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Quand je regarde l'écran, l'écran me regarde.

[critique] Saw

[critique] Saw

La franchise a fini par faire son chemin, bon an mal an, tentant de renouveler un genre sans le révolutionner et allant jusqu'à inspirer de savoureux escape games. Retour sur le premier film de la saga Saw.

Après une première longue séquence initiale laissant augurer d'un traitement de l'enfermement assez similaire à celui de Cube, fondé sur le désespoir, le questionnement et l'angoisse, et susceptible d'entraîner le spectateur dans une spirale nauséeuse, on bascule vers un thriller plutôt conventionnel, naviguant entre Seven ou Bone Collector (pour le serial killer complètement allumé mais également doué) et Phone Game (pour le choix des victimes et cette impression qu'elles pourraient bien mériter leur sort).
 

[critique] Saw

On a donc régulièrement des flashes, voire des flashbacks assez intelligibles scandant la montée de l'impuissance chez nos deux compères enfermés qui, progressivement, en parallèle avec le spectateur attentif, vont en apprendre davantage sur eux-mêmes ainsi que sur leur bourreau. Une narration plutôt limpide, étonnamment fluide, loin de ce que laissait augurer la bande annonce. Le soin apporté à la photographie par le chef opérateur David Armstrong donne le ton spécifique de la saga (il dirigera l'équipe technique jusqu'à Saw VI, conférant au moins à la série une unité stylistique).


Certaines évidences trop évidentes sont contrecarrées par des retournements attendus mais suffisamment bien orchestrée. Cary Elwes a cependant du mal à convaincre dans ce registre nettement plus sérieux que ses rôles habituels, alors que Danny Glover étonne par sa présence et l'aisance de son jeu. PArmi les bonnes surprises, on aura le plaisir de retrouver la craquante Dina Meyer (Starship Troopers).

[critique] Saw

Au final, on obtient quelque chose de satisfaisant malgré quelques déceptions

légitimes. Glauque et un peu pervers, certes, mais pas si retors malgré un voyeurisme rendu obligatoire par le genre. Ca n'a rien de la révolution attendue, clamée un peu partout mais c'est palpitant et bien maîtrisé.

 

Après visionnage des suites, on peut se faire une idée assez précise de ce sous-genre assez productif, prônant la systématisation et les retournements de situation (même les plus improbables) au détriment de la cohérence et de la bienséance, choisissant presque toujours la voie de la facilité. Plus franc, plus honnête même que Hostel, ça reste tout de même facile et un peu malsain. Le thriller horrifique ne doit pas se cantonner à ces productions, mais celles-ci ne doivent pas non plus être régulièrement rejetées : elles se sont créées un public après tout.

Titre original

Saw

Date de sortie en salles

16 mars 2005 avec Metropolitan FilmExport

Date de sortie en vidéo

8 décembre 2005 avec Metropolitan Video

Photographie

David A. Armstrong

Musique

Charlie Clouser

Support & durée

35 mm en 1.85 :1 / 104 min

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P
Le seul que je me suis laissé aller à voir, par curiosité ou par ignorance, à sa sortie. J'ai trouvé cette peinture de la cruauté et de la souffrance humaine assez creuse, étayée sur une bête intrigue de thriller. Bien moins intéressant qu'Hostel à mes yeux qui, lui au-moins, dissimulait une mécanique perverse et un regard cynique sur l'abolition des frontières morales par la loi du marché.
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P
Justement, la recherche du malaise me semble bien plus intéressante que le simple étalage pornographique de la boucherie humaine. Mais c'est un autre débat.
V
Encore que Hostel rate le coche dans ses prétentions, cherchant davantage le malaise que l'horreur. Cependant il jouit d'un matériau plus dense, effectivement.
D


Bonsoir,


Pour ma part, Saw 1 est sans conteste le film le plus crédible de la saga. Contrairement aux autres qui prônent le gore en veux-tu en voilà, on sent que ce premier opus pousse le spectateur dans
ses retranchements et l'amène à se questionner sur les méthodes utilisées par John Kramer. Est-ce moralement correcte d'amener des gens dans ces situations pour leur faire prendre conscience
qu'ils gâchent leur vie ? On se dit tout de suite non, mais l'intrigue et les enchainements remettent en cause notre jugement. Certes, c'est exagéré, mais une solution radicale n'est-elle pas une
solution qui se révèle efficace au final ? L'idée est bonne, mais quand même un peu trop de gore à mon goût.


Enfin, on saluera, je pense, le retournement de situation à la fin, qui arrive alors qu'on ne s'y attend vraiment pas. Un film c'est aussi ça : être surpris, impressionné voire choqué, et Saw est
assez efficace dans ce sens.


Je dirais donc que ce Saw est le seul des 7 saw à être vraiment intelligent. Les autres ne sont là que pour remplir les coffres des producteurs.


Voilà, j'attends votre opinion sur mon avis :)


 


Cordialement,


Dconeed.



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V


Je partage assez ton analyse.