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l'Avenir commence demain

Sur écran : rattrapage de séance

Par Jennifer
Publié dans : Sur écran : rattrapage de séance
Lundi 20 mai 2013 1 20 /05 /Mai /2013 08:31

Shakespeare 01

Oui je sais, ce film a des avis partagés. Certains comme moi l’ont beaucoup aimé, d’autres l’ont purement détesté. Cela est sûrement lié au fait indéniable que l'adaptation de Baz Luhrmann défie toutes les conventions, les attentes qu’on peut espérer lorsqu’on évoque Roméo et Juliette de Shakespeare.


Effectivement, son histoire se plante au XXe siècle avec tout ce que cela peut impliquer. Les épées sont révolues au profit des révolvers, les chevaux ont laissé place aux voitures. On y voit dès le début un bal transformé en une fête costumée, avec une musique disco et Mercutio en travesti avec une caricature très poussée. Oui je comprends que ça ait pu choquer et braquer certains spectateurs. J’avoue que j’en faisais partie. Je me suis demandé comment on avait pu brader et insulter l’œuvre de Shakespeare. Puis j’ai laissé passer ce quart d’heure dérangeant, j’ai prêté attention aux dialogues et là j’ai retrouvé toute la beauté et la mélodie des textes de cet illustre auteur. Certes l’image ne correspondait pas au son, mais qu’importe, c’était le son qui m’attirait. J’ai fait impasse sur les images au début puis finalement je m’y suis habituée notamment à partir de la scène de l’aquarium, très romantique et d’une pure beauté où Roméo et Juliette se découvrent. Je trouve avec du recul que c’est un pari risqué mais réussi.

Romeo---Juliette-02.jpg

En ramenant cette œuvre dans un siècle qui nous touche, Luhrmann a peut-être amadoué les oreilles récalcitrantes à la langue de Shakespeare, j’aime à croire cela en tout cas. Adolescente, je sais que ce film m’a touchée et je prends beaucoup de plaisir à le revoir encore aujourd’hui. Il a été l’élément fédérateur de ma curiosité envers Shakespeare, je m’y suis davantage intéressée pour en tomber amoureuse. J’espère simplement ne pas avoir été la seule. Les écrits de Shakespeare traversent les époques, les lieux, c'est ce qui fait son universalité….

Un très bon film, parfois excellent, varié et prenant.

 

Ma note (sur 5) :

4

 


 

 Romeo---Juliette-01.jpg

Titre original

William Shakespeare’s Romeo + Juliette

Mise en scène 

Baz Luhrmann  

Production 

Bazmark films

Distribué en France par

20th Century Fox

Date de sortie France 

9 avril 1997

Scénario 

Craig Pearce & Baz Luhrmann d’après l’œuvre de Shakespeare

Distribution 

Leonardo DiCaprio, Claire Danes & John Leguizano

Durée 

120 min

Musique

Nelle Hooper & Tim Atack

Photographie

Donald McAlpine

Support 

Blu-ray Fox region B 2012

Image 

2.35:1 ; 16/9

Son 

VO DTS 5.1

 

Synopsis : Verona Beach, un quartier de Los Angeles, est le théâtre de la haine entre deux familles ennemies: les Montaigue et les Capulet. A l'occasion d'un bal donné chez ces derniers, Romeo et son cousin Mercutio s'introduisent chez leurs rivaux où le premier tombe amoureux de la belle Juliette qui ne tarde pas non plus à succomber à ses charmes. Les deux amants s'enlisent alors dans une passion interdite et surtout dangereuse.

 


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Par Krokodebil
Publié dans : Sur écran : rattrapage de séance
Mercredi 15 mai 2013 3 15 /05 /Mai /2013 09:06

2e long-métrage de l’américain Jeff Nichols, après le viscéral Shotgun Stories en 2007, Take Shelter n’est ni plus ni moins qu’une petite révolution du film catastrophe. Présenté au Festival de Cannes 2011 – en même temps qu’un certain Melancholia de Lars Von Trier qui n’en est pas si éloigné – ce film sur la névrose et la folie d’un américain moyen persuadé qu’un cataclysme va s’abattre sur sa famille propose des visions d’une beauté sidérante. Proche de Terrence Malick, Nichols lui emprunte la merveilleuse Jessica Chastain, qui y est aussi merveilleuse que dans Tree of Life, mais il reprend surtout de l’immense réalisateur-poète un don pour filmer la nature : le format scope du film épouse à merveille des ciels, tantôt sereins, limpides, tantôt furieux et lourds de nuages menaçants. Ces cieux (la connotation religieuse est ici acceptable) écrasent littéralement la terre. Les branches ploient et s’agitent, le vent et les oiseaux tourbillonnent, la terre est forée, la mer révoltée, et les individus cherchent un abri. En somme, à travers ces formidables images d’éléments naturels en paix ou le plus souvent déchaînés, Nichols donne à voir le sublime tel que le pensait un Kant ou que le reprirent les transcendantalistes américains, dont se réclame justement Malick.

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Outre cette lutte désespérée entre l’homme et les forces du monde qui le dépassent, le film se pare d’un propos social et politique pertinent, puisqu’il tire un portrait alerte de l’Amérique profonde pendant la crise économique. Climat délétère jusque dans les foyers, qui ont du mal à joindre les deux bouts et où la confiance entre époux ou amis est de plus en plus fragile. Ainsi tout le monde abandonne Curtis a lui-même et à ses peurs, ce qui le pousse à se rapprocher de sa mère, schizophrène, paranoïaque et seule elle aussi. Curtis perd ainsi confiance en lui-même, puis son meilleur ami, son travail et manque de perdre sa femme. Belle résolution du film que cette prodigieuse séquence souterraine, sorte de catabase et de parenthèse pour reconstruire le foyer familial. Vainqueur de cette épreuve, le héros fait face à la réalité de ses hallucinations, au sens propre comme au sens figuré, dans un double final rationnel puis ambigu en diable.

La plus formidable représentation par le film de cette peur viscérale qui étreint Curtis, c’est le talent avec lequel Nichols construit ses séquences cauchemardesques. La première ouvre le film, et l’on peut croire alors que c’est la réalité et non un rêve, puis toutes les suivantes débarquent à l’impromptu, de plus en plus folles (meubles qui volent, amis assassins), ayant un même objet (la peur que quelque chose arrive à sa fille sourde) et trouvant une même résolution : Curtis se réveille, en nage. Le flou entre rêve et réel est consommé par l’ingérence de premier sur le second : Curtis « vit » ses visions, elles s’inscrivent dans sa chair, déforment ses traits, lui font mal, le font saigner, suer, étouffer. Un rôle complexe qu’incarne le stupéfiant Michael Shannon, à la fois bouleversant et inquiétant. Et dans ce maelström de sensations, les frontières dérapent et la réalité devient rêve : les oiseaux foncent sur le père et sa fille, les eaux se soulèvent, de l’huile de moteur tombe du ciel. Pluie d’enfer et pluie de prix méritée pour un film envoûtant et profondément dérangeant.

 Take-Shelter-02.jpg

 

Ma note (sur 5) :

5

Note moyenne au Palmarès 2012 (sur 21 notes) :

4,07

 


 

 Take-Shelter-001.jpg

Titre original

Take Shelter 

Mise en scène 

Jeff Nichols  

Production 

Hydraulx

Distribué en France par

Ad Vitam

Date de sortie France 

4 janvier 2012

Scénario 

Jeff Nichols

Distribution 

Michael Shannon & Jessica Chastain

Durée 

120 min

Musique

David Wingo

Photographie

Adam Stone

Support 

DVD Ad Vitam 2012 zone 2

Image 

2.35:1 ; 16/9

Son 

VF & VO DD 5.1

 

Synopsis : Curtis LaForche mène une vie paisible avec sa femme et sa fille quand il devient sujet à de violents cauchemars. La menace d'une tornade l'obsède. Des visions apocalyptiques envahissent peu à peu son esprit. Son comportement inexplicable fragilise son couple et provoque l'incompréhension de ses proches. Rien ne peut en effet vaincre la terreur qui l'habite...

 


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