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l'Ecran Miroir

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A la dérive, en vidéo depuis le 7 novembre 2018

A la dérive, en vidéo depuis le 7 novembre 2018

A la dérive, en vidéo depuis le 7 novembre 2018

Plutôt familier des thrillers nerveux avec lesquels il a obtenu la reconnaissance internationale et connu quelques succès (comme avec 2 Guns et Contrebande, avec Mark Wahlberg, mais également la fameuse série Trapped), Baltasar Kormákur s’est reconverti aux survivals, proposant des expériences de l’extrême dans des milieux particulièrement hostiles. Son Everest était en cela une vraie réussite, une gageure rendue possible par son savoir-faire et sa passion sans faille. Réalisateur totalement impliqué dans ses projets, il sait repousser les limites des conditions de tournage afin d’obtenir un résultat le plus réaliste possible, cherchant à nous faire partager les moments de tension et d’angoisse vécus par les protagonistes de ses épopées surhumaines. Pas étonnant que les frères Kandell, qui désiraient à tout prix porter à l’écran l’histoire vraie de Tami Oldham Ashcraft (cette jeune femme a réellement survécu 41 jours dans un voilier en perdition dans le Pacifique après le passage de l’ouragan Raymond en 1983), aient fait appel au metteur en scène islandais, lequel a exigé qu’un maximum de séquences soient tournées en décors naturels.

A la dérive, en vidéo depuis le 7 novembre 2018

La participation de Shailene Woodley fait également, et du coup, sens, autre artiste capable de se donner corps et âme dans un projet si tant est qu’il lui tienne à cœur. Ce qui semble avoir été le cas puisque, après une longue période de tergiversations, elle a fini par donner son accord, s’investir financièrement et assister à d’épuisantes séances d’entraînement sur toutes sortes d’embarcation de manière à pouvoir rendre crédibles les compétences de son alter-ego à l’écran. La figure de proue des productions aussi variées que Divergente, Nos étoiles contraires et White Bird s’avère, sans conteste, un gage de qualité et de sérieux pour cette entreprise tout de même risquée : les récits de survie en mer ne sont pas rares et plusieurs s’y sont cassés les dents.

A la dérive, en vidéo depuis le 7 novembre 2018

J’ai été captivée par l’histoire, la personnalité de Tami et son histoire d’amour avec Richard : j’ai été bouleversée par le lien extraordinaire qui les unissait.

Shailene Woodley

Le résultat, ambitieux par sa mise en œuvre, est paradoxalement un semi-échec. Chaque élément pris à part est à la fois somptueux, intense et haletant, toutefois les choix de narration et de montage rendent l’ensemble plus fade que la somme de ses parties. Tout d’abord, et comme le soulignait l’actrice principale à la lecture du script, cette histoire est celle d’un amour total, d’une rencontre idyllique quasi-miraculeuse de deux êtres qui cherchaient l’âme sœur, deux loups solitaires déçus par leur vie d’avant et qui trouveront dans leur partenaire inopiné l’étincelle manquant à leur faim d’avenir. Fleurant bon l’eau de rose, les scènes de romance fonctionnent plutôt bien grâce aux décors magiques des Fidji (l’adaptation ayant déplacé le lieu de rencontre de San Diego à Tahiti). Nuits étoilées, plages désertes, cascades cristallines : autant d’images de cartes postales renforcent le caractère merveilleux de cette union.

A la dérive, en vidéo depuis le 7 novembre 2018

Ceci afin de créer le malaise, voire le choc avec la partie plus spectaculaire : ce qui aurait dû être l’apothéose de leur fiançailles vire au cauchemar éveillé après le passage de l’ouragan – et Tami, pas trop mal en point, constatant que le bateau pourtant amoché ne coulera pas, se transforme en loup de mer – par la force des choses, un caractère bien trempé et son amour inconditionnel pour Richard, rendu impotent suite au chavirage. Tami qui fera progressivement l’apprentissage lancinant de la survie en milieu marin et devra en permanence veiller à ne pas succomber au désespoir ou à la folie, les deux démons qui guettent les naufragés solitaires tels des rapaces affamés. Là encore, Shailene Woodley force le respect, passant du rire aux larmes, des crises de panique aux rêveries moroses émaillées de souvenirs de ces moments intimes qui ont peuplé les semaines précédentes. Chaque trouvaille est un instant de bonheur ineffable, chaque réparation une petite pierre à l’édifice de son hypothétique réussite : elle apprend patiemment à être méthodique, à n’utiliser que le nécessaire, à ne pas se contenter d’attendre que le miracle advienne – mais à provoquer le destin avec un lent acharnement, puisant dans son amour infini les dernières forces pour se maintenir à flots, et tenter de naviguer avec ce qui lui reste de navire. 

A la dérive, en vidéo depuis le 7 novembre 2018

Savoir que l’essentiel de cette aventure hors du commun est vrai force le respect, et le travail

tant du réalisateur que de l’actrice (mais également des équipes techniques et du chef opérateur) est digne d’éloges. Ce qui manque en revanche, c’est l’implication du spectateur, qui ne parvient que rarement à trouver de quoi se sustenter dans ce choix d’un montage alternant le passé radieux et le présent cauchemardesque. On aimerait vibrer davantage car cette odyssée le mérite, pleurer avec elle des larmes de joie ou de pure angoisse. Cela reste toutefois bien supérieur à un téléfilm de fin d’après-midi et les amateurs d’émotions fortes ou de romance ensoleillée seront servis, à n’en pas douter.

Metropolitan FilmExport le met à disposition de qui voudra se le procurer, en VOD, DVD et Blu-ray, dès le 7 novembre 2018. Un film à voir entre filles par exemple, figurant au top des romances de cette année, mais qui sait aussi remuer les tripes et accélérer le palpitant.

A la dérive, en vidéo depuis le 7 novembre 2018

Titre original

Adrift

Date de sortie en salles

4 juillet 2018 avec Metropolitan FilmExport

Date de sortie en vidéo

7 novembre 2018 ave Metropolitan FilmExport

Photographie

Robert Richardson

Musique

Volker Bertelmann

Support & durée

DVD Metropolitan (2018) zone 2 en 2.35 :1 / 98 min