'il en gardera l'esthétique et une certaine continuité artistique. Le film de 1939 commençait dans des tons sépia et passait brusquement à la couleur lorsque Dorothy arrivait au pays d’Oz. Ici, même principe, plus poussé : le film commence en noir et blanc et 1.33 :1, pour passer à la couleur et au 2.35 :1. Bizarrement, je me demande pourquoi Raimi n'a pas choisi de ne mettre le relief que sur la partie à Oz. Je comprends bien que garder les lunettes 3D sur la tête pendant quelques minutes en noir et blanc si le début avait été en 2D aurait pu poser un problème, mais l'effet du passage au relief aurait peut-être été plus justifié. Paradoxalement, c'est pourtant dans les scènes en noir et blanc et avec le cadre en 1.33 que le relief est le plus impressionnant. Le thème du film se prête bien à des effets d'attraction, et certains débordements du cadre sont saisissants. 

On aurait pu craindre qu'en réalisant un film pour Disney, Sam Raimi allait nous refaire le coup de Tim Burton avec Alice au pays des merveilles. Les quelques images promotionnelles allaient dans ce sens. Heureusement, le film du réalisateur de la trilogie Spider-Man s'avère bien plus réussi. S'il ne semble pas avoir eu énormément de libertés (scénario assez carré, pas de folie ou de génie), il signe un film qui ne lui fera pas honte dans sa filmographie, bien au contraire même. Oz est un film familial, principalement pour les enfants, mais qui ne les prend pas pour des imbéciles. Le discours sur les apparences est même assez intéressant, et on remarquera parfois des similitudes entre le réalisateur et le personnage de James Franco

On reconnaît bien la patte du metteur en scène au milieu de cet univers codifié, sa caméra virevoltante et sa virtuosité. Le passage dans la forêt avec ses lianes en vue subjective rappelle fortement Evil Dead ou les tentacules dans Spider-Man 2. Celui du plan du magicien évoque la scène de la fabrication du costume de Peter Parker

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Sam Raimi a par contre été obligé de faire avec un univers visuellement assez kitsch et il en résulte un aspect esthétique assez rédhibitoire : les paysans, les décors, les gardes de la Cité (à noter comme toujours l'apparition de son fidèle acolyte Bruce Campbell). Conscient de l'aspect désuet et ringard (je ne trouve pas d'autre mot) du film de Flemming, il essaie toujours de ne pas trop en faire. Les chansons, élément important du film de 1939, sont quasiment absentes ici. La seule chanson est d'ailleurs presque tournée en dérision, comme si Raimi voulait prendre un peu de recul, seul gros moment où l'on pourrait se demander s'il ne doute pas de son film. La musique est en revanche somptueuse, notamment le thème principal. Ainsi, le métrage est constamment sur le fil, en équilibre, entre la fidélité absolue à l'œuvre de Flemming (le look de la sorcière), logique et justifiée mais qui le dessert aussi, et les petites trouvailles, les nouveautés, qui apportent un peu plus de vie à cet univers. Le passage dans Chinatown est par exemple super émouvant, la scène de réparation de la poupée de porcelaine rappelant le début du film. Je n'en dirais pas plus. 

D'ailleurs, cette poupée est probablement l'un des meilleurs personnages du film. Les acteurs s'en sortent bien, mention spéciale à James Franco et Zach Braff, Rachel Weisz, Michelle Williams et surtout Mila Kunis ont a contrario des rôles assez limités. 

Ce nouveau Oz est un film qui réussit son pari. Si tout n'est pas parfait (direction artistique, images de synthèses parfois franchement ratées), il reste fidèle à l'original, est techniquement solide (3D amusante), bien réalisé (c'est du Raimi et ça se reconnaît) et arrive à être drôle (le passage du plan dans le sable et du cri du singe !). Si vous voulez voir un bon divertissement, vous savez où aller. 

 

 

Ma note (sur 5) :

4

Note moyenne au Palmarès (sur 3 voix) :

2,87

 


 

 le Monde fantastique d'Oz 01

Titre original

Oz, the Great & Powerful

Mise en scène 

Sam Raimi

Genre 

Conte fantastique

Production 

Miller Roth, distribué en France par Disney

Date de sortie France 

13 mars 2013 

Scénario 

Mitchell Kapner & David Lindsay-Abaire d’après l’œuvre de L. Frank Baum

Distribution 

James Franco, Rachel Weisz & Mila Kunis

Durée 

127 min

Musique

Danny Elfman

Photo

Peter Deming

Support 

35 mm ; 3D

Image 

Couleur & N&B ; 2.35:1 & 1.33 :1 ; 16/9

Son 

VOst DD 5.1

 

 

Synopsis Lorsque Oscar Diggs, un petit magicien de cirque sans envergure à la moralité douteuse, est emporté à bord de sa montgolfière depuis le Kansas poussiéreux jusqu’à l’extravagant Pays d’Oz, il y voit la chance de sa vie. Tout semble tellement possible dans cet endroit stupéfiant composé de paysages luxuriants, de peuples étonnants et de créatures singulières ! Même la fortune et la gloire ! Celles-ci semblent d’autant plus simples à acquérir qu’il peut facilement se faire passer pour le grand magicien dont tout le monde espère la venue. Seules trois sorcières, Théodora, Evanora et Glinda semblent réellement douter de ses compétences…
Grâce à ses talents d’illusionniste, à son ingéniosité et à une touche de sorcellerie, Oscar va très vite se retrouver impliqué malgré lui dans les problèmes qu’affrontent Oz et ses habitants. Qui sait désormais si un destin hors du commun ne l’attend pas au bout de la route ?