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l'Ecran Miroir

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[critique] Get Out
[critique] Get Out

Succès surprise aux Etats-Unis, sorte de thriller horrifique teinté de comédie, Get Out de Jordan Peele débarque enfin dans nos salles. Une grosse claque qui devrait devenir un classique du genre, traitant du racisme avec une lucidité extraordinaire, dont le visionnage nous semble nécessaire de nos jours. Si le troisième acte est peut-être too much, il s’agit tout de même d’un très grand film.

[critique] Get Out

Get Out, pendant ses deux premiers actes quasi parfaits, joue avec la suggestion, avec les attentes, avec l’inconfort de ses spectateurs. Jordan Peele ne dicte jamais ce que l’on doit ressentir, il se contente – grâce à ses talents de metteur en scène et à une confiance extrême en son scénario - de dérouler son histoire en laissant la possibilité à son audience de s’interroger sur son propre rapport au sujet. Get Out est un film sur le racisme, certes, mais c’est surtout un film sur toutes les déclinaisons du racisme, y compris celui qui s’ignore, ne tombant jamais dans la dénonciation facile mais sollicitant plutôt l’intelligence et la sensibilité de ses spectateurs pour s’ouvrir un peu plus au dialogue social, dans une démarche d’implication jouant énormément sur l’inconscient collectif. On est littéralement à la place du jeune héros et l’on éprouve exactement les mêmes craintes, les mêmes doutes, et l’on en vient également aux mêmes conclusions que lui lorsque, par exemple, nous voyons une voiture de police arriver dans le champ. L’image est très forte. D’autant que le réalisateur désamorce quasi systématiquement toutes les situations a priori tendues par des petites touches d’humour, au point que l’on en vienne à se demander si nous ne sommes pas tous devenus parano.

[critique] Get Out

C’est à cet instant que l’on se remet en mémoire la brillante scène d’introduction, et que l’on continue, en même temps que le personnage principal, d’analyser les moindres dialogues, les moindres comportements, de tous les protagonistes secondaires que celui-ci va rencontrer. Rarement un film n’a aussi bien joué avec ce double niveau d’interprétation, le spectateur tentant systématiquement de devancer le récit en élaborant tout un tas de scenarii envisageables, cherchant à établir un lien entre l’histoire somme toute « banale » (dans un premier temps du moins) que le réalisateur raconte et la manière avec laquelle, justement, il la raconte, en s’accaparant les codes du thriller horrifique et en multipliant les décalages de ton.

Pour un premier film, cela tient du génie, et il faut impérativement mentionner l’incroyable bande originale qui contribue largement à sa réussite.

Dommage que le troisième acte soit too much. Ou qu’il ne corresponde pas totalement à l’idée que nous nous somme fait du film. On comprend la direction qu’a prise Jordan Peele, et en soit, c’est très bien fait, mais on pense qu’il y avait moyen de faire mieux. Ou en tous cas différent. Mais on ne va pas juger un film sur ce qu’il n’est pas mais plutôt sur ce qu’il est. Get Out est bel et bien un long-métrage indispensable, dont on pourrait vous parler davantage à condition de spoiler, ce que nous ne voulons pas faire. Tout au plus pouvons-nous ajouter que la globalité du casting, notamment Daniel Kaluuya, livre un boulot vraiment formidable.

Un très grand film.

Titre original

Get Out

Date de sortie en salles

3 mai 2017 avec Universal Pictures

Date de sortie en DVD

 

Photographie

Toby Oliver

Musique

Michael Abels

Support & durée

35 mm en 2.35:1 / 104 min

[critique] Get Out