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l'Ecran Miroir

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Splice : cruel déjà vu

Splice : cruel déjà vu

splice.jpgUn film de Vincenzo Natali (2010) coproduit par Guillermo Del Toro, avec Adrien Brody & Delphine Chaneac.

 

 

Résumé : Un couple de chercheurs travaillant pour un consortium de bio-ingénierie parvient, en combinant des codes génétiques, à créer des organismes devant permettre le développement de thérapies avant-gardistes. Mais la dirigeante de la firme, pressée d’obtenir la rentabilité de la filière, les somme de passer à la phase de synthétisation et de production, alors qu’ils sont sur le point d’engendrer une créature intégrant une partie du génome humain. Ils obtempèrent donc, mais, en cachette, ils poursuivront cette expérience violant tabous et codes éthiques…

 

 

 

Une chronique de Vance

 

Pas toujours évident de suivre quasi-aveuglément les conseils avisés des blogueurs cinéphiles. Splice, depuis un bon moment déjà, faisait miroiter une petite révolution dans le landerneau des amateurs de genre : son réalisateur, malgré des films jamais vraiment aboutis, avait su s’attirer l’attention d’un cercle d’amateurs passionnés qui l’attendaient au tournant. Et les premières critiques tombées dans l’escarcelle de votre serviteur (avec des notes au diapason) laissaient augurer d’un spectacle de qualité.

Bah j’ai dû louper le coche.

Alors oui, on voit aisément les références à Cronenberg : même thématique, même angles d’attaque, mêmes schémas narratifs. Mais ça s’arrête là pour moi. La sauce n’a pas pris, la faute sans doute à une mise en scène hésitant constamment sur son orientation, entre une étude chirurgicale de l’évolution de Dren (le nom donné à la créature issue de l’expérience « interdite ») et un développement plus gore et moins réaliste. En gros, parfois on a deux scientifiques qui se comportent comme tels, analysant froidement les différentes étapes du processus, parfois on se trouve devant un couple d’ados irresponsables, oubliant les précautions les plus élémentaires. De fait, leur caractère est difficilement jaugeable : on sent bien une sorte de volonté de maternité avortée par une enfance malheureuse chez la femme (jouée par une Sarah Polley assez intense), mais son irresponsabilité ne s’explique pas vraiment. Lui (Adrien Brody, très monolithique) est constamment pris en porte-à-faux : s’il s’en sort beaucoup mieux dans la première partie du film (critiquant les prises de position de sa bien-aimée mais la suivant malgré tout, par amour et par fascination), il hérite aussi des lignes de dialogue les plus ridicules (ah comment oublier son « On t’aime ! » susurré désespérément sur le toit de la ferme à une Dren sur le point de les quitter ?). Les situations s’enchaînent sans vraiment de logique, et on ne peut que hurler devant la naïveté de certaines (comme quand ils trouvent le « cocon » vide et que la femme se retrouve seule dans un labo insonorisé, essayant d’attirer l’attention de son mari à l’extérieur alors qu’elle devine que « quelque chose » rôde – oui, tout à fait comme dans Aliens).

Pourtant, dans l’exploration des conséquences éthiques de la poursuite de cette expérience, il y avait des pistes profondément troublantes à explorer. Natali sait d’ailleurs faire preuve d’une vraie subtilité par moments et parvient habilement à brouiller les pistes (comme avec le chat), bien aidé par le visage troublant de Delphine Chaneac et une remarquable musique inspirée d’un adagio de Khatchatourian (qu’on entend dans Alien et dans 2001). Dommage qu’il tombe dans la facilité trop souvent (l’apprentissage de la lecture) et nous livre un finale assez mauvais avec une conclusion attendue depuis longtemps.

Bref, des pistes intéressantes et fascinantes aboutissant à un cruel air de déjà vu.

Saluons tout de même le soin apporté à l’animation de Dren par des entreprises canadiennes compétentes (mais n’ai-je pas vu une mention de Phil Tippett dans le générique ?).

 

Le coin du C.L.A.P. : Fini Kick-Ass dans la voiture (oui, on s’était rendu très tôt au cinéma en raison d’une pluie qui a perturbé notre emploi du temps du début de soirée) et entamé Black Summer dans la salle. Deux bons comic-books pleins de sang et de fureur…

 

Note moyenne au Palmarès : 3,03/5.

 

Ma note : 2,1/5