Quand je regarde l'écran, l'écran me regarde.
Logan n’est pas le meilleur épisode de la franchise X-Men (quoique), mais c’est cependant le plus émouvant. Pour sa dernière apparition dans le rôle qui l’a rendu célèbre, Hugh Jackman donne tout et offre à son public un film humble et subtil. Une exception dans l’univers cinématographique des super-héros Marvel d’une étonnante noirceur. Si James Mangold s’amuse avec sa nouvelle classification lui permettant des excès de violence graphique et l’emploi du mot « fuck » comme ponctuation à chaque phrase, il livre principalement une sorte de western davantage focalisé sur ses personnages plutôt que sur une débauche d’effets numériques. Et c’est une réussite.
Cela fait presque 20 ans que Hugh Jackman s’est vu confié le rôle ô combien emblématique de Wolverine, l’une des figures les plus appréciées des lecteurs de comics. Et même si la présence de son personnage n’est pas toujours justifiée dans la saga cinématographique, l’acteur apparaît pourtant dans chaque épisode depuis le début des années 2000, parfois juste pour le clin d’œil en tant que garant d’une forme de cohésion narrative, et un peu aussi parce que les spectateurs n’imaginent pas un film X-Men sans leur super-héros préféré.
C’est que Hugh Jackman fut révélé au grand public en même temps que son alter ego fictionnel, et que les deux sont depuis devenus indissociables, la popularité de l’un nourrissant celle de l’autre. Aussi, savoir que Logan marque la dernière interprétation du personnage par Hugh Jackman en fait un film un peu particulier, marquant un tournant dans la franchise.
Fort de son incursion réussie dans l’univers des mutants, avec l’excellent The Wolverine (si si !), c’est à James Mangold que revient le plaisir de mettre en scène cet épisode tant attendu des fans. Un épisode plus violent, plus sombre, R rated aux Etats-Unis. La Fox a sans doute voulu contenter les puristes réclamant depuis des années un Wolverine plus fidèle aux comics, moins édulcoré, probablement rassurée par le succès de Deadpool qui prenait quelques risques – mesurés - dans ce qu’il se permettait à l’écran. James Mangold et Hugh Jackman ont donc en quelque sorte eu carte blanche pour faire le film qu’ils désiraient.
Evacuons d’emblée la question sur la pertinence de cette nouvelle classification. Oui, il y a des excès de violence graphique et l’emploi du mot « fuck » sert de ponctuation dans la bouche des personnages, oui, on sent régulièrement une certaine gratuité, mais l’on ne peut reprocher à Logan de vouloir instaurer une tonalité différente des autres X-Men, avec des scènes d’action plus crues et bien éloignées des délires numériques habituels à base de villes qui s’écroulent en CGI et de bad guys aux motivations ridicules. Logan parle d’un monde disparu, celui des super-héros aux pouvoirs illimités. Il montre des personnages qui saignent, qui doutent, qui sont dépassés par leur propre image (on ne vous spoilera pas mais c’est littéralement traduit à l’écran par l’apparition d’un antagoniste qui fait sens, et par les nombreuses références intradiégétiques aux comics qui à notre plus grand étonnement ne servent pas principalement de notes humoristiques). Il y a un aspect méta, une réflexion, que l’on pourrait rapprocher d’Incassable ou des Indestructibles.
Car ce qui fonctionne très bien dans Logan c’est son écriture des personnages, bien plus nuancés et crédibles que dans les précédents épisodes de la franchise. On pensait connaître par cœur Wolverine, il arrive encore à nous surprendre. Ainsi, avec ses allures de western focalisé sur ses héros en pleine introspection, la première partie de Logan est parfaite. Cependant, à mesure que le film avance, l’on retrouve les travers de la saga, avec des scènes d’action inutiles, des rebondissements qui tombent comme un cheveu sur la soupe et des enjeux continuellement surlignés. Rien de rédhibitoire, heureusement, mais l’on se dit que le film aurait pu être encore plus satisfaisant sans certaines des concessions inhérentes aux blockbusters modernes et cette volonté de ne jamais perdre l’attention du public quitte à lui rabâcher, constamment, certains éléments essentiels de l’intrigue. Et même syndrome que dans Deadpool, à savoir un bad guy absolument pas charismatique (sans compter le big boss qui débarque dans la troisième partie et qui n’a aucun intérêt). Logan reste malgré tout une réussite, un film d’une humilité salvatrice, qui évite les clins d’œil et autres coups de coude qui sont la spécialité des films Marvel. Il y aurait apparemment une scène supplémentaire après le générique que nous n’avons pas pu voir lors de la projection presse, espérons qu’elle ne gâche pas une fin très touchante et largement suffisante en elle-même.
Alors que Mad Max Fury Road ressort en version noir et blanc, l’on se dit que ce Logan aurait gagné à l’être également. Quoiqu’il en soit, s’il n’est pas le meilleur épisode de la franchise (quoique), Logan est le plus émouvant. Et il se permet même une subtile critique des Etats-Unis selon Trump, à la Desierto, avec une idée scénaristique (le but à atteindre à la fin) aussi simple que véritablement géniale. Hugh Jackman donne tout dans son rôle, avec à ses côtés un formidable Patrick Stewart et une non moins incroyable Dafne Keen, la révélation du long-métrage qui livre une performance remarquable.
Logan est une franche réussite.
Titre original | Logan |
Date de sortie en salles | 1er mars 2017 avec la 20th Century Fox |
Date de sortie en vidéo | 5 juillet 2017 avec la 20th Century Fox |
Photographie | John Mathieson |
Musique | Marco Beltrami |
Support & durée | Blu-Ray 4K UHD Fox (2017) region B en 2.39 :1 / 136 min |
C'est en 2000 que nous avons découvert Hugh Jackman en Wolverine. Et soyons honnête, ce fut une brillante idée de le caster. Alors oui, tous ses films solo ne sont pas exceptionnels, mais il faut avouer qu'on a eu droit à une montée en puissance qui se termine en apothéose avec ce film.
L’histoire se passe en 2029, les mutants ont été traqués et exterminés pour la plupart ; ceux qui restent vivent cachés ou en cavale pour fuir les humains qui les traquent. Logan vit ainsi à la marge de la société, ne partageant sa solitude qu’avec le professeur Xavier et Caliban, mais son passé de X-Man finit par le rattraper - et malgré le fait qu'il soit en très mauvais état, il va devoir relever un nouveau défi pour sauver des jeunes mutants.
C'est certainement le X-Men le plus émouvant et le meilleur de la saga. Alors, le problème est qu'il souffre de l'effet Skyfall. J'ai adoré Skyfall qui est pour moi le meilleur des James Bond, mais il ne doit ce statut que grâce à tout ce qui a été construit avec la franchise et les acteurs précédents. Pour Logan c'est pareil, chaque film X-Men a apporté sa pierre à l'édifice, la seule différence avec James Bond, c'est qu’un seul acteur a porté le costume de Wolverine - avec plus ou moins de réussite…
Le film bénéficie de beaucoup de choses, mais son atout le plus important est bien entendu l'iimplication de Hugh Jackman (tout comme celle de Patrick Stewart qui signe lui aussi sa meilleure interprétation du professeur X et a dû prendre énormément de plaisir à jouer ce professeur usé et bien abimé niveau cérébral).
Ce film est un chef d'œuvre, Hugh Jackman avait promis de dire adieu à Logan de façon magistrale et sans compromis - surtout au niveau de la violence du personnage qui s'exprime enfin et malheureusement pour la dernière fois, en tout cas sous ses traits. On quitte avec ce film deux interprètes et deux personnages iconiques de la saga X-Men initiée par Bryan Singer il y a (déjà !) 17 ans. Et de façon magistrale !
Donc que dire de cette édition 4K qui commence de nuit sous les éclairages d'un panneau publicitaire avec un Logan bourré en train de se faire piquer les jantes de sa limousine… ? C'est clair, on est dans une autre dimension.
La définition 4K offre un rendu exemplaire : dès le début, on est bluffé par l'image, les gros plans sur le visage de Hugh Jackman sont énormes et le rendu des différents éclairages est superbe. Les séquences dans le désert, le réservoir rouillé, le sable qui vole, les rayons du soleil qui percent par ci et par là la "maison" de nos mutants, tous ces détails de décor bénéficient d’une vraie réussite technique et du très beau boulot éditorial ; la photographie granuleuse avec des tons orange, pourtant piégeuse pour les écrans, n’est jamais prise en défaut, la 4K et le HDR rehaussant encore ses qualités pour des passages top démo !
Alors, le point négatif de cette superbe édition UHD, on n’a qu’une VF DTS mi-débit. Je vous rassure, elle est surpuissante avec de nombreux effets et des basses abyssales. Mais forcément, avec une piste DTS de cette qualité, je ne peux pas m'empêcher de penser qu'en DTS HD-MA [pour la VF, la VO étant absolument stupéfiante] elle gagnerait en puissance et en détail. Ou à défaut avec du DTS HD-HR, Disney ayant à plusieurs reprise démontré qu'une telle piste envoyait du très très lourd.