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l'Ecran Miroir

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[critique] Spider-Man, la trilogie : Raimi s’amuse

[critique] Spider-Man, la trilogie : Raimi s’amuse

[critique] Spider-Man, la trilogie : Raimi s’amuse

Les vacances, c’est aussi, chez nous, le moment privilégié pour le visionnage des sagas cinématographiques. Ainsi, après le Seigneur des Anneaux en version longue, et avant la première Trilogie de Star Wars (celle que certains considèrent encore comme la seule et l’unique) – deux moments très forts, deux souvenirs impérissables dans une installation enfin correcte – nous nous sommes tournés vers la trilogie Spider-Man, déjà disponible en blu-ray à l'unité, et qui ressortira cet été en coffret avec une figurine rigolote dedans.

Trois films déjà vus au ciné et, contrairement aux trilogies précitées, trois œuvres mises en scène par la même personne. Sam Raimi. Qui a tenu en 2009 a montré qu’il demeurait, envers et contre tout, un maître dans le genre horrifique (malgré des défauts évidents, Jusqu’en enfer en remontre à une grande majorité de productions trop orientées spectacle, manquant de punch, d’audace et de savoir-faire).

Comme pour tous les grands films, on en redécouvre à chaque fois. Le premier film était déjà une réussite incontestable : on peut gloser longtemps sur le casting, mais il n’empêche que si Kirsten Dunst est assez loin de la figure de rousse explosive qu’on voyait en Mary-Jane, elle remplit son office avec application : le pari scénaristique de la propulser grand amour de Peter Parker en combinant son statut dans le comic-book avec celui de Gwen Stacy (qui fait une apparition, tout en contrepoint, dans le troisième film, sous les traits de la craquante Bryce Dallas Howard) était aussi osé que nécessaire. Tobey Maguire, vilipendé par de nombreux fans, presque aussi hostiles à son choix que d’aucuns l’avaient été à l’époque où celui de Tim Burton s’était porté sur Keaton pour le rôle de Bruce Wayne, s’avère finalement un très bon compromis : le comédien, à la larme facile et convaincante, confirme un talent qui avait irradié l’écran dans l’excellent mais peu connu Pleasantville. Il incarne un Parker à mi-chemin entre le frêle adolescent des tout débuts (dans le duo Stan Lee/Steve Ditko) et le jeune homme un peu plus aguerri et good looking de la période Romita, au visage agréable et au corps plus massif. De quoi faire de l’œil aux amateurs irascibles de la première époque, celle d’avant McFarlane et ses « toiles spaghetti ».

Mais la réussite de Raimi ne tient pas seulement au casting, ni même à sa manière de coller aux affres de la vie adolescente que traverse le jeune Parker. Elle tient également dans sa gestion du spectaculaire, du sensationnel (autant de qualificatifs qui ont accompagné les publications sur l’Homme-Araignée) : nanti d’une caméra ultra-dynamique, il suit les évolutions acrobatiques d’un être véritablement incroyable, le collant, le précédant, se faufilant à travers les voitures, les passants et entre les bâtiments avec une aisance frisant le surnaturel. La gestion des effets numériques est impeccable, tant on prend plaisir à voir enfin retranscrites à l’écran les capacités hors du commun de Spider-Man. Son agilité, ses réflexes, son sens de l’équilibre, sa vitesse d’exécution transpirent avec flamboyance – c’est même, chose remarquable, plus performant qu’en animation ! On sent également que la force du super-héros a été baissée d’un cran : il peut soulever des poutres, des voitures mais s’avère incapable d’assommer le Docteur Octopus alors qu’il l’avait à sa merci et lui assénait une série de coups de poings théoriquement dévastateurs. Seule ombre au tableau : le spider-sense fait cruellement défaut. Présent et utile dans le premier volet, il permet à Peter de sauver sa bien-aimée dans le second (en lui évitant d’être percutée par une voiture lancée dans une vitrine) et disparaît carrément dans le troisième film. Sans doute par facilité.

Toutefois, ce qui m’a le plus enthousiasmé, c’est cette faculté particulière qu’a Sam Raimi de jouer avec les codes, d’instiller des traits d’humour (parfois forcés mais toujours réjouissants) et de rendre hommage aux grands classiques. Regardez la « résurrection » de Doc Ock, en salle de réanimation : la manière dont les tentacules en adamantium autonomes s’en prennent aux médecins et infirmiers, avec ce montage oppressant, ce cadrage savant  sur des visages terrifiés et ce jeu d’ombres, est typique des films d’horreur. Raimi s’amuse, comme à chaque fois qu’il nous gratifie d’une séquence (absolument délicieuse dans le 2e volet) avec son jumeau de cinéma, Bruce Campbell. Qu’il soit ouvreur au théâtre ou maître d’hôtel dans un restaurant français chic, le héros de Bubba Ho-Tep est tordant.

Terminons ce tour d’horizon avec des seconds rôles accrocheurs, un James Franco qui s’impose progressivement (plus cool que l’Harry Osborn de la série, mais plus dense également en reprenant à son compte quelques traits de caractère de Flash Thompson) et une Tante May délicieuse qui parvient à faire passer ses gentils sermons avec une certaine grâce.

Qu’apporte le blu-ray ? D’abord, les couleurs. Vives, éclatantes sans être flashy, elles ancrent encore davantage le film dans son rôle d’adaptation de comic-book. Le passage à un format plus large dans Spider-Man 2 ne se ressent presque pas, et le nouveau chef opérateur semble reprendre les codes imposés par le premier. Certes, le Bouffon vert est encore plus ridicule dans son costume criard mais les reflets de ses différents artefacts meurtriers donnent à son arsenal un aspect plus technologique que gadget. Les bras de Doc Ock sont très réussis également, tout comme les différentes transformations de l’Homme Sable (bien que les grains vus en très gros plans aient vraiment du mal à être réalistes). L’environnement sonore est somptueux avec des basses terribles, mais plus particulièrement sur le 3e épisode. On distingue beaucoup plus les petits bruitages qui rappellent les onomatopées de la BD (comme le « thwip » des lance-toiles). L’impression de vitesse est maintenue malgré une plus grande netteté dans les séquences de pure action – où l’on remarque que les incrustations sont en général bien maîtrisées.

Au final, malgré un dernier volet un peu malade, disproportionné et déséquilibré, on obtient une trilogie super-héroïque de grande valeur et de grande tenue, bondissante, virevoltante et très actuelle, tout en respectant ses glorieux aînés de papier.

Spider-Man  

 

 

Titre original

Spider-Man

Mise en scène 

Sam Raimi

Date de sortie France 

12 juin 2002 avec Columbia TriStar

Scénario 

David Koepp & James Vanderbilt d'après l'oeuvre de Stan Lee & Steve Ditko

Distribution 

Tobey Maguire, Willem Dafoe, Kirsten Dunst, James Franco, J.K. Simmons & Cliff Robertson

Musique

Danny Elfman

Photographie

Don Burgess

Support & durée

Blu-ray Sony (2014) Region B en 1.85:1 / 121 min

 

Résumé : Orphelin, Peter Parker est élevé par sa tante May et son oncle Ben dans le quartier Queens de New York. Tout en poursuivant ses études à l'université, il trouve un emploi de photographe au journal Daily Bugle. Il partage son appartement avec Harry Osborn, son meilleur ami, et rêve de séduire la belle Mary Jane. Cependant, après avoir été mordu par une araignée génétiquement modifiée, Peter voit son agilité et sa force s'accroître et se découvre des pouvoirs surnaturels. Devenu Spider-Man, il décide d'utiliser ses nouvelles capacités au service du bien. Au même moment, le père de Harry, le richissime industriel Norman Osborn, est victime d'un accident chimique qui a démesurément augmenté ses facultés intellectuelles et sa force, mais l'a rendu fou. Il est devenu le Bouffon Vert, une créature démoniaque qui menace la ville. Entre lui et Spider-Man, une lutte sans merci s'engage.

 

Spider-Man 2

 

 

Titre original

Spider-Man 2

Mise en scène 

Sam Raimi

Date de sortie France 

14 juillet 2004 avec Columbia TriStar

Scénario 

David Koepp, Miles Millar, Alfreg Gough, Michael Chabon & Alvin Sargent d'après l'oeuvre de Stan Lee & Steve Ditko

Distribution 

Tobey Maguire, Kirsten Dunst, James Franco, J.K. Simmons & Alfred Molina

Musique

Danny Elfman & Christopher Young

Photographie

Bill Pope

Support & durée

Blu-ray Sony (2014) Region B en 2.40:1 / 127 min

 

Résumé : Ecartelé entre son identité secrète de Spider-Man et sa vie d'étudiant, Peter Parker n'a pas réussi à garder celle qu'il aime, Mary Jane, qui est aujourd'hui comédienne et fréquente quelqu'un d'autre. Guidé par son seul sens du devoir, Peter vit désormais chacun de ses pouvoirs à la fois comme un don et comme une malédiction. Par ailleurs, l'amitié entre Peter et Harry Osborn est elle aussi menacée. Harry rêve plus que jamais de se venger de Spider-Man, qu'il juge responsable de la mort de son père. La vie de Peter se complique encore lorsque surgit un nouvel ennemi : le redoutable Dr Otto Octavius. Cerné par les choix et les épreuves qui engagent aussi bien sa vie intime que l'avenir du monde, Peter doit affronter son destin et faire appel à tous ses pouvoirs afin de se battre sur tous les fronts...

 

 

Spider-Man 3

  

 

Titre original

Spider-Man 3

Mise en scène 

Sam Raimi

Date de sortie France 

1er mai 2007 avec Gaumont Columbia TriStar

Scénario 

Sam & Ivan Raimi & Alvin Sargent d'après l'oeuvre de Stan Lee & Steve Ditko

Distribution 

Tobey Maguire, Kirsten Dunst, James Franco, J.K. Simmons, Topher Grace & Bryce Dallas Howard

Musique

Danny Elfman & Christopher Young

Photographie

Bill Pope

Support & durée

Blu-ray Sony (2014) Region B en 2.40:1 / 139 min

 

Résumé : Peter Parker a enfin réussi à concilier son amour pour Mary-Jane et ses devoirs de super-héros. Mais l'horizon s'obscurcit. La brutale mutation de son costume, qui devient noir, décuple ses pouvoirs et transforme également sa personnalité pour laisser ressortir l'aspect sombre et vengeur que Peter s'efforce de contrôler.Sous l'influence de son costume, Peter devient trop sûr de lui et commence à négliger ses proches. Contraint de choisir entre le pouvoir si séduisant de ce nouveau costume et la compassion qui le caractérisait avant, Peter va faire face à ses démons lorsqu'il affrontera deux des pires méchants de l'histoire, l'Homme-sable et Vénom, dont l'extraordinaire puissance et la soif de vengeance menacent Peter et tous ceux qui lui sont chers.