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l'Ecran Miroir

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Cycle Jennifer Connelly : Il était une fois en Amérique

Cycle Jennifer Connelly : Il était une fois en Amérique

Cycle Jennifer Connelly : Il était une fois en Amérique

Voilà donc un monument qui me manquait. D’ailleurs j’ai dans la filmographie de Sergio Leone pas mal de trous que certains cinéphiles jugeraient inexcusables : qu’ils se rassurent, j’ai la ferme intention de remédier à cette négligence. D’autant que Il était une fois en Amérique ne manquait pas d’atouts non négligeables. Lors de la sortie du blu-ray (en février 2012), ceux qui se sont précipités pour l’acheter et le visionner n’ont pas tari d’éloges : Twitter et Facebook s’en sont d’ailleurs largement fait l’écho, histoire de me narguer davantage. L’achat fut immédiat, mais le visionnage devait attendre (presque 4 heures de film, ça nécessite un emploi du temps adéquat). Le thème composé par Morricone jouait déjà depuis longtemps sur la platine du salon. Même le personnage de Noodles m’était connu, au travers de quelques citations dont on s’étonnait que je ne trouvasse point la référence.

 

Et puis, c’était tout de même le premier rôle de Jennifer Connelly

Cycle Jennifer Connelly : Il était une fois en Amérique

Le résultat fut à la hauteur des espérances, ce qui n’était pas couru d’avance tant les qualités intrinsèques de cette fresque étaient largement vantées par ailleurs. Considéré comme le troisième volet d’une saga américaine (après le sublime Il était une fois dans l’Ouest et le déroutant il était une fois la Révolution), ce métrage se pose clairement comme l’apothéose de la carrière du grand metteur en scène. Il y exploite jusqu'à plus soif tous les tenants de la grammaire cinématographique qu’il a patiemment élaborée, allant jusqu'à la stylisation extrême.

Cycle Jennifer Connelly : Il était une fois en Amérique

Soignant tant les cadrages que les raccords (visuels et sonores) entre séquences, il nous présente une forme d'opéra cinématographique où les dialogues n'ont que la portion congrue (de nombreuses scènes sont muettes, uniquement bruitées par l’ostinato du thème principal de Morricone, ou des envolées lyriques dont il a également l’habitude). Tant de maîtrise, tant de solennité dans la réalisation saturent l’œil du connaisseur, et on a du mal à ne pas être proprement ébahi par les figures de style auquel il s’adonne avec tant d’enthousiasme (comme cette tendance persistante à dilater le temps), même si leur répétition peut sembler alourdir le propos et occasionne parfois un sentiment de trop-plein : tous ces leitmotivs douloureux et lancinants (qui trouvent leur écho dans la partition nostalgique d’un Ennio Morricone inspiré) étaient déjà notables dans Il était une fois dans l’Ouest, qui s’avère néanmoins légèrement plus harmonieux et équilibré.

Cycle Jennifer Connelly : Il était une fois en Amérique

Qu’on ne s’y trompe pas pourtant : malgré son cuisant échec en salles (les recettes américaines, médiocres, ne compensèrent même pas les dépassements de budget d’un tournage presque pharaonique), ce film est de ces chefs-d’œuvre qui ponctuent régulièrement l’histoire du VIIe Art, à la fois référence ultime et objet de culte respectueux. Ce récit en trois temps s’achevant en une glorieuse boucle (une pirouette narrative que certains interprétèrent comme un dernier pied de nez) met en lumière des décors extraordinairement détaillés au milieu desquels d’immenses interprètes donnent la réplique à de futurs grands : De Niro impose un jeu dense tout en retenue qui sait parfaitement souligner celui de ses partenaires, parmi lesquels un James Woods subtil ; les jeunes interprètes de la bande à Max et Noodles ne sont pas en reste, même si on ne peut qu’être admiratif devant la maturité de la toute jeunette Jennifer Connelly (et faisons taire les petits pervers : la belle est doublée lorsqu’elle se déshabille – ce qui semble normal, vu son âge). Le transfert en HD soulignera par moments quelques défauts de maquillage, mais restituera surtout à merveille la qualité de la photographie.

 

Un film prenant et audacieux dans ses choix : sombre, violent, sanglant, il marque

les esprits par la noirceur d’une époque troublée où les valeurs morales cédaient le pas sur la nécessité de survivre et la loyauté entre camarades, où les femmes étaient malmenées et sacrifiées sur l’autel de l’éternelle ambition masculine et où la confiance était le plus sacré des trésors.

 

Indispensable.

 

Titre original

Once upon a time in America

Date de sortie en salles

23 mai 1984 avec Carlotta Films

Date de sortie en vidéo

7 août 2003 avec  Warner Bros

Photographie

Tonino Delli Colli

Musique

Ennio Morricone

Support & durée

Blu-ray Warner (2012) region B en 1.77:1 / 229 min